Vivendi, plombé par SFR, "explore toutes les opportunités" dans les télécoms

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Les difficultés de sa filiale télécoms SFR ont pénalisé le groupe Vivendi. (DR)
Les difficultés de sa filiale télécoms SFR ont pénalisé le groupe Vivendi. (DR) (Crédits : Reuters)
Le conglomérat Vivendi a fait état mardi d'une nouvelle baisse marquée de son résultat opérationnel ajusté et de son résultat net en 2013. La faute en incombe notamment aux difficultés de sa filiale télécoms SFR qui pourrait être cédée à Numericable selon des informations de presse.

La filiale SFR sera-t-elle cédée? Vivendi affirme en tous cas "explorer activement toutes les opportunités" en matière de recomposition du secteur des télécoms a indiqué Jean-François Dubos,  le président du directoire du groupe, dans un communiqué diffusé ce mardi à l'occasion de la publication de ses résultats annuels. 

Le chiffre d'affaires de Vivendi est resté quasiment stable l'an dernier à changes constants : 22,135 milliards d'euros, en hausse de 0,2%, grâce à la bonne tenue de ses activités dans les médias, selon le communiqué publié ce 25 février

Présent dans la télévision payante, la musique et les télécoms, Vivendi fait cependant état d'une nouvelle baisse marquée de son résultat opérationnel ajusté et de son résultat net en 2013. A nouveau, Les difficultés de sa filiale télécoms SFR ont pénalisé le groupe.

Résultat net en recul de 9,7%

Son résultat opérationnel ajusté (Ebitda) a reculé de 20,6% l'an dernier pour s'établir à 2,433 milliards d'euros tandis que le résultat net a diminué de 9,7% à 1,54 milliard, toujours sous l'effet des difficultés de l'opérateur SFR, dont le chiffre d'affaires a reculé de 9,6% l'an dernier.

Pas de mauvaise surprise pour le conglomérat toutefois : le marché tablait en moyenne sur un chiffre d'affaires de 22,305 milliards d'euros, un excédent brut d'exploitation de 2,37 milliards et un résultat net de 1,41 milliard, selon les analystes interrogés par Thomson Reuters. Jean-François Dubos, président du Directoire du groupe, a indiqué dans un commuiqué :

Vivendi a enregistré des résultats en ligne avec les attentes malgré un environnement économique et concurrentiel difficile. Le groupe a conforté ses positions dans la musique et la télévision, en France comme à l'international, et a franchi d'importantes étapes stratégiques. 

Accord de principe sur la cession de SFR?

Selon le journal Les Echos, Vivendi aurait conclu un accord de principe sur la cession de SFR avec Numericable. Selon ce compromis, Altice, la holding qui détient le câblo-opérateur obtiendrait plus de 50 % du nouvel ensemble SFR-Numericable, et Vivendi en conserverait 32%. Le quotidien précise que la transaction valoriserait SFR plus de 15 milliards d'euros.

L'information a été démentie par un porte-parole de Vivendi dans un courriel adressé à l'agence Dow Jones Newswires. "Il n'y a pas de protocole d'accord en place ou signé", a-t-il écrit sans émettre davantage de commentaire. Vivendi a toutefois confirmé lundi avoir été approché par Altice , maison mère de Numericable, en vue d'un rapprochement entre SFR et le spécialiste français du câble.

>> Lire : Vivendi confirme avoir pris contact avec Altice

Cession de Maroc Telecom à Etisalat

Vivendi espère par ailleurs boucler dans les semaines à venir la cession de ses parts dans l'opérateur Maroc Telecom au groupe Etisalat, a par ailleurs indiqué son directeur financier Hervé Philippe lors d'une conférence téléphonique à l'occasion de la publications des résultats annuels du groupe.

Celui-ci a indiqué qu'il se prononcerait sur un éventuel retour de cash aux actionnaires à la suite de la cession de l'opérateur marocain ainsi que celle de ses parts dans Activision Blizzard intervenue l'an dernier, une fois bouclée la transaction avec Etisalat. "On est sur le calendrier annoncé. Ça doit se clôturer dans les semaines qui viennent", a déclaré Hervé Philippe.

De son côté, Jean-François Dubos a indiqué que l'opération devrait servir à alléger la dette du groupe :

Vivendi a vendu la majorité de sa participation dans Activision Blizzard et a conclu un accord définitif avec Etisalat pour la cession de ses titres dans Maroc Telecom. Ces opérations lui permettent d'alléger sensiblement sa dette. Le groupe a décidé de se concentrer sur ses activités de médias et de contenus qui occupent des places de leader et bénéficient d'un marché du numérique en pleine croissance.

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Commentaires
a écrit le 26/02/2014 à 0:06 :
à force de donner des avantages particuliers à des opérateurs particuliers qui ne veulent ni investir ni recruter mais profiter des réseaux des autres, le régulateur est en train de tuer le filière, les opérateurs investisseurs sont mis à mal et les profiteurs profitent... sauf que quand il n'y aura plus d'investisseurs, la bulle des profiteurs va exploser !! car s'il y avait des marges comme le disent certains, alors il n'y aurait aucun problème
a écrit le 25/02/2014 à 20:07 :
Attention a ne CONFONDRE les vendeurs en agence que vous pouvez être amenés a rencontrer avec les employés(les bureaux, invisible)qui ont pu profiter du plan de départ volontaire et que vous ne verrez JAMAIS. Les 1" sont employés par des filiales(et non directement par l'opérateur), voire des franchises. Ils ne profiteront JAMAIS du plan de départ. Les effectifs des espaces SFR se sont vu réduits, pas la charge de travail. Allez a leur rencontre, aucune amertume pour la plupart, toujours a aller de l'avant. Il considèrent aussi après coup que l'arrivée de FREE a reboosté le marché.
a écrit le 25/02/2014 à 16:47 :
Et oui, l'époque de la vache à lait est bien fini pour les opérateurs, aux consommateurs d'en profiter à leur tour ! Vivendi, Bouygues, les groupes à l'origine totalement étrangers aux télécoms, mais qui voulaient profiter de cette manne avec des marges de 30 % dans un systême de copains et de coquins...Ça fait drôle de retomber en quelques mois de si haut !
a écrit le 25/02/2014 à 16:15 :
C'est la "faute" à Xavier Niel si SFR ne peut plus se gaver sur le dos de ses clients en exil chez Free mobile...
Réponse de le 26/02/2014 à 0:11 :
le milliardaire du minitel rose ne fait pas dans le social (il a même été mis en examen pour proxénétisme aggravé, info publique), il fait du dumping avec l'aide du régulateur qui oblige orange à lui donner quantités d'avantages particuliers sur ses propres investissements, à surfacturer les terminaisons d'appel, ce qui fait que le forfait à 19,9e de free est en fait subventionné à hauteur de 10e par sfr, orange, bouygues, donc merci qui ? licences moins chères...car ses tarifs ne permettent pas de financer les quelques 5 milliards à débourser tous les 5 ans..la bulle free n'existe que grâce aux aides discrètes en faisant croire que c'est la concurrence, sans les autres opérateurs free n'existe pas !!
a écrit le 25/02/2014 à 9:27 :
un bon moyen de redresser les comptes: licencier en masse les employés de sfr, qui sont surement responsables de l’échec de la stratégie mise en place par leur direction; employés responsables, comme dans l'automobile française, dans l'industrie en général et même dans le secteur publique. C'est bien connus: ceux qui paient les pots cassés sont les employés, que l'on accuse de tous les maux: pas assez formés, pas assez flexibles, trop fainéants, trop chers etc.Les décisionnaires empochent leurs dividendes malgré leurs gestions désastreuses. Prophétie facile: sfr sera vendu, et une partie du personnel sera licencié, surtout en europe. Ils seront remplacés par des ingénieurs indiens à 300 euros par mois et des commerciaux marocains à 250 euros par mois, performants, flexibles et sans charges sociales.
Qui perd? Nous tous, puisque nos impôts vont nourrir ces futurs chômeurs et leurs familles.
Réponse de le 25/02/2014 à 11:44 :
Les malheureux employés de SFR partent actuellement avec 2 ou 3 années de salaire et ils se battent pour prendre le plan de départ volontaire! Les centaines de millions qui sont donnés ainsi n'iront pas financer de nouveaux projets d'investissement. Merci à notre code du travail. Effectivement les perdants ce sont bien les contribuables au final, mais pas pour les raisons que vous pointez.
Réponse de le 25/02/2014 à 14:39 :
d'où tenez vous ces chiffres de 2 à 3 ans de salaire? Vous n'avez pas pu partir avec le PDV c'est ça qui vous permet de rejeter la faute sur les salariés? C'est pourtant bien la direction qui a permis ces départs , elle a donc budgeté le projet pour faire un signe aux actionnaires qui ramassent le fruit du travail des salariés qui vont se retrouver au chomage pour plus longtemps qu'ils ne le pensent malheureusement. Alors, oui, les perdants sont bien les contribuables mais pas non plus pour les raisons que vous pointez. Et quand on se bat pour partir d'une entreprise c'est qu'il y a des raisons, quand on est bien , on reste!

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