WeWork sauvé par Softbank, qui injecte 5 milliards de dollars

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Le plan de sauvetage de Softbank va éviter à WeWork de se retrouver à court de liquidités d'ici la fin novembre, estiment des analystes financiers auprès de l'AFP.
Le plan de sauvetage de Softbank va éviter à WeWork de se retrouver à court de liquidités d'ici la fin novembre, estiment des analystes financiers auprès de l'AFP. (Crédits : Reuters)
Le conglomérat japonais Softbank, qui détenait jusqu'ici un tiers du géant des bureaux partagés, a annoncé mercredi monter à 80% du capital de WeWork et injecter 5 milliards de dollars. Suite à ses récents déboires, dont l'abandon de son entrée en Bourse en septembre, l'enseigne américaine avait un besoin urgent de liquidités. WeWork est désormais valorisé 8 milliards de dollars, contre 47 milliards en début d'année.

Softbank a annoncé mercredi une injection de fonds supplémentaires de 5 milliards de dollars dans WeWork, géant américain de bureaux partagés. Le conglomérat japonais a également proposé une offre publique d'achat sur les titres qu'il ne possède pas encore, pour un montant maximum de 3 milliards. Cet apport valorise désormais l'entreprise à 8 milliards de dollars - très loin des 47 milliards du début d'année.

Une partie des 5 milliards, soit 1,7 milliard de dollars, sera versée à Adam Neumann, co-fondateur et ancien Pdg de WeWork, dont 1 milliard pour la vente d'une grande partie de ses actions, 500 millions pour le remboursement de ses dettes personnelles et 185 millions pour ses conseils, a détaillé une source auprès de l'AFP.

Softbank, qui explique croire en la pertinence de l'entreprise malgré ses récents déboires, doit ainsi monter à 80% du capital de la pépite new-yorkaise. Pour autant, le groupe japonais a prévenu qu'il ne détiendra pas la majorité des droits de vote au conseil d'administration et affirme que WeWork ne sera pas une de ses filiales. "WeWork sera un partenaire de SoftBank", est-il indiqué. Jusqu'ici, Softbank détenait déjà un tiers de la startup et y avait injecté plus de 10 milliards de dollars depuis sa création en 2010.

Déchéance d'Adam Neumann, ancien Pdg de WeWork

En outre, le paiement par Softbank à WeWork d'une échéance d'obligations pour un montant de 1,5 milliard de dollars sera accéléré, a ajouté la firme nippone. Pour aider l'entreprise une fois ces transactions faites, Softbank va dépêcher à la tête du conseil d'administration de We Company (maison-mère de WeWork) Marcelo Claure, qui a déjà aidé à redresser la filiale de mobiles Sprint aux États-Unis.

Contesté, le co-fondateur et ancien Pdg de WeWork, Adam Neumann, n'aura plus qu'un rôle d'"observateur du conseil d'administration", selon le communiqué. S'il s'est affiché au début comme un leader charismatique, ses frasques - consommation d'alcool et de drogues - ainsi que ses pratiques managériales lui ont valu d'être poussé vers la sortie. Il a démissionné fin septembre de ses fonctions de directeur général de la We Company.

Lire aussi : WeWork : démission du CEO-fondateur et menace sur un tiers des emplois

"SoftBank est fermement convaincu que le monde du travail est en train de changer radicalement. WeWork est à l'avant-garde de cette révolution. Il n'est pas rare que les principaux pionniers technologiques du monde soient confrontés à des problèmes de croissance similaires à ceux auxquels WeWork vient de faire face", a justifié Masayoshi Son, fondateur et président de Softbank, cité dans le communiqué.

Promesse de transformer WeWork en une entreprise rentable

Le milliardaire a souvent vanté publiquement lors de ses conférences de presse à Tokyo les mérites de WeWork et son discours reste donc inchangé. D'où, explique Masayoshi Son, le fait que "Softbank ait décidé d'apporter une importante injection de capital et un soutien opérationnel à WeWork". Et d'ajouter: "nous restons attachés à WeWork, à ses employés et à ses clients".

"WeWork redéfinit la nature du travail. Les fonds nouvellement fournis par Softbank vont redonner de l'élan à la société et je m'engage à générer une rentabilité et des flux de trésorerie", a pour sa part insisté Marcelo Claure, également cité dans le communiqué.

Cette annonce officielle vient clore une saga de rumeurs qui durent depuis des mois sur les intentions de Softbank à l'égard de la licorne américaine - ces startups non cotées en Bourse et valorisées plus d'un milliard de dollars.

Une entrée en Bourse abandonnée en septembre

Le plan de sauvetage de Softbank va éviter à WeWork de se retrouver à court de liquidités d'ici la fin novembre, estiment des analystes financiers auprès de l'AFP. La société, dont la note de solvabilité financière a été reléguée dans la catégorie des investissements spéculatifs par les agences de notation, disposait pour 2,5 milliards de dollars de trésorerie au 30 juin mais les coûts de construction et d'autres dépenses ont absorbé cet excédent, selon des sources bancaires.

Les interrogations se sont en outre multipliées sur sa capacité à être rentable et à faire face au ralentissement économique mondial, l'immobilier étant souvent l'un des premiers secteurs touchés. En 2018, l'entreprise a enregistré une perte de 1,6 milliard de dollars pour un chiffre d'affaires de 1,82 milliard. Bémol : ces deux chiffres grandissent au même rythme, suggérant que le passage à l'échelle ne permet pas de stabiliser le modèle économique de l'entreprise.

WeWork a ainsi été contraint de renoncer en septembre à ce qui devait être l'une des introductions en Bourse les plus en vue de l'année. L'entrée à Wall Street aurait pu lui permettre de lever au moins 3 milliards de dollars et de bénéficier en plus d'une ligne de crédit de 6 milliards de dollars auprès de grandes banques.

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Commentaires
a écrit le 23/10/2019 à 15:26 :
Il faut bien détruire d'une façon ou d'une autre tout cet argent en trop fabriqué par les banques centrales : WeWork fait ça très bien, comme Uber et les autres.
Mais il en reste un peu dans les poches de tous ces faux entrepreneurs.
Il en reste beaucoup, même : il ne faut pas s'étonner si, en voyant ça, le petit peuple se révolte un peu partout.
Et il a bien raison : c'est dégueulasse.

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