Microprocesseurs : Trump bloque la fusion entre Qualcomm et Broadcom

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L'offre présentée par le singapourien Broadcom sur l'américain Qualcomm a été jugée à risque pour la sécurité nationale par le président américain Donald Trump.
L'offre présentée par le singapourien Broadcom sur l'américain Qualcomm a été jugée à risque pour la sécurité nationale par le président américain Donald Trump. (Crédits : Mike Blake)
Donald Trump a bloqué, lundi 12 mars, la fusion entre les fabricants de microprocesseurs Broadcom et Qualcomm en estimant qu'elle portait atteinte à la sécurité nationale des États-Unis.

Cette décision de Donald Trump met fin à la bataille que se livraient les deux groupes - l'un singapourien, l'autre américain -, depuis plusieurs mois, dans le cadre d'une opération qui, à 117 milliards de dollars, aurait été l'une des plus importantes jamais réalisées dans l'histoire de la tech. Sur la base des recommandations du Comité américain sur les investissements étrangers (CFIUS), le président américain a bloqué la fusion entre Broadcom et Qualcomm.

Le décret présidentiel évoque "des éléments crédibles" laissant penser que l'opération pourrait menacer la sécurité nationale.

| Lire aussi : Semi-conducteurs : Qualcomm éconduit encore Broadcom et son offre "sous-évaluée"

Statista Broadcom Qualcomm

(Un graphique de notre partenaire Statista)

Broadcom "en profond désaccord"

Dans un communiqué laconique, le singapourien Broadcom s'est immédiatement dit "en profond désaccord avec l'idée que [l']acquisition proposée de Qualcomm soulève la moindre inquiétude en matière de sécurité nationale"De son côté, Qualcomm a fait savoir que l'assemblée générale de ses actionnaires, programmée pour le 5 avril, était repoussée au 23 mars. Broadcom comptait profiter de ce rassemblement pour prendre le contrôle du conseil d'administration et faire passer son projet.

Des précédents

Donald Trump s'était déjà opposé, l'an dernier, sur la base des recommandations du CFIUS, au rachat du fabricant américain de microprocesseurs Lattice par un groupe étatique chinois appuyé par un fonds d'investissement américain.

Toujours dans le secteur des microprocesseurs, cet organisme avait également recommandé en 2016 à Barack Obama de s'opposer à l'opération entre le groupe allemand Aixtron et le fonds chinois Grand Chip en raison de la présence aux États-Unis d'une filiale de l'allemand. L'opération fut abandonnée.

La domiciliation de Broadcom contestée

Dans une lettre rendue publique lundi par le Wall Street Journal et envoyée aux deux groupes dimanche, le CFIUS montrait déjà ses réticences face à l'opération, accusant notamment Broadcom d'avoir pris des initiatives concernant sa domiciliation aux États-Unis, sans l'en informer dans les délais légaux. L'organisme avait interdit début mars au groupe singapourien de prendre une quelconque initiative pouvant contribuer à précipiter une fusion.

Le Pdg du groupe Hock Tan s'était alors pourtant engagé, lors d'une entrevue avec Donald Trump en novembre, à ramener le siège de l'entreprise aux États-Unis. Il s'y trouvait depuis la création du groupe en 1991, mais avait été transféré à Singapour lors de son acquisition en 2015 par Avago qui avait décidé de garder le nom de Broadcom pour la nouvelle entité.

Malgré cela, les États-Unis craignaient que l'acquisition de Qualcomm ne permette à la Chine de s'immiscer dans le déploiement des services de communications ultra-rapides de type "5G" dont Qualcomm est un des "leaders" grâce à ses nombreux brevets.

Le titre de Qualcomm a plongé au Nasdaq à la suite de l'annonce de cette décision, perdant plus de 4% dans les échanges électroniques d'après séance vers 02H30 GMT (mardi). Ce mardi 13 mars, à 10h30, la perte était ramenée à - 0,35%. Broadcom, lui, progressait de 3,57% ce matin sur le Nasdaq.

(Avec AFP)

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