Télécoms : aux Etats-Unis, Sprint pourrait s’allier avec Comcast et Charter

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D'après le Wall Street Journal, les discussions en cours entre Sprint et le duo Comcast-Charter ne remettraient pas en cause un éventuel mariage entre l'opérateur mobile et son rival T-Mobile.
D'après le Wall Street Journal, les discussions en cours entre Sprint et le duo Comcast-Charter ne remettraient pas en cause un éventuel mariage entre l'opérateur mobile et son rival T-Mobile. (Crédits : Mike Blake)
L’opérateur, filiale du géant japonais des télécoms Softbank, réfléchit à un partenariat avec les deux mastodontes du câble, qui pourraient, à terme, proposer des offres convergentes mêlant Internet fixe et téléphonie mobile à leurs clients.

L'opération, si elle aboutit, pourrait bien constituer l'étincelle d'une petite révolution aux Etats-Unis. Et pourquoi pas, donner le top départ d'une vraie convergence entre l'industrie du mobile et celle de l'Internet fixe. D'après le Wall Street Journal, Sprint, le numéro 4 du mobile outre-Atlantique, est entré en « discussions exclusives » avec les rois américains du câble Comcast et Charter. D'après le quotidien économique, qui cite des sources anonymes, Charter et Comcast pourraient investir dans cette filiale du géant nippon des télécoms Softbank « en échange de pouvoir utiliser son réseau dans des conditions intéressantes et ainsi proposer des offres sans fil ».

Cela fait quelques temps que les deux câblo-opérateurs cherchent à se renforcer dans le mobile. Ils prévoient d'ailleurs prochainement, comme l'indique l'AFP, de proposer un abonnement mobile à leurs clients respectifs via un partenariat de cinq ans signé avec l'opérateur Verizon. Reste que ces « discussions », qui doivent durer deux mois selon le Wall Street Journal, montrent que la convergence entre l'industrie de l'Internet fixe et celle du mobile devient une vraie préoccupation aux Etats-Unis.

Un marché des télécoms fragmenté

Il faut dire qu'au pays de l'Oncle Sam, contrairement à la France, le marché des télécoms est encore très fragmenté entre les fournisseurs d'Internet fixe et les opérateurs mobiles. D'un côté, on trouve les câblo-opérateurs (à l'instar de Comcast, Charter ou d'Altice USA), qui représentent à eux-seuls environ les deux tiers du marché du haut et du très haut débit. De l'autre, on trouve les opérateurs mobiles Verizon et AT&T (les seuls à proposer aussi de l'Internet fixe, notamment via la fibre optique), ainsi que T-Mobile et Sprint. Ainsi, pour Didier Pouillot, expert télécoms au think tank Idate, la convergence entre l'Internet fixe et la téléphonie mobile apparaît comme « la prochaine frontière » aux Etats-Unis. A cet égard, un accord entre Sprint et le tandem Comcast-Charter pourrait faire boule de neige. Il pourrait inciter d'autres acteurs à nouer sans traîner des partenariats similaires pour disposer eux aussi d'offres mêlant Internet fixe, télévision, téléphonie mobile et fixe.

D'un point de vue industriel, cette convergence est perçue comme un moyen pour les câblo-opérateurs d'améliorer leurs offres, alors qu'ils voient leurs revenus menacés, côté contenus, par les services de vidéo à la demande comme Netflix, HBO Now ou Amazon. Pour contrer ces nouveaux arrivants, les câblo-opérateurs cherchent aussi, depuis quelque temps, à se marier pour faire des économies d'échelles. C'est, au passage, bien pour jouer la carte de la consolidation aux Etats-Unis qu'Altice USA, le câblo-opérateur de Patrick Drahi (filiale d'Altice, la maison-mère de SFR en France) vient de s'introduire à Wall Street.

| Lire aussi « Le marché du câble américain devrait encore se consolider »

Un éventuel mariage Sprint/T-Mobile entre parenthèses

A noter que, toujours d'après le Wall Street Journal, les discussions en cours entre Sprint et le duo Comcast-Charter ne remettraient pas en cause un éventuel mariage entre l'opérateur mobile et son rival T-Mobile. Mais que cette hypothèse serait, pour l'heure, mise entre parenthèses. Ces dernières semaines, Masayochi Son, le chef de file de Softbank, a laissé entendre qu'il guettait toujours l'opportunité de fusionner Sprint et T-Mobile, qui appartient à Deutsche Telekom. Pour ce faire, le grand patron semble compter sur la bienveillance de l'administration Trump. Il y a trois ans, Masayoshi Son avait bien tenté de mettre la main sur T-Mobile, mais il s'était heurté à la réticence des autorités de régulation, beaucoup plus fermes sous le règne d'Obama.

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