SFR : la justice fustige la mise en place « déloyale » du plan social
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Patrick Drahi, le chef de file et fondateur d'Altice (SFR).
Philippe Wojazer
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Patrick Drahi, le chef de file et fondateur d'Altice (SFR).
Philippe Wojazer
Pour la direction d'Altice, c'est un camouflet. Le tribunal judiciaire de Paris a rendu son jugement, ce mardi, concernant le nouveau plan social de 1.700 personnes, soit un salarié sur cinq, chez SFR. L'institution ne mâche pas ses mots. Elle estime que la mise en place des coupes d'effectifs a été réalisée de manière « déloyale », comme les syndicats le dénoncent depuis des mois. L'opérateur au carré rouge, propriété du milliardaire Patrick Drahi, est condamné à payer 10.000 euros de dommages et intérêts à la CFDT, à la CFTC, à l'Unsa et au Comité social et économique (CSE) central de l'unité économique et sociale de SFR. Le groupe de Patrick Drahi devra, également, leur reverser 4.000 euros au titre des frais de procédure.
Le tribunal a ainsi donné raison aux syndicats. Ceux-ci accusaient la direction de SFR de les avoir roulé dans la farine. Selon eux, les dirigeants du groupe se sont préparés dès 2020 à tailler dans les effectifs, alors qu'un accord, baptisé « New Deal » et visant à maintenir l'emploi, courrait jusqu'au 31 décembre cette même année. « Le projet de réorganisation était déjà en germe », souligne le jugement, auquel La Tribune a eu accès.
À lire également
A l'automne 2020, SFR a en effet arrêté ses orientations stratégiques pour les trois prochaines années. Celles-ci n'avaient rien d'alarmant sur le plan économique et social. Mais en février 2021, et alors que l'accord « New deal » était arrivé à échéance, la direction de l'opérateur a brusquement changé son fusil d'épaule. Dans une lettre aux syndicat, mi-février, elle argue que « la crise sanitaire a causé un bouleversement sans précédent ». Elle ajoute que « l'intensité concurrentielle croissante » sur le marché des télécoms, ou encore « l'interdiction d'(utiliser des antennes) Huawei (pour déployer la 5G) » nécessitent une réouverture des orientations stratégiques. Celles-ci sont dévoilées début mars. Elles insistent sur la « nécessité d'adaptation » du groupe. Ce qui passera par un plan social.