Longtemps, SFR était qualifié de "donneur universel" d'abonnés à la concurrence par ses rivaux dans les télécoms. L'opérateur au carré rouge est aujourd'hui, semble-t-il, en passe d'abandonner ce cruel surnom. Altice Europe, sa maison-mère, a en effet publié ce jeudi 17 mai des résultats encourageants pour SFR. L'opérateur, qui a perdu des wagons d'abonnés depuis son rachat par le milliardaire Patrick Drahi en 2014, a pour la première fois vu sa base de clients Internet fixe et mobile progresser au premier trimestre.
Concrètement, SFR a gagné au total 71.000 abonnés Internet fixe sur les trois premiers mois de l'année. Un an plus tôt à la même période, il en avait perdu 35.000. Dans un communiqué, l'opérateur explique notamment cette conquête par une plus grande appétence du marché pour ses offres Internet à très haut débit. Sur ce créneau, SFR affirme avoir engrangé 96.000 nouveaux abonnements à la fibre ou à son câble amélioré. Surtout, il indique que le niveau de désabonnement (ou "churn") s'est "massivement réduit".
En parallèle, SFR a gagné 239.000 nouveaux abonnés à un forfait mobile. Il s'agit d'une importante accélération sur ce marché. À titre de comparaison, l'opérateur en avait gagné 68.000 l'an dernier à la même période. SFR commence visiblement a bénéficier des fruits de ses gros investissements ces dernières années dans le mobile où il était, en 2014, très en retard sur ses concurrents en matière de 4G.
Des signes encourageants donc, même si le chiffre d'affaires recule lui d'environ 1%, à 2,59 milliards d'euros, en raison d'une baisse du revenu moyen par abonné (à 34,7 euros contre 35,9 euros il y a un an), conséquence de l'incessante guerre des prix et des promos dans l'Hexagone. Les investisseurs ont dans tous les cas salué ces résultats. A la Bourse d'Amsterdam, le titre Altice bondissait de 9% à la mi-journée, à 8,58 euros.
Après avoir perdu des wagons d'abonnés ces dernières années, qui a entraîné Altice, sa maison-mère, dans une impressionnante dégringolade boursière l'hiver dernier, SFR est-il enfin tiré d'affaire ? S'il est trop tôt pour l'affirmer, il est clair que l'opérateur va tout de même bien mieux. Patrick Drahi, qui a depuis repris les choses en main chez SFR après s'être longtemps tenu en retrait, n'a pas raté l'occasion de louer lui-même ses résultats trimestriels encourageants.
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Le milliardaire, qui avait fait son mea culpa en fin d'année dernière en avouant que SFR avait trop longtemps négligé ses clients, n'avait pas hésité à faire le ménage dans son équipe dirigeante. Michel Combes, ex-DG d'Altice et Pdg de l'opérateur au carré rouge, a ainsi été poussé vers la sortie. Et c'est Alain Weill, jusqu'alors en charge des médias et des contenus, qui a pris sa place. Surtout, le discret Armando Pereira, actionnaire historique d'Altice aux côtés de Patrick Drahi et connu pour ses méthodes musclées pour chasser les coûts, a pris la tête des activités télécoms.
Lors d'une conférence de presse, en mars dernier, Alain Weill s'était voulu rassurant concernant la santé de SFR.
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Dans ce contexte, les analystes se montrent plus optimistes vis-à-vis des activités européennes d'Altice et de SFR. Ceux d'Aurel BGC estiment ainsi, selon l'AFP, que "le plus dur est sans doute passé" sur le Vieux Continent, notant, au passage des améliorations côté conquête d'abonnés au Portugal. C'est aussi le cas pour les experts de Standard & Poor's. Mercredi 16 mai, lors d'un point presse avec quelques journalistes, Xavier Buffon, directeur en charge des télécoms pour l'Europe de l'agence de notation américaine, a indiqué qu'il s'attendait à "une amélioration des opérations d'Altice et de SFR" dès cette année. Car, selon lui, les problèmes de management du groupe, qui ont lourdement pesé sur ses résultats, ont été identifiés et au moins en partie résolus.
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