Les grandes manœuvres se poursuivent pour Orange en Espagne. Après s'être marié, en début d'année, avec son rival MasMovil pour fonder MasOrange, ce nouveau géant des télécoms de l'autre côté des Pyrénées vient de conclure un accord avec Vodafone Spain. Tous deux ont annoncé, ce mercredi, entrer en discussions exclusives pour créer une « FiberCo ». C'est-à-dire une société détenue conjointement et qui accueillera une partie de leurs réseaux Internet fixes respectifs.
Il s'agit, en clair, d'une manœuvre destinée à mutualiser les infrastructures, tout en dégageant des marges financières supplémentaires pour investir ou faire remonter du cash. De fait, MasOrange disposera de 50% du capital de cette « FiberCo », contre 10% pour Vodafone Spain, qui est aujourd'hui la propriété du fonds britannique Zegona Communications. Le capital sera ouvert, à hauteur de 40%, à un « partenaire financier ». Interrogé à ce sujet, Christel Heydemann, la patronne d'Orange, précise qu'il s'agira d'un fonds d'infrastructures. À terme, MasOrange et Vodafone Spain deviendraient des locataires de long terme de cette « FiberCo ».
Cette structure disposera d'une importante empreinte à l'échelle du pays. Elle couvrira, d'après Orange et Zegona, pas moins de 11,5 millions de locaux, pour environ 4 millions de clients. Les avantages sont, au regard des deux acteurs, multiples. En premier lieu, Vodafone Spain dispose d'un important réseau câblé, tandis que celui de MasOrange repose très majoritairement sur la fibre optique. L'objectif est ainsi de migrer, quand c'est possible, les clients au câble de Vodafone sur l'infrastructure fibre d'Orange, plus performante en termes de débits.