Le gouvernement français a très discrètement autorisé Bouygues Telecom et SFR à continuer à utiliser certaines antennes de l’équipementier chinois jusqu’en 2031, au lieu de 2028 comme prévu. Le gouvernement chinois s’en est officiellement félicité fin juillet.La France a-t-elle changé son fusil d'épaule concernant l'avenir de Huawei dans l'Hexagone ? Peut-être. Alors que les antennes 5G de l'équipementier chinois sont censées être progressivement interdites dans les réseaux mobiles, le gouvernement a décidé de prolonger leur durée d'utilisation dans certaines villes, selon nos informations, confirmant celles de L'Informé. Pour rappel, en 2019, la France a adopté une nouvelle loi visant à « préserver les intérêts de la défense et de la sécurité nationale » concernant « l'exploitation des réseaux radioélectriques mobiles ». Rapidement baptisé « loi Huawei » par la presse, ce texte avait un objectif : écarter Huawei des réseaux 5G du pays, sur fond d'inquiétudes d'espionnage ou de coupure volontaire des réseaux par Pékin. L'idée était alors d'organiser le démantèlement progressif des antennes chinoises de SFR et Bouygues Telecom, sachant qu'Orange et Free ne disposent pas, de leur côté, de tels équipements.
Pour ce faire, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) et Matignon ont délivré des autorisations limitées à SFR et Bouygues Telecom pour leurs demandes d'installation d'antennes 5G Huawei. Certaines courent jusqu'en 2023, d'autres jusqu'en 2025, et les plus longues jusqu'en 2028. A l'époque, cette solution a été privilégiée afin d'éviter que Bouygues Telecom et SFR se retrouvent à devoir remplacer, immédiatement et à grands frais, tout leur parc d'antennes chinoises, au risque, en outre, de retarder le déploiement de la 5G dans le pays.
La Chine salue la décision française
Mais le gouvernement a, semble-t-il, fait quelque peu machine arrière. Dans certaines villes, les autorisations qui couraient jusqu'en 2028 ont été prolongées de trois ans, jusqu'en 2031, affirment des sources proches du dossier. A La Tribune, l'une d'elles explique notamment que cet été, une demande de « release » (mise à jour logicielle) des antennes 5G Huawei pour l'année 2023 - laquelle nécessite également un feu vert de l'Anssi et de Matignon - a été autorisée jusqu'en 2031 pour les antennes du parc « 2028 ».