British Telecom : Altice vend sa part à l'indien Bharti Airtel pour 3 milliards de livres
latribune.fr
Le groupe indien Barthi Airtel a indiqué, ce lundi, racheter la part que possède Altice UK dans l'opérateur British Telecom. (photo d'illustration)
Philippe Wojazer
British Telecom : Altice vend sa part à l'indien Bharti Airtel pour 3 milliards de livres
Très endetté, le groupe Altice, propriété de Patrick Drahi, vend la part de 24,5% qu'il possède dans British Telecom au groupe Bharti Airtel. C'est l'entreprise indienne qui a annoncé son achat, ce lundi, par communiqué.
C'est un achat conséquent. Le groupe de télécoms indien, Barthi Airtel, va apporter plusieurs milliards de livres de cash à Altice UK en rachetant la part de 24,5% qu'il détient dans British Telecom (BT). La transaction s'élève à 3 milliards de livres (environ 3,5 milliards d'euros), d'après le cours de l'action de BT, qui bondissait de 6,7% à 139,20 pence à la Bourse de Londres, ce lundi, vers 11h45 (heure de Paris).
« Bharti Televentures UK a passé un accord ferme avec Altice UK pour acquérir environ 9,99% du capital flottant de BT immédiatement, et le reste, à savoir 14,51% du capital de BT, sera acquis une fois obtenus tous les feux verts réglementaires », détaille Bharti dans son communiqué.
Le groupe indien dit présenter cette transaction aux autorités britanniques de sécurité nationale dans les investissements (« UK National Security and Investment Act clearance »).
Susanah Streeter, analyste de Hargreaves Lansdown, souligne que le rachat de la part d'Altice par Bharti devrait« doper la confiance » des investisseurs dans BT, montrant que le conglomérat indien voit « clairement de la valeur encore non-matérialisée dans le groupe » et notamment « un grand potentiel dans Openreac », la société qui gère le réseau de BT et notamment le déploiement de la fibre optique.
Le milliardaire mexicain, Carlos Slim, avait de son côté dévoilé en juin une prise de participation de 3% dans BT.
Barthi ne veut pas racheter la totalité de BT
Bharti affirme n'avoir « aucune intention de faire une offre sur la totalité de l'entreprise », selon le communiqué. « Bharti soutient l'équipe dirigeante de BT et sa stratégie pendant que la société accélère son plan de transformation ambitieux pour générer de la croissance durable et de long terme », commente l'entreprise dans son communiqué, avec notamment le projet de déploiement de la fibre optique et de la technologie 5G.
Cet investissement s'appuie sur « un historique d'investissements de long terme au Royaume-Uni » et « une familiarité avec BT, qui a été un actionnaire minoritaire de Bharti significatif entre 1997 et 2001 ».
Patrick Drahi avait inquiété les Britanniques
En mai 2023, le milliardaire français Patrick Drahi, propriétaire d'Altice, avait indiqué augmenter sa participation de 18% à près de 25% dans BT, dont il était déjà premier actionnaire, mais assurait ne pas compter lancer d'offre publique d'achat (OPA).
La montée au capital de BT de Patrick Drahi, devenu son premier actionnaire en juin 2021 avec 12,1% du capital, avant d'augmenter peu après sa participation à 18%, avait inquiété la classe politique britannique, sur fond de spéculations sur une possible OPA.
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Londres avait indiqué l'an dernier étudier l'impact pour la sécurité nationale de cette prise de participation dans l'opérateur, mais le gouvernement avait finalement décidé de ne pas s'y opposer. BT, qui avait déjà commencé à réduire ses coûts dans un contexte économique difficile, a annoncé en mai qu'il allait supprimer jusqu'à 55.000 emplois d'ici 2030.
Altice, dont les résultats étaient en recul au premier trimestre, est actuellement sous pression de la part de ses créanciers pour réduire son énorme dette. Toujours pour se désendetter, le groupe a déjà cédé début août sa filiale Teads, spécialisée dans la publicité en ligne, à la société israélienne Outbrain, pour un montant d'un milliard de dollars.
Altice France s'est séparée récemment de sa branche médias (BFMTV, RMC...), vendue au groupe CMA CGM (propriétaire de La Tribune, ndlr) du milliardaire Rodolphe Saadé pour 1,55 milliard d'euros, après avoir annoncé en novembre la cession de ses centres de données (« data centers ») à la banque Morgan Stanley, une transaction qui devait lui rapporter 530 millions d'euros.
En parallèle de ses difficultés financières, Altice est aussi ébranlée par un scandale de corruption, qui implique notamment Armando Pereira, dirigeant de la filiale portugaise et cofondateur du groupe.
Sur les trois premiers mois de l'année, l'opérateur SFR, qui a publié ses résultats a de nouveau perdu des abonnés. Ce sont pas moins de 487.000 abonnés mobiles qui ont quitté l'opérateur au carré rouge. SFR est passé d'ailleurs sous la barre symbolique des 20 millions de fidèles. Dans l'Internet fixe, ce sont 77.000 clients qui ont plié bagage.
De quoi chagriner, sans nul doute, Patrick Drahi. Celui-là même qui déclarait en 2016, lors d'une audition au Sénat, qu'un « client qui [le] quitte, ça [lui] fait mal au cœur, et plus qu'au cœur, au portefeuille ». Et le portefeuille, précisément, accuse le coup. Au premier trimestre, les ventes d'Altice France ont baissé de 3,8% sur un an, à 2,56 milliards d'euros, alors que son bénéfice opérationnel (Ebitda) chute de pas moins de 6,5%, à 782 millions d'euros. Pour rappel, Altice France est assis sur une dette colossale de 24,6 milliards d'euros.