Très haut débit : le spectre d'un renforcement de la fracture numérique

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L'UFC-Que Choisir demande au gouvernement d'orienter en priorité ses financements dans les réseaux de l'internet fixe dans les zones aujourd'hui dépourvues d'un internet de qualité.
L'UFC-Que Choisir demande au gouvernement "d'orienter en priorité ses financements dans les réseaux de l'internet fixe dans les zones aujourd'hui dépourvues d'un internet de qualité". (Crédits : © Lisi Niesner / Reuters)
Le déploiement de l'internet très haut débit laisse de côté une part croissante du territoire français et les modalités de sa mise en oeuvre risquent de renchérir fortement les abonnements, déplore mardi l'UFC-Que Choisir dans une étude.

L'arrivée de la fibre risque de creuser davantage les inégalités. Le déploiement de l'internet très haut débit laisse de côté une part croissante du territoire français et les modalités de sa mise en oeuvre risquent de renchérir fortement les abonnements, déplore mardi l'UFC-Que Choisir dans une étude. L'association de consommateurs dénonce une fracture numérique grandissante puisque 11,1% des consommateurs sont désormais "inéligibles à un internet de qualité", soit un débit supérieur à 3 mégabits par seconde (Mbit/s) et ils sont "majoritairement dans les petites communes".

L'UFC-Que Choisir relève que les modalités de déploiement du très haut débit renforcent cette fracture numérique puisqu'il s'est concentré en premier lieu dans les zones très denses. "Le meilleur du très haut débit est accessible pour moins de 1 % des habitants en Creuse ou en Dordogne, alors qu'il l'est pour plus de 90 % des habitants à Paris ou dans les Hauts-de-Seine", explique l'association dans un communiqué.

Inquiétude dans les zones peu denses

Cette fracture n'est pas près de se résorber, selon l'association de consommateurs qui estime que le plan France Très Haut débit, qui promet une couverture totale du territoire pour 2022, ne sera pas tenu et ses objectifs atteints seulement en 2035, au rythme actuel des déploiements. Afin d'y remédier, l'UFC-Que Choisir demande donc au gouvernement "d'orienter en priorité ses financements dans les réseaux de l'internet fixe dans les zones aujourd'hui dépourvues d'un internet de qualité".

| Lire Très haut débit : le gouvernement se met en stand-by

L'association craint parallèlement une flambée des tarifs avec la fibre, dont le coût de l'abonnement pourrait être jusque "un tiers de plus qu'aujourd'hui, compte tenu de coûts de raccordements plus élevé pour les opérateurs". L'UFC-Que Choisir demande donc à l'Autorité de régulation des télécoms (Arcep) et au gouvernement de ne pas augmenter les tarifs sur les réseaux cuivrés. Cette option est pourtant envisagée pour accélérer la migration des clients de l'ADSL vers la fibre dans les zones où cette dernière est désormais présente.

Limiter les hausses des prix de l'ADSL

"Les offres ADSL constituent sur le marché de l'internet un pivot tarifaire qui limite la capacité des fournisseurs d'accès à internet d'augmenter les tarifs sur la fibre. Dès lors, toute hausse de leur prix affecterait l'ensemble des offres internet, quelle que soit la technologie", s'inquiète l'association. Le gouvernement a lancé en 2013 un plan Très haut débit qui représente un investissement de 20 milliards d'euros jusqu'en 2020, partagé entre opérateurs privés, collectivités territoriales et Etat. Ce plan vise une couverture intégrale du territoire d'ici à 2022, principalement à l'aide de la fibre optique, mais aussi grâce au satellite, à la montée en débit sur le réseau cuivre actuel (ADSL) et à la 4G fixe pour les territoires moins accessibles.

>> Aller plus loin La France face au défi de la fracture numérique

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 27/09/2017 à 9:42 :
Si on avait des bons boulots bien payés ce ne serait pas grave du tout.
a écrit le 26/09/2017 à 20:55 :
Dans la loi travail du président il y a le développement du télé travail sous réserve d'être éligible à la fibre optique....dans les campagnes vous attendrez encore un peu vous avez déjà le bon air!
a écrit le 26/09/2017 à 14:33 :
Par contre pour les impots il n'y a AUCUNE zone d'ombre !
... et vive l'égalmité .... discriminatoire !!!

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