Orange ne sera pas coupé en deux

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La ministre déléguée au Numérique, Fleur Pellerin, a affirmé qu'il n'y aurait pas de séparation « fonctionnelle », entre les réseaux et les activités commerciales, de l'opérateur historique. Un scénario dont rêvent les concurrents et certains élus locaux.

C?est un serpent de mer. L?idée d?une « séparation fonctionnelle » de France Télécom Orange, qui consisterait à scinder la partie réseaux des activités commerciales, comme RFF et la SNCF pour le chemin de fer, est régulièrement relancée par les opérateurs concurrents. Or mardi soir, lors d?un dîner organisé à l?Assemblée nationale, par le Club parlementaire du numérique, la ministre en charge du secteur, Fleur Pellerin, a clairement écarté ce scénario. « La séparation fonctionnelle de France Telecom ne fait pas partie des options pour le futur plan Très haut débit » a-t-elle déclaré, ajoutant « le président de la République l?a promis et nous tiendrons parole. » Stéphane Richard, le PDG de l?opérateur historique, peut donc respirer : pas d?usine à gaz à mettre en place, doublée d?un casse-tête social sur la répartition des effectifs, dans une entreprise au climat enfin apaisé et dans un contexte concurrentiel nettement durci depuis l?arrivée de Free Mobile. Pendant la campagne présidentielle, une fuite, démentie, avait prêté à François Hollande l?intention de couper en deux Orange.

Fibre de France comme Openreach chez le britannique BT ? 
Autrefois cheval de bataille de Jean-Bernard Lévy, l?ex-président du directoire de Vivendi (la maison-mère de SFR), pourfendeur de la « rente du cuivre » de son concurrent, la séparation fonctionnelle est revenue récemment sous la plume de Martin Bouygues. Dans un courrier envoyé à chaque parlementaire début juillet, le patron de Bouygues se plaignait du déséquilibre du marché mobile causé par l?arrivée du quatrième opérateur, Free Mobile, au détriment de Bouygues Telecom bien sûr, et surtout du contrat d?itinérance que Free a signé avec France Télécom : il demandait aux pouvoirs publics de signifier au plus vite que cet accord ne pouvait être prorogé et surtout étendu à la 4G. Sinon, cette itinérance « devrait alors, par souci de justice, comme dans le secteur du transport ferroviaire, aboutir rapidement à une séparation fonctionnelle entre Orange, entité commerciale, et France Télécom, structure gérant des réseaux d?infrastructures disponibles pour tous les opérateurs. » C?est arrivé à l?opérateur historique britannique BT, avec la création en 2006 d?Openreach, une filiale bien séparée, chargée d'assurer l'accès équitable du réseau fixe de BT à ses concurrents, y compris pour la fibre optique qu?il a commencé à déployer : un monopole régulé qui reste la division contribuant le plus au bénéfice de BT. Certains élus locaux sont favorables à une séparation de France Télécom et rêvent d?une entité « Fibre de France » pour déployer rapidement le très haut débit jusque dans les zones les plus rurales. Mais le schéma n?est donc semble-t-il pas à l?ordre du jour.
 

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Commentaires
a écrit le 29/07/2012 à 9:47 :
Elle peut dire ce qu'elle veut, cela se fera tout de même. Resistance is futile.
a écrit le 26/07/2012 à 16:39 :
L'ENORME BLAGUE ! Que sera le revenu d'un opérateur uniquement réseau telecom ? Bien sur vendre son réseau ! Mais du coup, vous croyez vraiment qu'il va investir dans la pampa si il a l'opportunité d'accroitre ses revenus là où cela paye plus ? Pourquoi croyez vous que tous les opérateurs investissent par ex dans la 4G mobile à Marseilles ou St Etienne alors que beaucoup de zones sont en 2G voire certaines sans réseau ???

Revenez aux dures réalités, caux76 & Co ! La seule solution, c'est soit, d'adosser cet entretien/investissement à une structure commerciale en lui imposant certaines contraintes (mais pas trop pour ne pas la couler- situation actuelle - ce qui est scandaleux, c'est qu'il y en ait qu'une qui soit contrainte...), soit de nationaliser.
On connait donc la conclusion : statu quo... Ben oui, nationaliser, ce n'est pas dans l'ère du temps ;)

Si vous n'êtes toujours pas convaincu, regardez ce qui se passe dans le train (les passages à niveaux automatiques partout, pas prioritaire), le gaz (le renouvellement des conduites de gaz pourries dur dur).

Seul l'électricité fonctionne mais vous noterez qu'EDF est distributeur ET producteur.

Bref sans structure commerciale adossée, c'est la mort programmée du réseau dans les coins déficitaires, c'est à dire les campagnes.

Bienvenue dans le monde réel

Réponse de le 26/07/2012 à 18:08 :
Superbe argumentation
Réponse de le 26/07/2012 à 19:03 :
Vous avez presque réussi a démontrer le contraire de ce que vous souhaitiez :-) Encore un petit effort avec les données que voici : le dégroupage des paires téléphoniques de France Telecom représente un chiffre d'affaire annuel de 2 milliards d'euros, dont la moitié est payé par les concurrents, et l'autre moitié par les lignes de produit internes. Un tel budget représente 50.000 employés au salaire moyen de France Telecom qui seraient affecté uniquement a l'entretien du réseau cuivre. Il est clair que c'est très très loin de la réalité (la moitié de France Telecom). Le fait est que seul le milliard collecté aux concurrents est affecté au réseau physique, tant en entretien du cuivre actuel que du déploiement de la fibre, dans les zones rentables. La concurrence paie le futur réseau de FT. Joli coup messieurs les politiques :-) Et la pampa comme vous dites n'est vraiment pas près de disposer d'un réseau a niveau avec une telle démarche. La seule vraie option est en effet de financer un réseau d'infrastructure par une démarche commerciale, mais en disposant d'une infrastructure commune a tous les opérateurs, dont l'état serait en contrôle a 51%, et dans laquelle les opérateurs disposeraient chacun d'une participation , a la manière d'un GIE. On peut même commencer dans la pampa si cela vous intéresse, parce que sinon, les zones blanches seront de plus en plus blanches si on laisse (uniquement) le rendement financier contrôler le déploiement d'un service au public.
Réponse de le 27/07/2012 à 9:24 :
Bien sur que je constate l'inverse de ce que je veux : je n'approuve pas le statut actuel, puisque je le subi moi même, étant au bout du monde ou pas loin, mais cela n?empêche que le constat est là. Je constate aussi qu'on investit dans la fibre en IDF, pas chez moi, alors que bien sur, je souhaite avoir la fibre :). Et je vous rejoint aussi dans votre proposition de solution mais j'ai un doute sur la volonté politique du gouvernement et sur la faisabilité juridique européenne de la chose. On pourrait même imaginer mutualiser les réseaux mobiles ce qui diminuerait les soucis de déploiement d'antennes, mais cela ferait mal à l'Etat de vendre moins de fréquences tous les 3 ans.... En tout cas, je bondi lorsque soit disant des élus campagnards rêvent d'une "Fibre de France". Soit le propos est déformé ou écourté par l'auteur, soit il faut aussi exposer l'idée jusqu'au bout. Car là, tel qu'est écrit l'article, on devine une séparation pure et simple à la mode RFF ou GrDF et je répète, c'est la mort de l'investissement dans un réseau qui demande toujours énormément d'investissements car en évolution constante de technos (Fibre & 4G).
Réponse de le 27/07/2012 à 12:20 :
Je ne peux que vous suivre dans l'extension du raisonnement aux réseaux radio, d'autant plus que la mutualisation des réseau se met en oeuvre un peu partout dans le monde. L'Europe ne serait pas forcément un frein a la condition que la structure soit mixte Etat/Privé, quant aux politiques, le jour ou ils découvriront le vrai usage de la grille excel, ils verront la lumière du rendement financier de l'infrastructure. L'Etat gagnerait infiniment plus en récurrent que les attribution des licences en une seule fois. De plus, un des gros besoins des réseaux 4G est de disposer de fibre pour déverser le débit nécessaire. Donc pour la pampa, la 4G ne sera disponible que si la fibre l'est également? Tiens, on en revient a la case d'avant? Vivre France Infrastructures Cuivre/Fibre/Radio, société a 51% Etat (avec interdiction de vente), et 49% Opérateurs de services. Là, on aura le meilleur des deux mondes. Des services orientés clients, et une couverture orientée égalité
a écrit le 26/07/2012 à 9:41 :
Oui malheureusement, nous allons encore galérer avec le déploiement de la fibre malgré, les plans à répétition, là c'est sûr ils n'ont pas fait fort nos ministres, Jospin en son temps n'avait pas inclus la close de service public dans la privatisation de FT pour le numérique , mais là ils en remettent une couche comme si ils ne veulent pas que nos campagnes et les zones d'ombre soient enfin dans la lumière, combien d'emplois perdus par ce mauvais choix depuis des années ? espérons qu'ils vont enfin se réveiller!!!!!!
a écrit le 26/07/2012 à 7:48 :
L'orange ou la pomme sera coupée en 2 ? Je ne sais pas comment Bouygues fait des télécoms et du bâtiment en même temps.
a écrit le 26/07/2012 à 7:29 :
Et bien c'est tant mieux.Au diable les autres, elle est où la fibre promise par FREE....
Réponse de le 29/07/2012 à 23:29 :
Lol Tu peux toujours attendre... Ce n 'est pas avec leur abonnement à 2 euros qu'ils vont pouvoir te l'installer la fibre ^^
a écrit le 26/07/2012 à 7:21 :
D'accord mais qu'une étude soit faite sur l'utilisation des 9 euros payés tous les mois et par abonné en dégroupage total par les opérateurs pour l'entretien de la boucle locale (du domicile au NRA)
Réponse de le 26/07/2012 à 9:07 :
La Vache n'est pas celle qu'on pense... Ce tour de passe-passe permet a France Telecom d'affirmer fièrement qu'ils vont déployer la fibre sur leurs deniers propres, alors qu'en fait, ils vont la déployer grâce aux 9 euros par dégroupage payés par leurs concurrents. Un bon moyen de sucer la concurrence pour se payer son infrastructure, que FT continuera a louer a la concurrence. C'est un coup de maitre dans la concurrence déloyale et faussée dans un marché soit-disant ouvert, et dont 100 des acteurs sont Français, contrairement aux autres pays européens. Les politiques sont vraiment des visionnaires hors pair.
a écrit le 26/07/2012 à 7:02 :
L'ARCEP a le pouvoir, en consultation avec Bruxelles, d'exiger la separation fonctionnelle de FT. Le gouvernment ne pourrait pas s'y opposer.
a écrit le 26/07/2012 à 2:12 :
ORANGE a hérité d'une rente abondante avec le réseau de cuivre qu'elle a reçu en cadeau et que nous avons payé avec l'argent public.
Cette rente ne devrait par servir les intérêts privés et particuliers de l'entreprise privée Orange mais cet argent devrait servir a financer la modernisation des réseaux en France et notamment la pose de fibre pour qu'elle soit indifféremment accessible (moyennant finance bien sûr) par tous les opérateurs pour favoriser le développement du très haut débit et la concurrence.
Au lieu de cela, Fleur et Arnaud vont bien gentiment préserver la rente de leurs copains de FT au détriment des citoyens.
Moi qui avait entendu que Montebourg était le champion de l'anticapitalisme je constate qu'à côté de lui Sarkozy était un soviétique e.
Vive Arnaud,
Vive Fleur
Et vive la protection des intérêts du grand capital
Réponse de le 26/07/2012 à 9:11 :
Bien plus que l'argent public, puisque la DGPT était bénéficiaire, c'est surtout les autorisations de passer dans des endroits auxquels les concurrents n'auront jamais accès aujourd'hui qui est un monopole. A l'époque, la DGPT pouvait se permettre de passer ses réseaux partout, puisque c'était un Etat tout puissant qui commandait l'affaire. Aujourd'hui, les opérateurs concurrents doivent marchander tout et n'importe quoi, et ne parviennent a poser rien du tout, sauf a payer une fortune, et a prendre des chemins tordus. Voila le vrai cadeau fait par l'Etat a une entreprise privée qui deviendra parfaitement opéable par n'importe quel mastodonte international dès que l'Etat désargenté sera obligé de vendre ses dernières parts.
Réponse de le 26/07/2012 à 16:48 :
Juste un détail qui corrige tout cela : le réseau est un cout certainement pas un gain. Quand j'entends "cadeaux", je bondis. Ben oui, si c'était aussi rentable, il y a longtemps qu'Orange aurait mis tout ces oeufs dans ce panier et on aurait tous de la 4G et de la fibre. Et il y a longtemps que tous les autres auraient fait de même ! Pour vous, je ne sais pas mais pour moi, non, je ne bénéficie pas de fibre ni de 4G. Et les concurrents ne se pressent pas à mon portillon. Ben, oui, pas assez rentable :S
Bref, qui veut de ce boulet ?
Si le boulet était seul sans un Orange pour l'appuyer, ce serait comme les réseaux ferrés de Royaume Uni, il serait mort et vous n'aurez que vous yeux pour pleurer de subir ce pauvre internet 56k qui se déconnecte tout le temps à Carhaix pendant qu'à Marseilles on teste la 4G...

Comme je dis plus haut, revenez dans le monde réel.
Réponse de le 26/07/2012 à 17:12 :
Autre exemple : pourquoi ce n'est toujours pas la société des autoroutes du sud qui investirait dans son réseau ? Pour c'est à l'état de construire puis de confier la gestion au privé ? Ben bien sur ! Parce qu'il n'y aurait des autoroutes qu'entre Paris et Marseilles et certainement pas entre Perigueux et Tulle !

Alors, toujours prêt à invoquer des pourfendeurs d'"anarqueurs" ? Tiens Free aussi a du mal à déployer de la fibre ! Comme c'est bizarre !?!?
Réfléchissez un poil...
Réponse de le 27/07/2012 à 1:03 :
Cher Morpheus : Peut-être comprendrez-vous qu'un business plan construit avec un peu moins de 50% du marché conduit forcément a ne déployer les réseaux dans les zones paumées que "vachement" plus tard que plus si ces réseaux étaient financées par une mutualisation nationale. Mais je suis ouvert a toute grille excel démontrant le contraire :-)

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