Amazon songe à devenir opérateur mobile aux Etats-Unis

 |   |  573  mots
Aujourd’hui, selon les analystes, Boost compte entre 7 et 8 millions de clients, et est valorisé autour de 4,5 milliards de dollars.
Aujourd’hui, selon les analystes, Boost compte entre 7 et 8 millions de clients, et est valorisé autour de 4,5 milliards de dollars. (Crédits : Pascal Rossignol)
Le géant de la distribution en ligne réfléchit à racheter Boost Mobile, un opérateur de services mobiles prépayés, à Sprint.

Après Google et Facebook, un autre géant américain du Net lorgne le marché des télécoms aux Etats-Unis. Selon l'agence Reuters, Amazon songe à racheter Boost Mobile, un opérateur de services mobiles prépayés, qui appartient à Sprint. Ce dernier s'est en effet engagé à céder cette filiale dans le cadre de sa fusion à 26 milliards de dollars avec son rival T-Mobile, laquelle doit encore recevoir l'aval des autorités américaines. Aujourd'hui, selon les analystes, Boost compte entre 7 et 8 millions de clients, et est valorisé autour de 4,5 milliards de dollars.

Avec le rachat de cet opérateur, Amazon pourrait accéder au précieux réseau d'une éventuelle nouvelle entité T-Mobile-Sprint pendant au moins six ans. En outre, le groupe de Jeff Bezos serait aussi intéressé par toute une gamme de fréquences qui pourrait être cédée. Pour Sprint, cette cession apparaît comme un mal nécessaire pour décrocher le feu vert des autorités américaines en vue de sa fusion avec T-Mobile. De fait, les deux cadors du mobile se sont engagés à réduire leur part de marché dans les services mobiles prépayés, afin que la concurrence sur ce segment soit préservée.

Le patron de la FCC favorable à un deal

Pour rappel, Sprint et T-Mobile ont plusieurs fois tentés, ces dernières années, de fusionner pour faire éclore un nouveau géant capable de rivaliser avec leurs rivaux AT&T et Verizon. Mais ils n'ont jamais, jusqu'alors, réussi à décrocher l'aval des autorités. Mais cette fois, ils semblent bien parti pour y arriver. Le 20 mai dernier, Ajit Pai, le patron de la FCC, le régulateur américain des télécoms, s'est dit favorable à un tel deal.

« A la lumière » des engagements pris par T-Mobile et Sprint et des éléments dont nous disposons à ce jour, je pense que cette opération est dans l'intérêt du public, et je compte recommander à mes collègues une approbation de la FCC », a-t-il affirmé.

Large déploiement de la 5G

Sprint et T-Mobile se sont notamment engagé à un très large et rapide déploiement de la 5G, la prochaine génération de communication mobile, au pays de l'Oncle Sam. Or cette technologie apparaît particulièrement stratégique aux yeux de Washington, qui y voit un des principaux catalyseurs économiques du pays dans les années à venir. Donald Trump ne veut surtout pas se faire doubler dans ce domaine par la Chine. En témoigne ses attaques à l'égard de Huawei, le géant chinois des équipements télécoms et leader dans la 5G, à qui il vient de fermer le robinet des technologies américaines.

Outre l'approbation de la FCC, Sprint et T-Mobile devront également décrocher l'aval du ministère américain de la Justice. Même si, d'après l'AFP, un représentant de la FCC s'est montré plutôt optimiste concernant un feu vert rapide du gouvernement américain. Reste que selon Bloomberg, le département de la Justice ne serait pas favorable à une réduction du nombre d'opérateur mobiles aux Etats-Unis. Sous ce prisme, une arrivée d'Amazon permettrait de conserver un jeu à quatre acteurs sur le marché.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 01/06/2019 à 9:46 :
Ca doit pas être simple pour des petits pays de passer un contrat égal avec ce mastodonte financier.
a écrit le 31/05/2019 à 17:33 :
A vouloir tout faire, on fait tout moyennement bien et dans le monde des affaires, il n'y a pas de place pour le moyen. A suivre dans dix ans.
Réponse de le 01/06/2019 à 9:48 :
"dans le monde des affaires, il n'y a pas de place pour le moyen"

LOL

Vous avez de la chance que je n'ai pas le droit de citer toutes les brêles que le monde des affaires comporte hein, parce que c'est la majorité mon gars hein... :-)

Du coup ils ont bien raison et comme le dit Nietzsche, que l'on prenne le temps de bien choisir ses partenaires ou bien qu'on les force ne change pas grand chose au résultat en général, deux stratégies différentes tout simplement.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :