Internet : un nouveau câble sous-marin pour relier les Etats du Golfe
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Au total, dans le monde, plus de 430 câbles sous-marins sont en service, selon le centre de recherche Telegeography.
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Au total, dans le monde, plus de 430 câbles sous-marins sont en service, selon le centre de recherche Telegeography.
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Opération financière significative dans un secteur technologique dynamique. L'opérateur télécoms qatari Ooredoo va déployer un câble sous-marin « stratégique » reliant les États arabes du Golfe, et permettant d'accroître le transfert de données via internet entre l'Europe et l'Asie, a déclaré son PDG à l'AFP, avant une annonce prévue ce jeudi.
Aziz Aluthman Fakhroo, le PDG d'Ooredoo, n'a pas révélé le coût du projet mais a indiqué que l'entreprise prévoyait « d'investir près d'un demi-milliard de dollars au cours des prochaines années, que ce soit pour des infrastructures terrestres ou sous-marines ». Ce câble « stratégique » offrira « la plus faible latence et la plus grande capacité de transmission de la région », dit-il. S'étendant sur près de 2 000 kilomètres, il devrait être opérationnel d'ici fin 2027.
Le projet Fibre in the Gulf (FIG) d'Ooredoo, en partenariat avec l'entreprise française Alcatel Submarine Networks (ASN), reliera sept pays de la région : Qatar, Oman, Émirats arabes unis, Bahreïn, Arabie saoudite, Koweït et Irak. Ce qui permettra au groupe qatari de répondre à la demande croissante en Europe et en Asie, en plein essor de l'intelligence artificielle, gourmande en données.
Le câble sous-marin sera posé dans un couloir reliant la région à l'Inde et Singapour et ouvrirait la voie à un câble terrestre passant par l'Irak et la Turquie jusqu'à l'Europe, contournant ainsi la mer Rouge et le canal de Suez.
La majorité des câbles par lesquels transite le trafic internet mondial suivait jusqu'ici la route maritime de la mer Rouge, mais leur sécurité suscite de plus en plus d'inquiétudes depuis que les rebelles houthis du Yémen ont commencé à attaquer les navires marchands il y a plus d'un an.
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« Ce que les gens oublient ou ne réalisent pas, c'est que près de 30 % de la connectivité mondiale passe par cette région », rappelle aussi le dirigeant à l'AFP. « Quatre-vingt-dix pour cent du trafic entre l'Asie et l'Europe transitent par cette zone. Aujourd'hui, on observe d'importants goulots d'étranglement en mer Rouge et dans le golfe d'Aden ».
Pour renforcer la sécurité, le nouveau câble « sera enterré » sous les fonds marins, a précisé le patron d'Ooredoo. « Il s'agira du seul câble de la région, et l'un des premiers de ce type, à être enfoui à plus d'un mètre et demi sous les fonds marins, ce qui lui conférera une sécurité et une résilience extrêmes », a-t-il ajouté.
« Sur nos marchés et ceux environnants, lorsqu'une fibre est coupée, la qualité de la connectivité se détériore, car les données doivent emprunter des itinéraires alternatifs déjà saturés », a-t-il précisé. « Ce nouveau couloir, plus rapide et plus sécurisé, garantira une transmission des données plus fiable et plus performante ».
ASN, leader dans la fabrication et l'installation de câbles sous-marins, est majoritairement détenu par l'État français, depuis que l'Agence des participations de l'État a acquis 80 % de son capital fin décembre auprès du groupe finlandais Nokia.
Pour le PDG d'ASN, Alain Biston, le projet de câble est une « initiative révolutionnaire qui marquera un tournant dans la connectivité régionale du Conseil de coopération du Golfe ». Et d'ajouter : « Cette infrastructure de pointe offrira une capacité et une connectivité exceptionnelles, soutenant les ambitions de transformation numérique de la région et établissant celle-ci comme un hub central des échanges de données à l'échelle mondiale. »
Téléphonie, internet, envoie de mails, achat sur internet... Au total, dans le monde, plus de 430 câbles de ce type sont en service, d'après les données du centre de recherche Telegeography. Une gigantesque toile qui permet d'assurer 99 % des communications entre les continents.
La pose et l'exploitation des câbles sous-marins, par lesquels transite la quasi-totalité du trafic internet mondial, ont longtemps été l'apanage de grands opérateurs télécoms réunis en consortiums. Mais les géants d'internet - Google, Facebook, Microsoft - en deviennent aussi les nouveaux bâtisseurs.
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La plupart des grandes économies du monde cherchent à prendre une place plus importante sur le marché des câbles sous-marins. « Depuis le Covid, les États se sont réveillés sur l'importance des câbles par rapport à la souveraineté numérique. Ils réinvestissent dans le secteur », pointait à La Tribune, en octobre dernier, un expert qui souhaitait rester anonyme. Tout particulièrement la Chine, avec son projet des « Nouvelles routes de la soie numérique ». Elle développe en ce moment le projet « PEACE », le câble reliant l'Asie à l'Europe en passant par l'Afrique.
(Avec AFP)
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