Pourquoi Qualcomm a mis fin à son deal avec NXP

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Pour Qualcomm, cet échec est d’autant plus décevant que le groupe a dû batailler ferme, jusqu’alors, pour décrocher de nombreux feux verts pour boucler ce rachat. Ainsi, après une longue enquête, la Commission européenne a finalement donné le sien mi-janvier.
Pour Qualcomm, cet échec est d’autant plus décevant que le groupe a dû batailler ferme, jusqu’alors, pour décrocher de nombreux feux verts pour boucler ce rachat. Ainsi, après une longue enquête, la Commission européenne a finalement donné le sien mi-janvier. (Crédits : Mike Blake)
Le géant américain des puces pour smartphones a été contraint d’annuler son méga-deal avec son concurrent néerlandais NXP, faute d’avoir décroché le feu vert de l’autorité de la concurrence chinoise.

Cet énorme deal, qui était dans les tuyaux depuis près de trois ans, a finalement capoté. En novembre 2016, alors que Barack Obama bouclait son second mandat à la tête des États-Unis, Qualcomm avait annoncé le rachat de son rival néerlandais NXP. Pour le champion des semi-conducteurs et des puces pour smartphones, cet énorme rachat à 44 milliards de dollars doit notamment lui permettre de se diversifier sur deux segments prometteurs : l'automobile (avec le développement de la voiture autonome), et l'Internet des objets (dont le marché est attendu en très forte croissance avec l'arrivée de la 5G). Mais patatras. Trois ans plus tard, le mastodonte américain a été contraint d'abandonner ce rachat, qui aurait constitué une des plus grosses fusions du secteur.

Steve Mollenkopf, le patron de Qualcomm, a décidé d'enterrer l'opération ce jeudi, faute d'avoir réussi à décrocher le feu vert de l'autorité de la concurrence chinoise. Plus précisément, le chef de file du géant américain, en accord avec NXP, avait averti, en amont, qu'il tirerait un trait sur le deal si celle-ci n'autorisait pas, d'ici mercredi avant minuit, cette fusion. En l'absence de réponse, le premier fabricant de puces pour mobiles a mis fin à son rachat.

Bras de fer sino-américain

Qualcomm semble payer au prix fort la bataille commerciale féroce entre les États-Unis et la Chine, laquelle s'est envenimée avec l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche - même si les deux pays assurent officiellement qu'il n'en est rien. Selon l'AFP, Gao Feng, le porte-parole du ministère chinois du Commerce, a ainsi affirmé que ce dossier « n'avait rien à voir avec les frictions commerciales sino-américaines »... Pour sa part, Steven Mnuchin, le secrétaire américain au Trésor, s'est dit « très déçu » que le régulateur chinois n'ait pas donné son accord. Avant d'affirmer « ne pas savoir » pourquoi cette décision a été prise.

On peut toutefois se demander si le gouvernement chinois n'a pas voulu faire capoter l'opération. Alors que les États-Unis et la Chine se livrent une guerre technologique - en particulier dans le domaine de la 5G -, Pékin a peut-être voulu empêcher la naissance d'un nouveau géant américain des semi-conducteurs... Le gouvernement chinois vient, en outre, d'essuyer plusieurs revers cinglants au pays de l'Oncle Sam. L'équipementier chinois ZTE a, ces derniers mois, été contraint de cesser son activité suite à une interdiction américaine d'acheter des composants électroniques américains. Un autre équipementier télécoms, Huawei, a lui carrément décidé, au printemps dernier, de ne plus faire affaire aux États-Unis. Et ce, après s'être vu interdire, pendant des années, de nombreux marchés outre-Atlantique.

Conflit avec Apple

Pour Qualcomm, cet échec est d'autant plus décevant que le groupe a dû batailler ferme, jusqu'alors, pour décrocher de nombreux feux verts pour boucler ce rachat. Ainsi, après une longue enquête, la Commission européenne a finalement donné le sien mi-janvier. Bref, une semaine à oublier pour Qualcomm. D'autant que ce jeudi, le fabricant de composants électroniques a indiqué qu'il s'attendait à ce qu'Apple boude ses puces pour son prochain iPhone. Ce qui devrait bénéficier à son rival Intel. Il faut dire que Qualcomm et Apple sont en conflit depuis un an et demi, sur fond d'accusation de violations de brevets et d'abus de position dominante.

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 29/07/2018 à 16:00 :
La Chine a quel droit d'intervenir dans le deal Qualcomm/NXP ? merci
a écrit le 27/07/2018 à 20:55 :
Intel a racheté la division modem d'infineon qui equipait alors les premiers iphone autour de 2009. C'est a ce moment qu'apple s'est tourné vers qcom. Depuis intel n'a cessé de faire maturer le modem jusqu'a pouvoir récemment redevenir une 2eme source pour apple. Avec les differents conflits de brevets et royalties opposant apple et qcom, ce dernier a finalement été mis dehors... Au profit d'intel qui est maintenant l' unique fournisseur
a écrit le 27/07/2018 à 18:00 :
Intel fournit des puces réseaux à Apple comme Qualcomm le fait (il me semble que les iPhone européennes sont d’ailleurs équipés en Intel)

De deux fournisseurs actuellement, Apple passerait en Intel exclusivement

Avent qui sait de fabriquer leurs propres puces réseaux dans quelques générations
a écrit le 27/07/2018 à 17:42 :
Il y a quelques incohérences dans ce papier. On ne voit pas très bien en quoi un conflit avec Apple pourrait profiter a Intel. Intel n'est pas une boite de réseau surtout vis a vis des nouvelles normes 4G, 5G etc,,, comme Qualcomm ou Broadcom. Le concurrent d'Intel sur les smartphones est ARM, pas Qualcomm.

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