2018, année de tous les records pour la tech européenne

Ecosystème tech européen capital investissement
Atomico

Ecosystème tech européen capital investissement
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Les jeunes pousses européennes se portent très bien, à en croire le rapport annuel du fonds d'investissement britannique Atomico sur "l'état de la tech européenne", publié le 4 décembre. Les investissements dans l'écosystème technologique en Europe vont atteindre un niveau encore jamais atteint : au total 23 milliards de dollars (soit environ 20 milliards d'euros) seront investis dans des startups européennes en 2018, contre 19,6 milliards de dollars l'année précédente. C'est également bien mieux qu'en 2013, où les investissements étaient quatre fois moins importants, à 5 milliards de dollars seulement. Signe de l'attractivité du Vieux Continent, l'Asie a grandement contribué à cette bonne santé. Les investissements venant d'Orient ont battu un record cette année, atteignant les 4 milliards de dollars, soit vingt fois plus qu'en 2013, dont 1 milliard venant de la seule Chine.
L'année reste également exceptionnelle avec l'introduction en Bourse de 69 entreprises européennes du secteur de la high tech, soit deux fois plus qu'aux Etats-Unis, qui en enregistrent seulement 28 cette année. L'Europe a aussi accueilli 17 nouvelles licornes, ces startups non-cotées valorisées plus de 1 milliard de dollars, soit deux fois plus que l'année précédente, dont Deezer pour la France. Le nombre d'emplois générés par le secteur a également grimpé de 4% cette année en Europe, contre 1,1% pour le reste de l'économie, selon l'étude.
Cocorico : les chiffres du rapport 2018 d'Atomico sont assez encourageants pour la France, dont l'écosystème est le plus dynamique d'Europe. En matière d'emplois, l'Hexagone a réalisé l'évolution la plus importante, avec une augmentation du nombre d'emplois dans la tech de 7,3% par rapport à 2017, contre une croissance en moyenne de 4% pour l'ensemble des pays européens. La France est également parvenue à décrocher la quatrième place des pays les plus attractifs pour les talents de la tech européenne, enregistrant 8,1% des migrations intra-européennes.
[Top 10 des migrations intra-européennes les plus attractives pour les talents de la tech. Crédits : Atomico. Cliquez ici pour agrandir l'image]
L'Hexagone signe également l'évolution la plus marquée en termes de fonds levés : +46% en 2018 par rapport à l'année précédente, à 3,7 milliards de dollars. Le Royaume-Uni reste toutefois le pays qui draine les montants les plus importants en Europe (7,2 milliards de dollars) malgré la crainte des investisseurs face au Brexit, suivi de l'Allemagne (4 milliards de dollars).
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Ce dynamisme s'accompagne d'ailleurs d'un certain optimisme pour les Français, puisque 45% d'entre eux se montreraient particulièrement positifs quant à l'évolution du secteur de la tech. A titre de comparaison, le Royaume-Uni a enregistré le plus fort repli en termes d'optimisme (30% des interrogés se disent positifs pour l'avenir). La technologie se pose en moteur de l'économie française, dont l'élution de la croissance est toujours à la peine (l'Insee a revu ses prévisions de croissance à la baisse pour 2018, à 1,6% contre 2,2% en 2017).
Si les chiffres sont bons, le continent doit toutefois encore se confronter à des défis majeurs. L'étude d'Atomico pointe notamment l'urgence de diversifier le secteur dans le continent : 93% des fonds levés dans la tech l'ont été par des hommes. Un résultat qui confirme un problème flagrant de mixité dans la tech en Europe. Les hommes y sont d'ailleurs surreprésentés surtout à des postes de direction. Pire encore, près de la moitié des femmes interrogées (46%) par Atomico ont déclaré avoir été victimes de discrimination.
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Selon l'auteur du rapport, la montée en puissance de l'Europe dépendra en fait de sa capacité à se montrer plus inclusive. Le continent devra également opérer une véritable démocratisation de l'investissement. Au cours des cinq dernières années, les fonds de pension n'aurait investi que 1,7 milliard de dollars dans le capital risque européen. Une somme 45 moins importante que les investissements dans des fonds spéculatifs, qui avoisinent les 75 milliards de dollars pour la même période.
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