La crise sanitaire envoie de mauvaises ondes sur la 5G
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Les encheres francaises pour les frequences 5g decalees
Rafael Marchante
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Les encheres francaises pour les frequences 5g decalees
Rafael Marchante
L'épidémie de Covid-19 a semé la zizanie. Avant la crise, l'arrivée de la 5G en France était toute tracée. Les fréquences dédiées à cette nouvelle technologie de communication mobile devaient être attribuées aux opérateurs au printemps. Dans la foulée, Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free devaient en débuter le déploiement et lancer de premières offres dans au moins deux villes d'ici à la fin de l'année. Mais la crise sanitaire a tout chamboulé. Les enchères pour les fréquences 5G, prévues fin avril, n'ont pas pu se dérouler comme prévu. Surtout, des questionnements concernant l'utilité de la 5G, sa dangerosité pour la santé et son impact sur l'environnement, ont surgi.
De fait, à quoi bon se presser à déployer, à coups de milliards d'euros, cette technologie alors que dans les campagnes, de nombreux bourgs et villages ne disposent toujours pas de téléphonie mobile ? Ce problème des inégalités d'accès au numérique n'est pas nouveau. Mais il est devenu ultrasensible pendant le confinement. Contrairement aux habitants des villes, beaucoup de foyers ruraux ne pouvaient ni travailler à distance, ni accéder aux téléconsultations médicales, ni télécharger des cours pour les enfants ou faire leurs courses en ligne. En parallèle, la 5G a été accusée de tous les maux. En Grande-Bretagne, des complotistes ont brûlé des pylônes de téléphonie, accusées de propager le virus. En France, des antennes ont aussi été détruites. Le tout sur fond d'inquiétudes de certaines associations, comme Agir pour l'environnement et Priartem, qui redoutent les effets de la 5G sur la santé et l'environnement.
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Dans ce contexte, certains opérateurs ont appelé le gouvernement et l'Arcep, le régulateur des télécoms, à revoir le calendrier d'arrivée de la 5G. À la différence d'Orange et de Free, qui souhaitent lancer la 5G sans traîner, SFR et surtout Bouygues Telecom ont demandé un report des enchères de fréquences. Ce dernier souhaitait repousser l'attribution fin 2020, voire début 2021. Le 22 mai, Martin Bouygues, le PDG de Bouygues Telecom, dont les sorties dans la presse sont rares, s'est fendu d'une tribune dans Le Figaro. À l'en croire, reporter les enchères de quelques mois permettrait au secteur d'accélérer la couverture des zones blanches, où le mobile ne passe pas. Quelques jours plus tard, Richard Viel, le directeur général de Bouygues Telecom, suggérait qu'un tel programme pourrait être financé via une ristourne sur les fréquences 5G.