Dans la tourmente, WeWork pourrait évincer son patron controversé

Adam Neumann, Pdg et co-fondateur des bureaux partagés WeWork.
Reuters

Adam Neumann, Pdg et co-fondateur des bureaux partagés WeWork.
Reuters
Cette suggestion serait portée entre autres par des membres du conseil d'administration proches du groupe japonais SoftBank, le plus gros investisseur, qui a injecté plus de 10 milliards de dollars dans la société.
La proposition émerge alors que la We Company traverse une période trouble, où sa gouvernance, son business model et sa valorisation soulèvent des inquiétudes. Fondée en 2010 à New York, la pépite propose à la location des bureaux partagés. Contrairement à ses concurrents, WeWork ne se définit pas comme une société de services, mais comme une entreprise technologique. Ainsi, il ne loue pas seulement des bureaux partagés, mais une "plateforme communautaire mondiale", à laquelle se "connectent" les entrepreneurs, les créateurs, les travailleurs indépendants, les PME et les grands groupes.
Depuis sa création, la startup a levé 12,8 milliards de dollars et emploie désormais 12.000 personnes. Rapidement plébiscitée par la catégorie en pleine expansion des indépendants, des créateurs et des entrepreneurs de startups, WeWork dispose de 834 établissements dans 126 villes et une quarantaine de pays. Une expansion impressionnante, mais qui peine à rassurer les potentiels investisseurs.
La licorne américaine -ces startups non cotées et valorisées plus d'un milliard de dollars- a annoncé la semaine dernière repousser son introduction "d'ici la fin de l'année", sans expliquer son choix. Les interrogations se multiplient sur la chute drastique de sa valorisation en quelques mois. Lors de sa dernière levée de fonds en janvier, la startup a été valorisée 47 milliards de dollars. Pourtant, début septembre, WeWork tablait elle-même sur une valorisation de 20 milliards de dollars, selon le Wall Street Journal et Bloomberg. À la mi-septembre, Reuters affirmait que la startup penchait plutôt pour une valorisation entre 10 à 12 milliards de dollars.
Si l'activité de WeWork ne cesse de s'étendre, la capacité de la pépite à générer des profits fait débat. En 2018, l'entreprise a enregistré une perte de 1,6 milliard de dollars pour un chiffre d'affaires de 1,82 milliard. En cause : la startup finance sa course contre la montre pour s'imposer à l'international, notamment en Asie, et propose une politique tarifaire flexible et agressive.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

Au-delà du business model, la personnalité controversée du Pdg Adam Neumann est aussi questionnée. Selon le New York Times, qui cite des personnes impliquées dans les discussions, certains gestionnaires de portefeuille ont indiqué ne pas vouloir miser leur argent sur l'entreprise en l'absence d'un dirigeant expérimenté. La semaine dernière, la presse américaine a également révélé le comportement parfois excessif d'Adam Neumann en faisant état d'une consommation régulière d'alcool et de drogues.
À lire également
le groupe a également déclaré qu'Adam
Neumann, qui avait précédemment dit ne pas vouloir vendre d'actions pendant un an après l'introduction en Bourse, ne vendrait pas plus de 10% de ses actions au cours des deuxième et troisième années suivant l'offre.