Comment l'affaire Huawei pourrait remodeler l'avenir du numérique

Guillaume Renouard, à San Francisco
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Huawei
Jorge Silva/Reuters

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La tension ne cesse de grimper entre le gouvernement américain et le géant chinois des télécommunications Huawei. La querelle a démarré en décembre dernier, lorsque le département de la justice américain a accusé l'entreprise d'avoir dérobé des secrets technologiques à l'opérateur T-Mobile, et violé l'embargo imposé par les États-Unis contre l'Iran. Accusations qui ont mené à l'arrestation de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei et fille du fondateur, au Canada. L'affaire s'est considérablement envenimée au cours du mois de mai, prenant désormais les allures d'une crise majeure dans le monde des nouvelles technologies. L'administration Trump a d'abord placé Huawei sur une liste rouge d'entreprises soumises à des restrictions en matière commerciale.
Google a emboîté le pas au gouvernement américain, coupant l'accès de Huawei à Android sur ses nouveaux téléphones, ce qui signifie que les consommateurs ne pourront utiliser ni Gmail, ni Google Maps, ni YouTube sur ces appareils. Plusieurs fabricants de puces électroniques, dont les américains Qualcomm, Intel et Broadcom, ainsi que le britannique ARM, ont également annoncé qu'ils ne vendraient plus de composants à Huawei. Le constructeur chinois a aussi été exclu de la Wi-Fi Alliance, une organisation à but non lucratif basée aux États-Unis, qui délivre des certifications pour cette technologie.
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L'entreprise japonaise Softbank a de son côté annoncé qu'elle travaillerait avec Nokia et Ericsson pour construire ses équipements 5G, écartant Huawei qui devait auparavant faire partie de ses partenaires. Le gouvernement chinois envisage désormais de riposter, des rumeurs évoquant notamment des sanctions contre Apple, bien que le CEO de Huawei s'y soit publiquement opposé. Si l'affaire a d'abord pris la forme de mesures du gouvernement américain à l'encontre de Huawei, elle implique donc désormais plusieurs entreprises des nouvelles technologies, prises dans un feu croisé entre les intérêts américains et chinois.
Guillaume Renouard, à San Francisco