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La 4G débarque : tout ce qu'il faut savoir en 4 questions

Delphine Cuny

Publié le 29 janvier 2013 à 17:45 - Mis à jour le 05 mars 2026 à 13:13

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Orange l'annonce à Paris, SFR à La Défense : c'est la course à l'échalote entre les opérateurs mobiles français, qui rivalisent de communiqués sur le lancement de la 4G, la quatrième génération de téléphonie mobile qui succède à la 3G et commence à débarquer près de chez vous. Mode d'emploi pour tout comprendre de cette « révolution de l'Internet mobile » qui promet d'être aussi une belle bataille commerciale.

La 4G, à quoi ça sert ? A surfer plus vite.
La 4G sert à surfer plus vite sur Internet. Car les appels se feront toujours en 2G ou en 3G (pendant encore deux ou trois ans avant que la technologie évolue). « La 4G, c'est la vraie révolution de l'internet mobile, c'est une autre dimension, un accès ultra-rapide, plus que l'ADSL à la maison. Pour utiliser une image, c'est la fin du petit sablier qui tourne lorsque vous attendez un téléchargement » explique Alexandre Wauquiez, le directeur marketing réseaux de SFR. C'est avant tout une affaire de vitesse.
La quatrième génération de téléphonie mobile, utilisant la technologie LTE (Long Term Evolution), c'est le très haut débit mobile, c'est-à-dire un débit maximum théorique de 100 mégabits/seconde, comparable à celui de la fibre optique à la maison (contre 25 Mb/s pour l'ADSL au mieux). Concrètement, la 4G offre des débits 5 fois supérieurs à la 3G+ actuelle en réception (lorsqu'on télécharge une photo, une vidéo, etc) et 10 fois plus élevés en émission (lorsque l'on envoie une pièce jointe, un petit film...).

Il existe une technologie intermédiaire, sorte de 3G++, appelée Dual Carrier (ou H+ chez Orange), qui atteint 42 Mb/s, si l'on possède un appareil compatible. Selon Stéphane Roussel, le PDG de SFR, « c'est radicalement différent, c'est comme passer du noir et blanc à la couleur. La 4G produit un effet « waou » pour les utilisateurs. La différence est surtout perceptible lors de l'envoi de fichiers lourds, où l'on approche de l'instantanéité, sur le visionnage de vidéos en streaming sur YouTube ou Dailymotion, « totalement fluide » et sur le temps de latence, par exemple pour les jeux vidéo. La 4G ce sera aussi « des usages qui n'existaient pas sur mobile comme les jeux en réseau, l'explosion du cloud en entreprises. La 4G va modifier les usages au quotidien de tous les Français » assure Alexandre Wauquiez.

Où trouve-t-on la 4G aujourd'hui ? Dans très peu de villes pour l'instant.
C'est le tout début, les opérateurs mobiles, Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile ayant obtenu leurs premières fréquences en octobre 2011 : le déploiement a commencé sur quelques villes. SFR a ouvert la 4G à Lyon et Villeurbanne depuis fin novembre, à Montpellier depuis décembre et depuis ce mardi dans le quartier d'affaires de La Défense aux portes de Paris (Nanterre, Courbevoie, Puteaux); Lille, Marseille, Strasbourg et Toulouse suivront d'ici à la fin du premier semestre, et sans doute une partie de Paris intramuros à l'été (la totalité en fin d'année).
Du côté d'Orange, l'opérateur historique couvre Marseille depuis juin, Lyon, Nantes et Lille depuis novembre, et il promet 10 autres villes pour le 4 avril (Bordeaux, La Rochelle, Chartres, Orléans, Dunkerque, Nancy, Metz, Clermont-Ferrand, Grenoble et Annecy), en plus du quartier Opéra de Paris qui vient d'être « allumé » (environ 8 antennes actives). Mais attention, seuls les clients entreprises peuvent acheter un forfait avec une clé 4G ou une tablette 4G pour l'instant, le grand public devra attendre le 4 avril.
Forts de leurs moyens financiers plus importants, les deux premiers opérateurs français ont pris une nette en avance en matière de déploiement sur les deux suivants. Bouygues Telecom couvre une partie de Lyon où il a lancé depuis juin une expérimentation à grande échelle avec des clients « bénévoles. » Free Mobile s'est montré peu disert sur le sujet, évoquant juste un lancement courant 2013.
Au 1er janvier 2013, selon les données de l'Agence nationale des fréquences (ANFR), Orange avait 403 antennes-relais 4G, SFR 207 et Bouygues Telecom 228 : il s'agit de sites où se trouvent déjà des antennes 2G ou 3G, remplacées par des équipements captant l'ensemble des fréquences. Nettement en retrait, Free Mobile affiche 14 sites 4G autorisés dont 9 en service. Les quatre opérateurs ont tous des fréquences 4G (dans la bande 2,6 Ghz), mais Free n'en a pas eu dans la bande 800 Mhz (il pourra demander à SFR d'être hébergé sur son réseau en itinérance moyennant finances). Ils sont tenus de couvrir 25% de la population à la fin de 2015, 60% à fin 2019 et 75% à la fin de 2023 (pour les fréquences 2,6 Ghz).
A l'issue de deux appels d'offres, Orange a déboursé pour ses fréquences 2,6 Ghz et 800 Mhz (plus chères car plus basses et permettant ainsi de mieux pénétrer dans les bâtiments) au total 1,17 milliard d'euros, SFR 1,21 milliard, Bouygues 911 millions et Free 271 millions (en 2,6 Ghz seulement).

Comment ça marche ? Avec un appareil compatible.
Il faut impérativement un smartphone pour surfer en 4G, mais tous ne sont pas compatibles : ainsi l'iPhone 5 ne l'est pas avec les fréquences 4G françaises. Il existe cependant déjà un large choix de terminaux 4G. SFR souligne qu'il est pour l'instant le seul opérateur à vendre des smartphones 4G : deux modèles à succès de Samsung, le Galaxy SIII et le Galaxy Note II en version 4G, le One XL de HTC et le Razr HD de Motorola, et dans quelques semaines l'Optimus G de LG et le Xperia Z de Sony, en plus de clés 4G et de la tablette Galaxy Note 10.1 (proposée aussi par Orange). Ces smartphones (voir ici les modèles) ne sont pas forcément plus chers : SFR les vend même la plupart à 1 euro seulement (après offre de remboursement de 198,90 euros) contre 200 euros en prix affiché, à condition de souscrire un forfait haut de gamme à 80 euros par mois sur deux ans par exemple pour un Galaxy SIII. On peut trouver plus abordable avec le HTC à 150 euros (avec un forfait à 40 euros sur 24 mois). Sans engagement et sans subvention, le prix grimpe bien sûr dans les 620 euros.
Chez Orange, cinq modèles seront « disponibles à partir du 7 février », mais utilisables en 4G à partir d'avril seulement : ce sont les mêmes best-sellers de Samsung, le même Sony, un HTC assez similaire mais aussi le Lumia 920 de Nokia. On ne sait pas encore à quel prix. Il ne faut pas forcément une carte SIM spéciale : chez SFR il suffit de demander l'activation de la 4G au service client. Par ailleurs, les smartphones compatibles basculent automatiquement de 4G à la 2G (GSM) ou la 3G lorsque vous voulez passer un appel ou lorsque vous sortez du champ d'une antenne 4G. Si vous surfez, le débit sera alors plus lent.

Combien ça coûte ? Pareil ou un peu plus.
Seul SFR commercialise pour l'instant des abonnements compatibles 4G grand public, qui sont en fait les mêmes que ceux proposés pour la version améliorée de la 3G (appelée « Dual Carrier » soit 42 Mb/s). Les tarifs commencent à partir de 39,99 euros par mois sans engagement et sans téléphone (si vous avez déjà un smartphone compatible) avec le forfait Carré 2 Go. Le prix peut descendre à 29,99 euros sans téléphone avec engagement de 12 mois et même à 19,99 euros pour les abonnés à la SFR Box qui bénéficient d'une ristourne (« multipacks »). Pour un forfait plus généreux en données, 6Go, il faudra débourser le double du forfait d'entrée de gamme, soit 79,99 euros. Il y aura aussi une option de plusieurs Go à environ 10 euros pour les gros consommateurs. SFR n'exclut de lancer des forfaits spécifiques 4G lorsqu'il approchera d'une couverture nationale. Il mise pour l'instant sur un positionnement qu'il estime « au juste prix », pour ne pas effaroucher les clients.

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Du côté d'Orange, il n'existe qu'un forfait pour les clients Entreprises, une Edition spéciale pour PC ou tablette à 79 euros hors taxe pour 15 Go (sans appels voix), contre 49 euros par mois pour l'offre en 3G+ et H+ avec 5 Go. Le directeur général délégué de France Télécom, Gervais Pellissier, a indiqué que les forfaits 4G, qui seront dévoilés le 7 février, coûteraient probablement « entre 5 et 10 euros » de plus que les abonnements actuels 3G. L'idée est de mieux monétiser l'Internet mobile et de recréer de la valeur dans un marché secoué par la vague low-cost depuis l'arrivée de Free Mobile il y a un an.
Bouygues Telecom offre sans surcoût la 4G à ses clients Entreprises jusqu'à fin 2013 mais il n'a dit mot sur ses futures offres au grand public. Il a semble-t-il arrêté de déployer en 2,6 Ghz depuis plusieurs mois, dans l'attente de la décision des pouvoirs publics sur la réutilisation des fréquences GSM 1800 en 4G. Ses concurrents sont prêts à attaquer un éventuel feu vert, car Bouygues dispose d'un peu plus de fréquences 1800 et d'un meilleur maillage, ce qui lui donnerait un avantage concurrentiel considérable selon eux. Le gendarme des télécoms doit se prononcer fin mars. « Bouygues Telecom pourrait ne pas exister commercialement sur la 4G » se réjouit d'avance un de ses rivaux.
Quelle sera la stratégie tarifaire de Free Mobile ? C'est l'une des grandes inconnues. « Free ne subventionne pas les terminaux et ne vend pas de smartphone 4G, qui sont encore peu répandus dans le parc d'abonnés mobiles français, cela risque d'être un peu compliqué pour lui de la marketer » estime un concurrent. « Ma seule crainte c'est que Free débarque dans quelques mois en vendant la 4G au même prix que la 3G, à 19,99 euros. Là ce serait la cata... » observe un analyste financier.

Delphine Cuny

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