Emblème du "coworking", WeWork se prépare à son arrivée à Wall Street

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La startup de location de bureaux, valorisée à 47 milliards de dollars, a rempli les papiers réglementaires pour préparer son introduction en Bourse, à New York.
La startup de location de bureaux, valorisée à 47 milliards de dollars, a rempli les papiers réglementaires pour préparer son introduction en Bourse, à New York. (Crédits : Brendan McDermid)
Valorisée à 47 milliards de dollars, la startup de location de bureaux WeWork devrait bientôt entrer en bourse. We Company, sa société mère, a déposé son projet d'introduction en Bourse mercredi.

WeWork, la société qui a lancé une véritable révolution des bureaux partagés, se rapproche de son arrivée à Wall Street et a dans ses papiers d'introduction en bourse, conforté l'image d'une entreprise qui grandit vite, mais continue aussi à perdre énormément d'argent. Sa maison mère, la We Company, a déposé mercredi auprès du gendarme américain des marchés financiers les documents détaillant son projet de solliciter les investisseurs à la Bourse de New York. Contactée par l'AFP, elle n'a toutefois pas souhaité indiquer quand elle prévoyait de sauter le pas, ni la somme qu'elle souhaitait lever. Selon certains médias, We Company vise entre 3 et 4 milliards de dollars.

47 milliards de dollars de valorisation mais d'importantes pertes

La société, qui prévoit d'être côtée sous le symbole WE, a confirmé à l'occasion sa forte croissance: ses revenus ont quadruplé entre 2016 et 2018, pour atteindre 1,8 milliard de dollars. Mais ce développement à marche forcée ne s'est pas fait à bas prix, le groupe ayant aussi perdu 1,9 milliard de dollars l'an dernier. We Company insiste toutefois pour présenter ces pertes comme des investissements nécessaires à son expansion. Et met en avant la ligne de crédit de 6 milliards de dollars que lui ont accordée en août plusieurs grandes banques internationales. Sur les six premiers mois de l'année, la perte nette était de 904 millions de dollars mais son chiffre d'affaires, à 1,54 milliard de dollars, avait encore accéléré.

 La valeur de l'entreprise, née en 2010 à New York, est évaluée pour l'heure à quelque 47 milliards de dollars, sur la base des dernières levées de fonds privés. Avec ses cafés gratuits, ses canapés et ses cloisons vitrées, le groupe est l'exemple le plus emblématique du "coworking" apparu dans les années 1990 et devenu ces dix dernières années l'une des grandes tendances de l'immobilier de bureaux.

Lire aussi : Quel bilan pour le Vision Fund de Softbank, le fond aux 100 milliards de dollars ?

Quand WeWork se lance en 2010, il profite des nouvelles technologies, qui permettent de travailler depuis n'importe où, et de la crise financière, qui avait forcé de nombreux licenciés de la finance ou de la création à monter leur propre entreprise. Le groupe compte désormais 527.000 membres et gère 528 sites dans 111 villes à travers 29 pays. Souvent des étages entiers qu'il module entre bureaux privatifs, espaces communs et cabines individuelles, aménage, et sous-loue. Plus de la moitié de son chiffre d'affaires est réalisé en dehors des Etats-Unis.

Un modèle risqué en cas de récession

Dans les locaux, toute l'intendance est prise en charge, de la connexion internet à l'imprimante en passant par le ménage. Autant de services qui lui permettent de sous-louer, plus cher, à des entreprises ou à des travailleurs indépendants, attirés par la flexibilité du "coworking" leur permettant d'échapper à la location de longue durée. Et la déco, mélange de couleurs vives, de design industriel et de tissus pastels, attire les "millenials", les jeunes de la génération 18 à 35 ans.

Les plus grandes entreprises, à l'instar de Microsoft, HSBC ou Facebook, se sont aussi laissées séduire. Les sociétés de plus de 500 salariés représentent désormais 40% des membres de WeWork. L'ascension de la société n'est pas toujours vue d'un bon oeil, certains propriétaires se montrant réticents à louer à WeWork dans la mesure où ils louent eux-mêmes à relativement court terme. En cas de récession, pensent-ils, les locaux se videront rapidement.

WeWork, qui a investi d'autres secteurs comme la location d'appartements ou l'éducation, est aussi connu pour avoir développé une comptabilité présentant ses performances sous un jour flatteur. Et les manoeuvres financières de son dirigeant Adam Neumann font parfois grincer des dents, comme quand il investit personnellement dans l'immobilier pour ensuite louer à WeWork. La We Company s'inscrit en tout cas dans le sillage de nombreuses grosses start-up, qui se sont bousculées cette année au portillon de Wall Street avec des destinées variées. La plus importante, celle d'Uber, a été particulièrement chahutée.

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a écrit le 15/08/2019 à 20:32 :
Nous le lapins sommes ravis de voir que franceurbaine.org a payé pour avoir son logo sous cet article si prometteur. Ca en dit long sur l'avenir que nos elites locales nous mijotent et comment elles sont intoxiquées

Mesdames, Messieurs lavez vous la tête par l'interieur, un bon coup de karcher dans vos boyaux du crane me semble necessaire. Pour notre survie, et la votre.
a écrit le 15/08/2019 à 18:15 :
Ce genre de société devraient être régulées. Elles sont déficitaires pendant des années et proposent malgré tout des services à des prix qui leur permettent de conquérir des parts de marché, une fois que ces sociétés sont en situation de quasi-monopole, elles profitent de la situation pour forcer les sous-traitants et les partenaires à casser les prix , la société peut alors faire des bénéfices et clamer haut et fort que son business model est valide !
Ce procédé c'est un peu comme de la vente à perte, on devrait inventer un délit d'expansion à perte dés lors qu'elle dépasse une période de 7/8 ans.
Réponse de le 15/08/2019 à 19:03 :
Exact!C'est exactement ce que fait Uber:casser les prix et perdre énormément d'argent.Idem avec Netflix,etc....Elles feront faillite en infligeant de lourds dégats aux sociétés mieux gérées.Elles sont nuisibles
a écrit le 15/08/2019 à 17:05 :
C'est pourtant simple : une fois cotée, cette machine à bouffer du cash sera intégrée dans un indice ou plusieurs indices, et des ETF investiront dedans.
Car c'est aussi et surtout une machine à bouffer l'épargne.
Avec la complicité de l'autorité de marché, qui laisse coter ce genre d'horreur.
Réponse de le 15/08/2019 à 17:34 :
personne ne vous force a mettre de l argent dedans. c est vrai qu ele business model parait foireux et qu avec la recession qui s annonce la societe risque de couler. mais d un autre cote, qui aurait parie sur facebook lors de l explosion de la bulle .com ?
a écrit le 15/08/2019 à 9:42 :
Miracle de l'economie moderne ou la rentabilité est superflue, l'activité quelle qu'elle soit suffit a justifier la valorisation. Au fait, uber a perdu plus de 20% en 4 jours.

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