Très haut débit : le gouvernement se met en stand-by

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Le gouvernement se laisse le temps « de déterminer les besoins complémentaires d’investissements, au-delà de l’objectif de 2022 et de l’enveloppe initiale de 3,3 milliards d’euros, afin de finaliser la couverture en très haut débit ».
Le gouvernement se laisse le temps « de déterminer les besoins complémentaires d’investissements, au-delà de l’objectif de 2022 et de l’enveloppe initiale de 3,3 milliards d’euros, afin de finaliser la couverture en très haut débit ». (Crédits : DANIEL MUNOZ)
Dans le cadre du grand plan d’investissement de 57 milliards d’euros présenté lundi par le gouvernement, l’exécutif s’engage à « soutenir » le déploiement de l’Internet à très haut débit sur tout le territoire. Mais il se refuse, pour le moment, à mettre davantage la main au portefeuille.

Pour l'instant, pas question de mettre plus d'argent que prévu. Dans le cadre du grand plan d'investissement de 57 milliards d'euros dévoilé ce lundi par le gouvernement, l'exécutif affirme, dans son « initiative 19 », vouloir « soutenir le déploiement du très haut débit ». Comment ? En reprenant le Plan France Très haut débit, initié en 2010-2011, sous le gouvernement de Nicolas Sarkozy, et qui a été poursuivi sans grand changement par François Hollande. Comme le rappelle le rapport de l'exécutif, élaboré par l'économiste Jean Pisani-Ferry, ce grand chantier « vise à couvrir l'intégralité du territoire en très haut débit d'ici à 2022 ». « L'objectif de ce plan est de doter d'un accès Internet performant l'ensemble des particuliers, des entreprises et des administrations pour leur permettre un usage efficace des technologies de l'information et de la communication », rappelle le document.

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Jusqu'à présent, le financement de ce chantier était évalué à 20 milliards d'euros. Le rapport de Jean Pisani-Ferry précise que l'état s'est notamment engagé à débourser 3,3 milliards d'euros en subventions. Celles-ci sont en effet censées aider les collectivités des zones rurales et moins denses à se doter du très haut débit. Et ce dans le cas où les grands opérateurs nationaux ne souhaitent pas, pour des raisons de rentabilité économique, y déployer directement un réseau. A ce jour, l'Etat a déboursé 3 milliards d'euros, précise le rapport, qui souligne que les 300 millions d'euros restants seront bien engagés.

Négociations avec les opérateurs

Toutefois, le rapport souligne que l'Etat ne compte pas, pour l'instant, investir davantage dans le plan France Très haut débit. Concrètement, le gouvernement se laisse le temps « de déterminer les besoins complémentaires d'investissements, au-delà de l'objectif de 2022 et de l'enveloppe initiale de 3,3 milliards d'euros, afin de finaliser la couverture en très haut débit ». « Cette discussion se fera avec les collectivités territoriales, les co-financeurs publics, les opérateurs télécom et les partenaires privés, lit-on. Les nouveaux projets capitaliseront sur les exemples passés pour proposer des modèles de financement durables, à fort effet de levier. »

En outre, le rapport Pisani-Ferry n'est pas revenu sur l'objectif d'un « très bon débit » pour tous à horizon 2020, un objectif intermédiaire annoncé courant juillet par Emmanuel Macron. Il faut dire que pour y arriver, l'exécutif mise sur davantage d'investissement de la part des opérateurs télécoms. Mais ces derniers, qui négocient depuis plusieurs semaines avec le gouvernement, réclament en échange des contreparties financières. Des annonces sont, sur ce front, attendues cette semaine.

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Commentaires
a écrit le 26/09/2017 à 19:18 :
Ca fait 30 ans au moins que j'entend parler d'un plan fibre, haut débit etc quelque soit le nom c'est toujours un plan qui ne sera pas mis en oeuvre. Sauf en ville...
a écrit le 26/09/2017 à 14:45 :
Là, où l'on cherche à limiter, économiser, réduire la consommation d'eau, d'électricité, le carburant, de dépense, on veut ouvrir les vannes de données.

À qui cela profite? Aux entreprises d'accord, mais le particulier a quel intéret a avoir 100mbps. Que tout le monde ait déjà ≈ 8 / 10mbps en filaire/hertzien et on pourra se poser la question d'améliorer le réseau.

Il y a d'autres priorités (Isolation, transport, co-produit...)
a écrit le 26/09/2017 à 8:37 :
des forts effets de levier?
hahaha, quelle rigolade!
ils envoient les telecoms au tas avec leurs legislation, leur coercition permanente, l'introduction d'operateurs qui font du tout gratuit paye par personne, et veulent de forts effets de levier?????????
ils savent lire un bilan?
bon, s'ils ne savent pas, ils ne savent pas ce qu'est une caf, c'est sur ca pose le pb differemment!
a écrit le 25/09/2017 à 20:25 :
Pas grave, l'essentiel c'est que les grandes métropoles soient équipées par les opérateurs. Les autres ne savent ni lire, ni écrire et seront bientôt en mode famines...

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