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5G de Huawei : la Chine appelle le Canada à ignorer les risques d'espionnage "inventés" par les Etats-Unis

latribune.fr

Publié le 08 décembre 2021 à 14:28 - Mis à jour le 08 décembre 2021 à 14:38

Les usa autorisent huawei a acheter des composants automobiles-sources

Huawei est l'un des quatre géants des télécoms, avec Nokia, Ericsson et ZTE, à souhaiter déployer la technologie 5G à grande échelle.

Kacper Pempel

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Après une crise diplomatique qui a fortement affecté les relations sino-canadiennes au cours des trois dernières années, Ottawa a posé les jalons pour la reprise de discussions, et notamment l'autorisation ou non de l'implantation de la 5G du géant chinois Huawei sur le réseau de télécoms canadien. L'ambassadeur chinois s'est exprimé hier en ce sens, enjoignant le Canada à ignorer les risques "inventés" par les Etats-Unis, qu'il a accusés d'être "la plus grande menace" en matière d'espionnage.

Lors d'une conférence virtuelle mardi, l'ambassadeur chinois au Canada Cong Peiwu a appelé le pays à ignorer les risques "inventés" par les Etats-Unis concernant la menace de Huawei à la sécurité nationale et à permettre au géant des télécoms chinois de participer au déploiement du réseau mobile 5G du pays.

L'ambassadeur Cong Peiwu a fait ces remarques lors d'une discussion qui s'est tenue mardi au Centre pour la gouvernance internationale, un groupe de réflexion indépendant, alors que le gouvernement canadien dirigé par le libéral Justin Trudeau, semble sur le point de décider si Huawei sera autorisé à participer au réseau mobile 5G de nouvelle génération, alimenté par l'intelligence artificielle.

Huawei déjà banni dans de nombreux pays occidentaux

Le Canada est l'unique membre de l'alliance de partage de renseignements dite Five Eyes - qui comprend les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Australie et la Nouvelle Zélande -, à ne pas avoir pour l'heure rendu de décision sur la question de l'intégration ou non de Huawei à son réseau 5G, malgré des années d'études réalisées et de nombreuses revues de sécurité publiées sur le sujet.

Les quatre autres pays ont tous interdit ou restreint l'implication de Huawei dans leur propres réseaux, évoquant des inquiétudes quant au fait qu'autoriser l'entrée du géant des télécoms chinois dans leurs réseaux de données améliorés pourrait les rendre plus vulnérables à l'espionnage chinois. Les Etats-Unis ont notamment invoqué des risques d'espionnage ou de sabotage, comme l'extinction d'une partie des réseaux mobiles occidentaux, ce que dément le géant chinois des télécoms.

A LIRE | Affaire Huawei : l'arrêt de la « diplomatie des otages » ne signe pas la fin des tensions sino-américaines

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En Europe, Huawei n'est désormais plus le bienvenu au Royaume-Uni, en Suède et en France. Plusieurs autres pays pourraient bientôt leur emboîter le pas. La France a même fait passer en 2019 une loi "anti-Huawei", par laquelle le gouvernement a décidé de bouter progressivement le géant chinois des équipements télécoms hors du pays. En théorie, deux opérateurs sont directement concernés par ce dispositif '"anti-Huawei", SFR et Bouygues Telecom, lesquels disposent d'antennes de téléphonie mobile chinoises sur environ la moitié de leurs réseaux 4G respectifs, et devront donc les retirer lors du passage à la 5G.

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Mais l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'informations (Anssi), qui dépend de Matignon, leur a toutefois permis d'utiliser des équipements Huawei, pour quelques années, dans certains territoires, en particulier des zones peu peuplées, à l'écart de certaines installations stratégiques, ou des lieux de pouvoir. Orange et Free, de leur côté, ont déposé des demandes d'équipements Huawei. Mais ils n'ont essuyé, pour leur part, que des refus. L'opérateur de Xavier Niel a d'ailleurs décidé de porter l'affaire devant la justice, jugeant cette situation inéquitable.

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La Chine fustige les attaques et accuse les Etats-Unis d'espionnage

L'ambassadeur chinois à Ottawa a fustigé, lors de la conférence virtuelle, les arguments avancés par les Etats-Unis et partagés par de nombreux pays occidentaux, déclarant qu'il n'y a "aucune preuve concrète" que Huawei constitue une menace à la sécurité nationale. Il a également qualifié les avertissements des Etats-Unis sur Huawei de "stratagème" destiné à nuire à Huawei et à d'autres entreprises chinoises. Cong Peiwu a en outre retourné l'accusation portée à Huawei aux Etats-Unis.

« Ce sont les Etats-Unis qui ont fait ce genre de choses (l'espionnage, ndlr) au cours des dernières décennies », a-t-il abondé, avant d'accuser les Etats-Unis d'être « la plus grande menace » en matière d'espionnage.

« Nous espérons donc que le Canada se fera son propre point de vue », a finalement conclu l'ambassadeur de Chine au Canada, mettant en garde Ottawa contre l'envoi d'un« mauvais signal aux entreprises chinoises ».

Contexte d'apaisement des relations diplomatiques sino-canadiennes

Selon la presse canadienne, le délai supplémentaire du gouvernement canadien concernant la décision d'autoriser ou non l'implantation de Huawei sur son réseau 5G s'explique en partie par des tensions diplomatiques fortes ces dernières années entre la Chine et le Canada, qui avaient contribué à geler les discussions.

Concrètement, la Chine avait jusqu'à très récemment emprisonné deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor. Une situation qui avait été perçue comme une mesure de représailles face à l'arrestation de la directrice générale de Huawei Meng Wanzhou au Canada, qui avait déclencher une véritable crise diplomatique.

Mais toujours selon les médias locaux, le gouvernement canadien pourrait se prononcer prochainement sur ce dossier télecoms à l'étude depuis plusieurs années. Les déclarations de l'ambassadeur de Chine au Canada mardi surviennent en effet alors que les relations entre Ottawa et Pékin viennent de revenir récemment à l'accalmie : Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, a pu regagner la Chine fin septembre après avoir été en liberté surveillée de près de trois ans au Canada, sur demande des Etats-Unis. Le même jour, les deux Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor, détenus en Chine depuis plus de 1000 jours, ont eux aussi été libérés.

Le ministre canadien de l'industrie François-Philippe Champagne a toutefois laissé entrevoir que le gouvernement pourrait rejeter Huawei comme fournisseur de 5G, lorsqu'il a informé l'agence La Presse Canadienne le mois dernier que le gouvernement souhaitait seulement traiter avec des "partenaires de confiance" dans le cadre de futurs projets d'intelligence artificielle.

Des entreprises privées canadiennes ont déjà exclu Huawei

Sans attendre la décision d'Ottawa, plusieurs grands groupes canadiens comme Bell, Rogers ou Telus, ont annoncé qu'ils se tournaient vers d'autres groupes que Huawei, notamment le finlandais Nokia ou le suédois Ericsson, pour le déploiement de leur réseau 5G.

Enfin, si le dossier Huawei a occupé une place prépondérante lors des échanges sur la relation sino-canadienne, l'ambassadeur chinois au Canada a également évoqué la question sensible de Taiwan, rappelant que Pékin, qui s'oppose à ce que Taipei ait des échanges officiels avec d'autres pays, s'attendait à ce qu'Ottawa continue de respecter le principe d'une seule Chine.

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Il a en outre blâmé les Etats-Unis pour leur boycott planifié des jeux olympiques d'hiver qui se tiendront à Pékin en février prochain, au nom de la défense des droits de l'homme, alors que la Chine est accusée de parquer dans des camps et de réduire en esclavage la minorité ouïghoure dans la province du XinJiang.

latribune.fr

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