Huawei au cœur d’une nouvelle guerre froide technologique
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Donald Trump et Xi Jinping
Reuters
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À l'ouest, les États-Unis défendent un Internet ouvert, accessible à tous, où chacun est libre d'innover, de s'exprimer librement. Le modèle américain repose sur ses fameux Gafa (Google, Amazon, Facebook et Apple). Au fil des années, ils sont devenus des mastodontes grâce à des services et applications plébiscités à travers le globe. L'Europe, qui n'a pas de géants du Net, s'est fait coloniser et a mué en grand utilisateur des Google, Youtube, Facebook et autres Netflix. À l'est, la Chine défend une tout autre vision d'Internet. Depuis 2008 et les Jeux olympiques de Pékin, l'empire du Milieu a choisi une autre voie : Pékin veut garder la main sur la Toile, tout contrôler, cadenasser, et avoir un œil sur ce qui s'y dit comme sur ce qui s'y fait.
En Chine, les services phares des Gafa y sont souvent bloqués, censurés ou interdits. Ils sont remplacés par ceux des géants du Net locaux : les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi). Lesquels ont connu un essor et un succès fulgurants dans le pays grâce à l'immensité du marché chinois. L'usine du monde est désor- mais en pointe dans le numérique. Elle ne se contente plus de copier les technologies occidentales, elle développe les siennes. Pékin dispose de champions dans les services Internet, certes, mais aussi dans les tuyaux (via les équipementiers télécoms Huawei et ZTE) comme dans les smartphones (avec encore Huawei, Xiaomi ou Oppo). Aujourd'hui, après avoir érigé une « muraille de Chine numérique » pour éviter toute colonisation américaine, l'empire du Milieu veut partir à la conquête du monde.
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L'objectif étant d'asseoir, à travers une domination technologique, son leadership économique. C'est toute l'ambition de son programme « Made in China 2025 », qui vise à faire du pays une référence mondiale en matière d'innovation et de nouvelles technologies. Avant de commercialiser massivement ses biens et services grâce à ses « nouvelles routes de la soie ». Un projet pharaonique, qui vise à ouvrir de nouvelles voies terrestres, maritimes et numériques (via des routes, des ports, des voies ferrées et des câbles de télécommunications) pour écouler ses produits en Europe et en Afrique.