Numericable se pose en leader et moteur de la fibre en France

Le câblo-opérateur revendique le titre de numéro un dans le très haut débit, en abonnés et en investissement. Une affirmation qui agace les autres fournisseurs d'accès à Internet.

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Le PDG Eric Denoyer estime que l'ADSL commence à atteindre ses limites techniques... Copyright AFP
Le PDG Eric Denoyer estime que l'ADSL commence à atteindre ses limites techniques... Copyright AFP (Crédits : AFP)

La bagarre dans les télécoms n'a pas lieu que dans le mobile. Dans le haut débit aussi et le très haut débit surtout désormais. Numéricable, relativement épargné par la tornade Free Mobile, en profite donc pour accélérer dans la fibre optique, faisant valoir que ses concurrents doivent arbitrer avec les investissements dans la téléphonie mobile... "Nous sommes le leader et le moteur de la fibre optique en France" a lancé le PDG du câblo-opérateur, Eric Denoyer, mercredi lors de la présentation des résultats annuels : leader en abonnés, en foyers raccordables et investissement.

Une déclaration qui risque de faire bondir ses concurrents, qui ne se lassent pas de répéter que la fibre de Numericable ne va pas jusqu'à l'abonné mais s'arrête en bas de l'immeuble. Une subtilité qui échappe souvent au client mais a son importance pour les télécoms : le régulateur du secteur, l'Arcep, parle "d'accès en fibre optique avec terminaison en câble coaxial". Pour Numericable, l'important c'est le débit offert.

Bataille avec Free pour le titre de premier investisseur en fibre

Numericable affirme avoir franchi à la fin mars le cap des 500.000 abonnés à la fibre, en incluant les clients sous marque blanche (Darty Box, BBox et Auchan) accédant à un débit de plus de 100 mégabits par seconde. A fin décembre, il en avait 368.000, soit 39% de son parc de clients au triple-play, contre 95.000 chez Orange (soit 1% du parc) et, selon des chiffres du cabinet Idate, 51.000 chez SFR (1%) et 28.000 chez Free (0,6%). Iliad, la maison-mère de Free, ne confirme pas les 28.000 et réitère les "quelques dizaines de milliers" indiqués le 8 mars dernier, en dessous de l'objectif initial de 100.000.

Du côté des investissements aussi, Numericable veut se poser en numéro un : l'opérateur, qui se targue d'une situation financière assainie depuis le refinancement de sa lourde dette, affirme avoir investi "près de 200 millions d'euros dans la fibre" cette année, ce qui lui a permis d'atteindre 4,3 millions de foyers raccordables au premier trimestre 2012. «"Ce qui nous place en tête et de loin" selon Eric Denoyer - à comparer aux 866.000 ménages raccordables par France Télécom fin 2011. Or Xavier Niel avait déclaré le 8 mars qu'Iliad était "le premier investisseur en fibre optique en 2011, devant Orange, Bouygues et SFR", pour un montant de 156 millions d'euros, après 194 millions en 2010. Numericable est "l'opérateur qui a investi le plus dans le fibre optique historiquement" et vise désormais les 6 millions de foyers raccordables en 2014.

Pour mémoire, France Télécom a annoncé en février 2011 un plan d'investissement de 2 milliards d'euros sur la période 2010-2015 pour raccorder 10 millions de foyers et son PDG, Stéphane Richard, a précisé la semaine dernière qu'il fallait ajouter 1 milliard de co-investissement et qu'une enveloppe similaire de 3 milliards serait investie entre 2015 et 2020 (15 millions de ménages).

L'ADSL bientôt dépassé ?

Autre pique lancée gentiment au courant par le PDG de Numericable : "aujourd'hui, l'ADSL commence à atteindre ses limites techniques, mais la France ne l'a pas encore réellement pris en compte. Et le fait d'avoir un bon ADSL nous fait prendre du retard sur la fibre optique, comme le Minitel avec l'Internet..." Citant des mesures de vitesse établies par Net Index (Ookla), il observe que la France ne se situe qu'à la 34e place en termes de débit avec une moyenne de 12,08 mégabits par seconde en téléchargement et que Numerciable est premier en France, à 25,41 Mbps "devant Bouygues Telecom, SFR, Free, France Telecom" et que "sans Numéricable la France serait 50e au-dessous de 9 Mbps".

En revanche, sur le mobile il s'est montré beaucoup plus modeste: l'offre Ultra Mobile sans engagement à 19,99 euros, copiée sur celle de Free (appels et SMS illimités, 3Go), a séduit 50.000 clients et devrait atteindre les 150.000 en fin d'année car elle ne s'adresse qu'à ses abonnés.

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