Accès au très haut débit : la Bretagne est la région de métropole « la moins avancée »
Pascale Paoli Lebailly
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En 2021, la Chambre régionale des comptes avait pointé la curieuse stratégie d'aménagement du territoire de la Région Bretagne au travers du projet Bretagne THD. Un nouveau rapport redemande de renégocier le contrat, trop favorable à Orange, et...
Porté par Mégalis Bretagne, le projet Bretagne Très Haut Débit vise une couverture fibre d’ici fin 2026. Mais la région reste la moins avancée de métropole, alerte la Chambre régionale des comptes, qui appelle à revoir son modèle économique et à anticiper les aléas climatiques.
En février 2024, la Région Bretagne célébrait l'accélération du déploiement de la fibre, se réjouissant de passer le cap des 500.000 foyers et entreprises raccordables.
Une étape cruciale, mais pas spectaculaire, qui en dit long sur les attentes du territoire. Les collectivités régionales, départementales et intercommunales bretonnes co-financent en effet, via le syndicat mixte Mégalis Bretagne comme maître d'ouvrage, un unique réseau public de fibre optique devant assurer la desserte des 60% de la population et 90% du territoire non raccordés aux réseaux urbains détenus par les opérateurs privés (100% au total).
Baptisé Bretagne Très Haut Débit (BTHD), le réseau breton sera l'un des principaux réseaux d'initiative publique (RIP) de France. Propriété de Mégalis Bretagne, son exploitation a été déléguée à l'opérateur privé Orange, via la filiale Bretagne THD, pour une durée de 20 ans.
L'objectif de ce chantier accéléré de deux milliards d'euros (1.342 euros par prise) est de connecter toute la région, soit 1,5 million de locaux d'habitation ou d'activité, au très haut débit, au plus tôt fin 2026. Les délais semblent être tenus.
Mais, pour l'heure, en dépit d'une « accélération récente et massive » du déploiement, « la Bretagne est à ce jour la région de métropole la moins avancée en matière d'accès au très haut débit », pointe la Chambre régionale des comptes Bretagne, dans un rapport d'observations publié le 30 avril. Le retard pris dans le déploiement ne permettra pas au projet breton de respecter l'objectif national.
Selon la CRC Bretagne, les données disponibles début 2025 faisaient état d'un « déploiement du RIP breton moins avancé que celui des autres réseaux publics de métropole (57 %, contre 84 %) ». La Chambre régionale confirme que le réseau « pourrait être entièrement déployé fin 2026, sous réserve de la mise à jour de l'échéancier final assigné aux prestataires sur la totalité du périmètre de locaux à raccorder ».
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