5G : les opérateurs ont reçu des autorisations d’équipements, y compris pour Huawei

Orange, Bouygues Telecom et SFR ont reçu de premiers agréments de Matignon et de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi). Ils concernent tous les équipementiers, à savoir Ericsson, Nokia et Huawei.
Pierre Manière

3 mn

Ces autorisations valident le scénario d’une très forte restriction, voire d’une mise à l’écart progressive, de Huawei des réseaux mobiles français.
Ces autorisations valident le scénario d’une très forte restriction, voire d’une mise à l’écart progressive, de Huawei des réseaux mobiles français. (Crédits : Dado Ruvic)

Le gouvernement a envoyé ses premières réponses. Ces derniers jours, les opérateurs ont reçu des autorisations de déploiement d'équipements 5G pour certaines villes. Depuis l'an dernier et l'arrivée d'une nouvelle loi sur la sécurisation des réseaux mobiles, Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free doivent impérativement décrocher l'aval de Matignon et de l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information (Anssi) pour installer de nouvelles antennes 5G. Selon nos informations, Orange a reçu le feu vert de l'exécutif pour des équipements Nokia et Ericsson, mais pas pour Huawei. Bouygues Telecom a, pour sa part, reçu des autorisations pour tous les équipementiers, y compris pour Huawei.

SFR a aussi reçu des autorisations. Mais on ignore si celles-ci concernent tous les équipementiers. Interrogés par La Tribune, Orange, Bouygues Telecom et SFR se refusent à tout commentaire. Il serait logique et vraisemblable que Free ait également reçu des réponses positives. Interrogé par La Tribune, l'opérateur n'a pas encore répondu à nos sollicitations.

Un traitement différent selon les opérateurs

Ces autorisations valident le scénario d'une très forte restriction, voire d'une mise à l'écart progressive, de Huawei des réseaux mobiles français. Le fait qu'Orange n'ait reçu aucune réponse pour ses premières demandes d'équipements concernant le groupe chinois équivaut à un refus. Celui-ci était attendu. Dans un entretien aux Echos, la semaine dernière, Guillaume Poupard, le DG de l'Anssi, n'en faisait pas mystère. Il a déclaré que « les opérateurs qui n'utilisent pas Huawei » - c'est-à-dire Orange et Free -, « nous les incitons à ne pas y aller ». Il est ainsi probable que Free a dû, lui aussi, essuyer des refus pour ses demandes concernant le groupe de Shenzhen.

Pour Bouygues Telecom et SFR, qui utilisent déjà Huawei sur la moitié de leurs réseaux, le traitement est différent. Guillaume Poupard a précisé que ces deux opérateurs ne bénéficieraient, au mieux, que d'autorisations limitées, dont la durée varierait entre trois et huit ans. C'est bien le cas chez Bouygues Telecom. Et il est, là encore, probable qu'il en soit de même chez SFR.

Les « approximations juridiques » de Poupard

Comment les opérateurs vont-ils réagir à ces premières autorisations et refus ? Il est sans doute trop tôt pour le dire. « A ce stade, nous étudions les retours de l'Anssi », commente un cadre d'un opérateur. SFR et Bouygues Telecom ont déjà prévenu qu'ils demanderaient des compensations à l'Etat en cas d'interdiction de Huawei, laquelle les obligeraient à démanteler progressivement leurs infrastructures actuelles du groupe chinois.

En parallèle, les opérateurs pourraient aussi s'attaquer au processus d'agrément lui-même. Avocat au barreau de Paris et associé au bureau parisien de Foley Hoag, Frédéric Scanvic juge, dans une tribune publiée dimanche dernier dans nos colonnes, que ce dispositif pourrait être fragilisé au regard des « approximations juridiques » de Guillaume Poupard aux Echos. Le DG de l'Anssi a notamment souligné que les autorisations d'équipements étaient délivrées selon un critère déterminant : celui de la souveraineté. « Mais ni le mot, ni a fortiori sa définition, ne figurent dans la loi qui traite des intérêts de la défense et de la sécurité nationale et des risques pour 'la permanence, l'intégrité, la sécurité, la disponibilité du réseau, ou pour la confidentialité des messages' », relève Frédéric Scanvic. La balle est, désormais, dans le camp des opérateurs.

Pierre Manière

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Commentaires 8
à écrit le 22/07/2020 à 11:44
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Huawei s'est en partie construite à partir du transfert de technologie massif fait par Alcatel dans les années 90 et 2000. Les Européens, dont les Français, se sont fait avoir sur toute la ligne.

à écrit le 20/07/2020 à 0:29
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Je regarde actuellement sur France 5 le transfert français sur les laboratoires P4 susceptibles de générer des armes bactériologiques, édifiant ... alors que les USA l'avait refusé ... La Chine n'est pas fiable, les européens ont été bernés ... Ils o...

à écrit le 19/07/2020 à 16:33
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On pouvait pas espéré mieux, Huawei est non seulement moins cher mais compte sur une incontestable avance technologique et refuser comme l'ont fait les british à Huawei l'autorisation d'utiliser leurs matériels seraient une grave erreur et puis à cho...

à écrit le 19/07/2020 à 16:31
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Souveraineté ! Beaucoup de blabla mais peu d'actes. C'est intolérable. Les Anglais eux ont décrété NON A HUAWEI.

le 21/07/2020 à 10:52
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Souveraineté cirer les pompes des USA sans aucunes preuves contre huawei alors que la CIA espionne tous le monde via les gaffa ? Au contraire une vraie preuve de souveraineté de macron

à écrit le 19/07/2020 à 10:14
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boycott des opérateurs utilisant Huawei....

à écrit le 19/07/2020 à 10:04
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On les exclue tout en ne les excluant tout de suite en permettant à SFR et Bouygues un moratoire de plusieurs années pour le changement d’équipement avec du « matos » Européen. Bien joué.

à écrit le 18/07/2020 à 21:35
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Non à Huawei. Oui à Ericsson et Nokia.

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