Xavier Niel : « J'affirme que Free Mobile dynamise le marché »

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Xavier Niel, le 10 janvier, au lancement de Free Mobile au siège d'Iliad. Copyright Reuters
Xavier Niel, le 10 janvier, au lancement de Free Mobile au siège d'Iliad. Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
Dans une tribune publiée dans les Echos ce vendredi, le fondateur de Free démonte les « mythes » quant à l'impact de l'arrivée du nouvel opérateur mobile sur l'emploi et l'investissement du secteur des télécoms en France.

Xavier Niel sort de sa réserve. Sans doute las d'entendre ses concurrents, certains syndicats et des politiques aussi le pointer du doigt comme responsable d'un drame à venir dans le secteur sur le plan social et de l'investissement, le fondateur de Free et actionnaire majoritaire d'Iliad, la maison-mère, déroule son contre-argumentaire dans une tribune parue dans la rubrique Le Cercle du journal Les Echos. Le bouillant patron souhaite apporter « une vision positive et j'espère objective » au débat. Sur le fond, il martèle que la 4e licence était nécessaire du fait de la structure du marché français de la téléphonie mobile en oligopole.

L'emploi a baissé bien avant Free Mobile
Sur les craintes de réductions d'emploi et de délocalisation des centres d'appel, Xavier Niel relève que « l'emploi baisse depuis des années dans notre secteur passant de 156.000 postes en 1998 à 124.000 en 2009, année ou il s'est stabilisé. » Mais aussi que « l'installation de centres d'appels offshore sous-traités a commencée il y a bien longtemps », ne pouvant s'empêcher au passage de vilipender « l'oligopole soucieux de sa rente. » Quant aux distributeurs indépendants de téléphonie, le fondateur de Free affirme qu'ils souffrent surtout du « développement des réseaux de boutiques propriétaires développés ces dernières années par les opérateurs et captant jusqu'à 70% du volume d'affaires. » Pour autant, le bouleversement du marché produit par l'arrivée de Free Mobile a bien des conséquences actuellement sur les magasins de téléphonie comme The Phone House, qui a gelé des ouvertures et se dit « fragilisé indirectement par l'arrivée de Free. » Quant à sa propre entreprise, « Free a pour sa part recruté plus de 1500 personnes sur la dernière année pour son activité mobile auxquels s'ajoutent les nombreux emplois indirects », qu'il ne chiffre pas. D'un centre d'appels en France en 2008, Free est passé « à cinq avec des effectifs qui ont quintuplé. » Dans son document de référence, Iliad précise que sur ses 5.655 salariés, 70% travaillent en centres d'appels ou sur la relation abonnés, soit 5.300 personnes, mais ne détaille pas la part de ceux travaillant en France, ni son recours à la sous-traitance. Iliad a trois centres d'appels au Maroc (Call One, Total Call et Telecom Academy).

Free investit plus, proportionnellement
Sur le thème de l'investissement, Xavier Niel se place en « bouc émissaire ». Il soutient que proportionnellement il dépense plus, « 50% de son chiffre d'affaires en 2011 » contre « de 12% à 20% » chez ses concurrents. Surtout, il revient à la charge sur le dividende : « l'oligopole distribue des dividendes beaucoup plus qu'il n'investit » et cet argent part « très majoritairement chez des investisseurs institutionnels rarement domiciliés en France. » Si France Télécom comme Vivendi ont annoncé des baisses de dividende, « les trois opérateurs historiques vont demeurer très prospères » et verseront des dividendes « considérables » l'an prochain. Il se garde tout de même de comparer les montants investis, qui ont un effet de levier sur l'ensemble de la filière (875 millions d'euros pour Iliad hors fréquences, contre 2,6 milliards dans les réseaux en France chez France Télécom, 1,7 milliard chez SFR, 859 millions chez Bouygues Telecom).


Free Mobile dynamise le marché
Du côté des prix, bien sûr, Xavier Niel rappelle que les cartes prépayées venaient le prix de la minute cher (« 30 à 55 centimes pour un coût de quelques centimes ») et que les forfaits illimités ont « miraculeusement » baissé « en quelques mois » avant l'arrivée de Free, de 80 euros à 24,90 euros. Pour autant, il ne parle pas du sort des MVNO, les opérateurs virtuels, dont la survie est menacée par son arrivée. Plus généralement, « de même qu'au début des années 2000, le lancement par Free, des box, a accéléré le passage de la France du Minitel à la France numérique, j'affirme que Free Mobile dynamise le marché. » Son arrivée expliquerait que les trois opérateurs historiques « se précipitent sur le déploiement de la 4G » pour se différencier du nouvel entrant, alors qu'ils avaient « attendu des années avant de déployer la 3G. »

« Des milliards économisés par les ménages »
Evoquant le gain immédiat de pouvoir d'achat « considérable » pour beaucoup de foyers français, une notion récemment oubliée par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, inquiet des conséquences sociales avant tout, Xavier Niel se fait lyrique : « une nation qui peut communiquer sans entrave se développera toujours plus vite qu'une nation inquiète de sa facture mobile. » Invitant en substance à chausser ses lunettes roses plutôt que de prédire un « désastre », il faut penser à « la réallocation des milliards économisés par les ménages » qui seront « dépensés sans délai dans d'autres secteurs de l'économie. » Peut-être plus en smartphone Samsung ou en iPad qu'en produits made in France ceci dit. Ces milliards d'euros, Xavier Niel ne prend pas le risque de les évaluer. Initialement il avait déclaré vouloir faire économiser 1.000 euros par an par foyer de trois personnes, ce qui pourrait approcher de 15 milliards pour une quinzaine de millions de foyers, en imaginant qu'ils profitent tous de la baisse des prix.... Aucune étude n'a encore évalué la réalité de cet impact et ses conséquences sur l'économie. Mais cet aspect mérite pourtant de s'y pencher.
 

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a écrit le 10/07/2012 à 4:47 :
Même si, dans mon cas, je n'ai pas trouvé mieux dans les 2 offres proposées.
a écrit le 24/06/2012 à 17:35 :
Le challenge de la concurrence par les infrastructures est une vaste escroquerie qui démontre de plus en plus qu'elle consiste a distribuer la ressource collective a des parasites. On peut reprocher a des gens comme Free d'être des sangsues de l'infrastructure de France Telecom, mais qui a ouvert cette opportunité, si ce n'est le système étatique démissionnaire ? Le seul critère quelque peu contraignant existant dans les licences étant le taux de couverture (les fixes n'étant pas contraint par cela), tous les opérateurs mobiles finissent pas converger vers le même niveau de réalisation de cette contrainte, et parlent même maintenant eux-même de la mutualiser.
Il faut donc vraiment se reposer la question du concept de concurrence en terme d'imagination et de service, et non plus en terme d'infrastructure, surtout en ce domaine.
Il est grand temps de recréer un mécanisme d'infrastructure collective fixe/mobile sous contrainte politico/économique, associant public et privé, et couvrant le territoire en fil/fibre et radio pour le meilleur des deux mondes, tandis que les licences consisteraient a fournir des services sur cette infrastructure, dont ils sériant bien sur partiellement copropriétaire pour nous assurer que le fonctionnariat ne tue pas le système...
a écrit le 24/06/2012 à 9:31 :
Il faudra faire un choix, diminuer les dividendes, investir un peu moins à l'étranger.

Interrogeons nous par exemple de l'utilisation des 9 euros reversé à FT pour l'entretien de la boucle locale dans le cas d'un abonnement en dégroupage total.
Donc tous les mois pour chaque abonnés vos FAI reversent 9 euros à FT, une belle cagnotte dont on aimerait un peu plus de transparence sur l'utilisation car dans certaines régions il suffit de lever le nez en l'air pour s'apercevoir de l'état désastreux du réseaux filaire aérien, fait de rafistolages.

Alors n'écoutons pas trop les pleurs d'un secteur dont certains des acteurs ont été condamnés pour des ententes sur les tarifs ou la concurrence n'était que façade. Et c'est sur que pour des "managers" habitués à obtenir des parachutes dorés pas toujours justifiés la pilule d'une concurrence trop agressive est difficile à avaler.
D'ailleurs pour ce qui est de Bouygue Telecom les dividendes versés sont supérieurs à ceux de Mr Niels alors que la filiale B&You à aligné ses tarifs sur ceux de Free Mobile.
Même pas mal, mais on pleure quand même histoire de gêner le perturbateur !
a écrit le 23/06/2012 à 11:48 :
L'arrivée de Free sur le marché du mobile est clairement une bonne chose pour la France et les français. Il avait promis de diviser la facture par 2, et il a tenu promesse. D'une part parce que ceux qui sont passé chez Free ont effectivement diminué la facture par 3 et d'autre part parce que même ceux qui ne sont pas passé chez Free et qui sont resté chez leur opérateur ont vu leur facture diminuer (et des fois de manière spectaculaire). Maintenant, tout n'est pas rose pour les clients de Free : Le réseau n'est toujours pas à niveau 5 mois après le lancement. Il reste encore énormément de travail à faire, et ils devraient plutôt se concentrer la dessus. Sur le secteur de l'emploi, on ne peut pas augmenter les tarifs sous prétexte de payer plus d'employés. Le but d'une entreprise n'est pas d'employer des gens, c'est de satisfaire ses clients. Sinon, c'est du communisme. A chacun donc d'augmenter son "employabilité", de s'améliorer pour trouver un meilleur poste mieux payé. Et pour ceux qui en ont les moyens (ce qui est loin d'être le cas de tous), de refuser les emplois sous payés...
a écrit le 22/06/2012 à 22:27 :
C'est incroyable comment Mr XN peut faire de la propagande. C'est vrai qu'il a fait baisser les pris mais il a aussi fait baisser les salaires. Les salaires proposés pour travailler dans un centre d'appel Free c'est juste le SMIC. Il cherche un recomposable réseau sur Paris pour un salaire de 30000 euros annuel. C'est le salaire d'embauche d'un jeune ingénieur. ET il oublie surtout de dire qu'il a touche a lui seul 11 millions d'euros de dividendes d ILIAD. Il n'arrête pas de cracher sur Orange, et pourtant sans le réseau ADSL et mobile d'Orange il ne serait rien.
Réponse de le 22/06/2012 à 23:05 :
bonjour a tous, C'est vrai Free a fait baisser les forfaits, Free a aussi fait baisser les salaires. J'ai passe un entretien chez eux pour un poste, ils me proposent juste un peut plus que le SMIC. Alors si Free vous plait autant, allez bosser chez eux. Quand aux dividendes, XN oublie de preciser qu'il a touché en 2011, 11 millions d euros de dividendes de la part d'ILIAD. Et contrairement a ce qu il a dit a l assemble nationale, XN possédé avec l?équipe de direction 70% du capital d'ILIAD. Le reste est en bourse. Les salaries possèdent quedal. Mr Niel n'est pas un chevalier blanc mais un simple homme d'affaires. Quand a moi, j'ai resilie mon forfait Free Mobile pour SOSH 2H qui me suffit amplement et au moins maintenant je n'ai plus de problèmes.
Réponse de le 23/06/2012 à 8:26 :
Alors allez donc demander tous deux si les ex-salariés SFR ce qu'ils pensent de leurs emplois supprimés en ... 2008 (donc rien à voir avec FREE !!) SFR a fermé les centres d'appel de Lyon, Poitiers, Toulouse,... et à tout délocalisé en Afrique !!! Pire, SFR a fait passer ça via une vente à un sous-traitant, qui a déposé le bilan en moins d'un an, comme ça, SFR n'a même pas eu à faire de plan sociaux !! SFR vient de perdre en 1e instance aux Prud'hommes de Toulouse ! Alors si vous pensez que FREE est pire que les autres .... !?

Quand aux dividendes, c'est un problème qui ne concerne que l'interessé, et les actionnaires (qui paient) !! je ne vois pas en quoi cela concernerait les clients !!!! Et pour ce qui est des salariés, je ne vois pas en quoi le salaire de l'un interesse son voisin : dans cette logique de pure jalousie, j'ai qu'à demander que l'on abaisse votre salaire au niveau du mien si votre salaire est supérieur ... comme en Union soviétique !!!!
a écrit le 22/06/2012 à 22:21 :
il a fait une erreur, il veut dire dynamite et non dynamise. avec des subventions apportées par les règles du régulateur, il torpille l'économie de ce secteur, il n'y a pas de concurrence, mais des opérateurs aidés !!! des milliers d'emplois détruits à terme.
Après avoir mis tout le monde devant le fait accompli du multifibres dans les immeubles quand le régulateur demandait le mono fibre (mais aucune pénalité!!, solution actée de dépense maximale !!), des contrats signés en quantité pour équiper les immeubles, une fois de plus il se retire de l'investissement pour profiter au maximum de ceux qui vont investir, et encore une fois avec l'aide du régulateur qui va distribuer les parts de marchés !!!
il dénigre les patrons pour leurs salaires, il gagne beaucoup plus qu'eux, plus d'un million par mois rien qu'en dividendes !!
insupportable, inadmissible, anticoncurrentiel ? non, légal ! on est en France !
a écrit le 22/06/2012 à 21:13 :
Qu'il nous démontre déjà qu'il est en mesure de construire un vrai réseau sans les autres, après on verra.
a écrit le 22/06/2012 à 16:10 :
L'ancien repris de Justice est dans le rôle d'un Tapie moderne que l'on s'ait trouvé pour baratiner les foules. Pour le moment il roule pour France Télécom dont il utilise les réseaux avant de rouler pour lui lorsqu'on le lui dira. Il pourra alors se vendre soit à un allemand, soit à un espagnol voire à un mexicain qui aurait repris ce dernier ou encore à un chinois... ce qui serait bien dans le tableau bobo maoïste. Cela fera écrire les journalistes mes personne n'y trouvera de problème industriellement. Pour sa part Bouygues sera face aux mêmes choix car le sort de ces 2 est défini par avance. Entretemps, ils auraont fait croire à une concurrence imaginaire....
a écrit le 22/06/2012 à 15:31 :
c'est pas du low cost mais du fair cost
a écrit le 22/06/2012 à 13:12 :
Une fois de plus, il mélange tout, cite des chiffres dont les bases de calcul sont totalement floues et se prend pour le sauveur du pouvoir d'achat. Tout cela est bien beau, mais la VRAIE réalité des choses, c'est la spirale infernale du low-cost en général, qui détruit petit à petit la société en la tirant vers le bas inexorablement. Macroéconomiquement, les premiers effets éblouissent en effet, mais à terme l'impact sur le pouvoir d'achat global du pays est laminé de facto, par les destructions d'emploi (que même l'ARCEP, si favorable à Free avait chiffrées), des salaires plombés au plancher (sauf les revenus de Niel bien entendu, 6ème fortune de France quand même!) et des conditions de travail "difficiles" pour les OS du low-cost.
Réponse de le 22/06/2012 à 13:40 :
Super, il me semble que les centres d'appels ont été délocalisés bien avant l'arrivée de Free.
C'est vrai que c'était sans doute mieux avant l'arrivée de Free Mobile ou 3 opérateurs s'entendaient sur les prix
Réponse de le 22/06/2012 à 17:19 :
@thib12 : commentaire inutile, vous n'avez rien compris à ce que Annunaki voulait dire. Ok ce n'était pas la joie avant mais ce n'est pas l"arrivé de Free qui a ou va tout changer ! Tout le monde propose les mêmes forfaits aux mêmes prix (quasiment), l'entente n'est pas terminé !
Réponse de le 22/06/2012 à 22:11 :
et surtout les aides imposées par les autres opérateurs à free, terminaisons d'appels de free surfacturées, ce qui fait qu'avec un forfait à 19e, 10 sont subventionnés par les autres opérateurs (cf article la tribune) et le fait que les agents d'orange travaillent à prix coûtant pour free, à poser des fibres qu'ils sont obligés de louer à free à prix coûtant, rien à voir avec le réseau historique, royal pour le milliardaire du minitel rose !!!!!, de qui se moque t on ?

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