ENTRETIEN. Président de la Fédération française des télécoms (FFT), le lobby du secteur, Arthur Dreyfuss estime que la réponse pénale aux dégradations d'antennes-relais ou des réseaux Internet fixes n'est plus dissuasive. « L’enjeu n’est pas seulement de protéger les opérateurs, mais aussi toutes les activités les plus sensibles et essentielles du pays », insiste-t-il.LA TRIBUNE - Les réseaux de SFR ont fait l'objet d'une attaque inédite dans la nuit du 27 au 28 avril dernier. Il s'agit de plusieurs sabotages, coordonnés, visant des infrastructures de fibre. En savez-vous plus sur l'origine de ces dégradations ?
ARTHUR DREYFUSS - Une enquête est en cours. Nous travaillons avec les services de police et la justice à l'établissement de vérité car ce qui s'est passé est d'une ampleur sans précédent. Les actes de malveillance sont devenus assez massifs ces deux dernières années. Ils s'illustraient, jusqu'à présent, par des attaques contre des sites d'antennes-relais, dont certains ont été incendiés et détruits. Mais désormais, ces dégradations s'étendent au réseau fixe. Elles constituent une atteinte aux infrastructures numériques et à l'ordre public. Si les réseaux de communications sont de plus en plus utilisés à des fins personnelles et professionnelles, ils sont également essentiels pour nombre de secteurs critiques pour la vie du pays, comme les activités d'urgence, de santé, de sécurité ou de défense... Ces actes, qu'on pouvait qualifier au départ d'actes de malveillance sont, en réalité, des actes criminels.
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Les sabotages de la fin du mois d'avril ont eu un impact à l'échelle nationale, à la différence des attaques sur les antennes, qui ne concernent, à chaque fois, qu'un périmètre restreint d'abonnés...
C'est notamment en cela que cette attaque est sans précédent. Ce qui est inédit dans la dégradation dans la nuit du 27 au 28 avril, c'est la portée de la dégradation et son caractère organisé, coordonné, avec une claire volonté de nuire au pays et à nos concitoyens. Mais ne minimisons pas tout ce qui s'est passé depuis 2020. Sur les six derniers mois, nous constatons, en moyenne, quinze dégradations de sites mobiles par mois. Ce chiffre est en croissance : en 2020, nous avions constaté une centaine de dégradations volontaires de pylônes. C'est un phénomène en France, mais aussi dans d'autres pays de l'Union européenne, notamment en Grande Bretagne ou aux Pays-Bas... L'attaque de la fin du mois d'avril n'est pas la première dégradation de réseaux fixes. Il y en a eu 30 par mois, en moyenne, sur les six derniers mois. Même si la majorité de ces dégradations concernaient les réseaux fixes aériens.