Universités : la France a du mal à élever des "licornes"

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Le campus de l'université de Stanford en Californie a vu passer de nombreux futurs entrepreneurs de la Silicon Valley.
Le campus de l'université de Stanford en Californie a vu passer de nombreux futurs entrepreneurs de la Silicon Valley. (Crédits : REUTERS/Beck Diefenbach)
[ Graphiques ] Les établissements américains de l'enseignement supérieur sont à la pointe pour faire émerger les entrepreneurs à succès dans le domaine des technologies. Ces derniers sont à l'origine de startups devenues des géants de la tech et qui ont intégré le club restreint "des licornes". Ces firmes valorisées à plus de 1 milliard de dollars sont devenues le symbole de réussite de ces établissements. A l'inverse, les universités françaises ont du mal à faire naître ce type d'entrepreneurs.

Sans surprise, les Etats-Unis dominent largement le classement des universités qui forment le plus d'entrepreneurs dans le domaine des startups à succès. D'après un classement établi par Sage, entreprise britannique de logiciels, trois établissements supérieurs américains occupent les trois premières places du podium. Pour établir ce palmarès, Sage s'est appuyée sur le club restreint des "licornes" les mieux valorisées au monde.

Mark Zuckerberg Harvard

Mark Zuckerberg sur le campus de Harvard en 2011 entouré d'étudiants. Si le fondateur de Facebook est passé par Harvard, il n'a jamais été diplômé de la prestigieuse université. (Photo: Brian Snyder/Reuters)

   > Lire aussi : Les 10 licornes les mieux valorisées au monde

Une forte domination des Etats-Unis

L'université de Stanford installée en Californie est largement en tête du classement avec au total 51 entrepreneurs, suivie de Harvard avec 37 dirigeants, et enfin, l'université de Californie en 3e position (avec 18 anciens étudiants à l'origine de grandes firmes technologiques). La proximité qui existe entre ces écoles et la Silicon Valley peut en partie expliquer une telle domination.

La France n'arrive qu'en 12e position avec l'Insead et cinq entrepreneurs. L'Institut européen d'administration des affaires est une école privée de management avec trois campus principaux situés à Fontainebleau, Singapour et Abou Dabi.

Parmi les anciens étudiants de Stanford, se trouvent les fondateurs de LinkedIn Allen Blue, Eric Ly et Konstantin Guericke. Le campus de Harvard compte parmi ses anciens étudiants le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, et l'inventeur d'Airbnb, Nathan Blecharczyk. Enfin, l'université de Californie a vu passer le fondateur d'Uber, Travis Kalanick, et l'homme à l'origine de Lyft, Logan Green.

Les firmes qui peuvent revendiquer une valorisation de plus de 1 milliard de dollars sont particulièrement peu nombreuses : c'est en raison de cette rareté qu'on les qualifie souvent de "licornes". Selon un classement de Techcrunch, il y aurait plus de 221 sociétés de ce type dans le monde. Parmi les plus connues, Uber arrive en première position (valorisée à 62 milliards de dollars), Airbnb (30 milliards de dollars), Snap Inc (19,3 milliards de dollars).

Pour la France, seule Blablacar figure dans le tableau avec une valorisation à plus de un milliard de dollars.

    > Lire: Blablacar valorisé 1,6 milliard de dollars après une levée record de 200 millions

L'agence de conseil Verve Search a identifié de son côté 242 firmes technologiques valorisées à plus de 1 milliard de dollars d'après des chiffres rapportés par BusinessInsider.

    >Lire: Le financement des « licornes » européennes par des fonds étrangers, un faux débat ?

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Commentaires
a écrit le 29/01/2017 à 15:08 :
faut etre idiot pour creer une boite en france
la france c'est interessant tant que la boite ne gagne rien et consomme le cash des actionnaires
si ca tourne, c'est l'enfer.... et en plus il faut remplir des comptes penibilites, subier la loi florange, la loi dailymotion, prevenir tt le monde quand on veut vendre sa boite, etc etc etc ( et payer soit 75% tout de suite soit une exit tax si on part)
et la liste des griefs est longue
vaut mieux creer sa boite ailleurs ca evite ce genre de soucis
Réponse de le 30/01/2017 à 11:56 :
Ce n'est pas ce que dit Xaviel Niel par exemple
L'herbe est toujours plus grasse ailleurs.
Réponse de le 30/01/2017 à 12:46 :
Paul, Niel est très riche, il a de contacts, l'impôt, il négocie avec l'état (comme la plupart des gros), en France la prise de risque, l'initiative n'est pas encouragé, tu te fais taper de partout, quand ce n'est pas les "copains de l'état" qui sont derrière pour récup dans ta chute, si t'as pas de réseau en France t'es dans la marde.
Réponse de le 31/01/2017 à 12:16 :
Stranger,
Xaviel Niel est devenu riche, il n'a pas fait les grandes écoles.
Avec free, il est parti de "presque rien", en tout cas hors establishment, et a disrupté dans le secteur avec sa box qu'il a d'ailleurs du développer lui même car il n'a trouvé personne pour la développer pour lui.
Son école code 42 a été créée ex nihilo sans volonté de se raccrocher au système existant (pas de diplôme reconnu par l'état / RNCP/Dipôme du supérieur reconnu ) et ça marche
Il est obligé de négocier avec "l'establishment" pour développer son entreprise et ne pas 'se faire avoir " avec une environnement réglementaire défavorable (ARCEP). En face, il a Bouygues /Orange qui jouent à fond le levier réglementaire /les copains.
Oui pour la nécessité d'avoir un réseau professionnel (Niel s'en ait construit un) ou de s'en constituer un pour durer (ce n'est pas vrai qu'en France). On ne réussit pas tout seul dans la durée.
Non, la prise d'initiative est encouragée, je ne compte plus les structures d'aide à la création d'entreprise
Après, pour avoir travaillé dans deux start-up/TPE dont l'une a capoté et l'une en sérieuse difficulté, c'est difficile effectivement de durer.
L'administration n'aide pas c'est sur avec ses processus compliqués
a écrit le 28/01/2017 à 10:49 :
on s'en moque des licornes.
les US ont des licornes, mais ils ont 24% de pauvreté (33% chez les gamins : UNICEF, 2012). 25% de travailleurs pauvres ("low wage earners") contre 8% en France (OCDE, Eurostat). 50% des diplômés du supérieur ont un "non graduate job" contre 22% en France (Careerbuilder, 2014 ; CIPD, 2015). patrimoine médian des ménages bien inférieur à celui des Français (Crédit Suisse). un système de santé médiocre alors qu'ils dépensent beaucoup plus que nous en % du PIB (cf. Bloomberg Healthcare Efficiency index ; étude Eurostat sur les morts évitables). des millions de ricains qui ne peuvent plus rembourser leurs prêts étudiants (WSJ, 08/2016). inquiétude majeure sur les prêts automobiles (Fed de NY, 30/11/2016). inquiétude pour la dette de l'immobilier commercial (Bloomberg/WSJ de ces jours-ci). etc...
c'est fou cette fascination pour la poudre aux yeux anglo-saxonne (et d'ailleurs).
les Français ont le mental fragile, comme disait Chris O'Brien.
Réponse de le 28/01/2017 à 20:16 :
Non on ne se moque pas des licornes ou des starups. Ce sont les emplois de demain et surtout les revenus de demain. Pas d’entrepreneurs = pas d’entreprises, pas d’entreprises = pas de revenus. Pour rappel, l’économie c’est cette espèce de « machin » qui permet aussi de financer le système de santé, les retraites, l’Etat et autres choses utiles.

Qui plus est l’économie a changé, elle est devenue majoritairement numérisée et ce qui avant était cantonné à l’échelle concurrentielle d’un pays est maintenant rapidement déployé à l’échelle mondiale.
Bon courage pour aller concurrencer Google ou Facebook, dont on pourrait accessoirement se passer. Sauf que de ces universités sortent également les technologies et les idées applicables à une multitude de secteurs d’activités.
a écrit le 28/01/2017 à 10:04 :
En informatique, le monde francophone n'a pas les mêmes armes que le monde anglophone, suffit de voir la littérature sur la compilation ou la littérature pointu en programmation, mais sinon, ce n'est pas l'université en elle même le soucis, regardez donc les américains comme ils s'en moquent de l'étranger, ils avancent sans considération pour un "cursus à l'étranger" ou autres exotismes, ils ont tout pour bien explorer leurs domaines, il n'y a pas d'équivalent en Français pour ce qui est du "dragon book" en info, c'est bien triste...

Conclusion : ils ont une littératures plus pointus et abondante, ils ne se préoccupent pas de l'étranger et divers exotisme, ils sont encouragés à se débrouiller.
Réponse de le 28/01/2017 à 10:55 :
"ils s'en moquent de l'étranger" : il me semble qu'ils ont énormément besoin des étrangers, des Français notamment. à part une poignée d'établissements, leurs formations ne doivent pas être si sérieuses que ça.
d'ou 50% des diplômés du supérieur dans des "non graduate jobs" ?
l'anglo-saxonnie, c'est le royaume de la poudre aux yeux.
Réponse de le 30/01/2017 à 12:48 :
Gfx, c'est l'étranger qui va vers eux, pas l'inverse, ils ont de quoi séduire, faut pas inverser les rôles, sinon les ricains se seraient installé à l'étranger massivement.
a écrit le 28/01/2017 à 9:31 :
L'une des raisons est que les universités et écoles en France ont plus l'approche stages que projets et créations d'entreprises (ce à quoi poussent les rankings de journaux comme l'Etudiant ou l'Usine nouvelle où la durée des stages est un facteur déterminant). Ajoutons-y le dogme de l'expérience internationale qui, de la même manière, en raison des rankings, est devenue un passage obligé. Avec de telles contraintes qui, sur un cursus de 3 ans (L3, M2, M1) bouffent près de la moitié de la durée des études, les écoles et universités ont à peine le temps de transmettre le minimum syndical de connaissances techniques professionnelles et il reste bien peu de temps pour développer l'esprit entrepreneurial. Introduire l'évaluation des entreprises nées dans l'établissement dans les rankings au détriment d'autres critères tous plus bidon les uns que les autres changerait probablement les choses.

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