Dans la tourmente, WeWork pourrait évincer son patron controversé

 |   |  695  mots
Adam Neumann, Pdg et co-fondateur des bureaux partagés WeWork.
Adam Neumann, Pdg et co-fondateur des bureaux partagés WeWork. (Crédits : Reuters)
Après avoir vu l'entrée en Bourse de WeWork brusquement repoussée "d'ici la fin de l'année", plusieurs membres du conseil d'administration souhaiteraient nommer un nouveau patron pour la startup spécialisée dans la location de bureaux partagés.

Période de turbulences chez We Company. Plusieurs membres du conseil d'administration de la maison-mère des bureaux partagés WeWork désirent pousser vers la sortie le Pdg et co-fondateur, Adam Neumann, a révélé dimanche le Wall Street Journal. Une réunion devrait se tenir cette semaine afin que ce dernier soit nommé uniquement président non-exécutif du conseil d'administration, toujours selon le quotidien américain. Cette suggestion serait portée entre autres par des membres du conseil d'administration proches du groupe japonais SoftBank, le plus gros investisseur, qui a injecté plus de 10 milliards de dollars dans la société.

La proposition émerge alors que la We Company traverse une période trouble, où sa gouvernance, son business model et sa valorisation soulèvent des inquiétudes. Fondée en 2010 à New York, la pépite propose à la location des bureaux partagés. Contrairement à ses concurrents, WeWork ne se définit pas comme une société de services, mais comme une entreprise technologique. Ainsi, il ne loue pas seulement des bureaux partagés, mais une "plateforme communautaire mondiale", à laquelle se "connectent" les entrepreneurs, les créateurs, les travailleurs indépendants, les PME et les grands groupes.

| Lire aussi : Coworking : WeWork, les secrets d'une expansion hors du commun.

WeWork repousse son entrée en Bourse "d'ici la fin de l'année"

Depuis sa création, la startup a levé 12,8 milliards de dollars et emploie désormais 12.000 personnes. Rapidement plébiscitée par la catégorie en pleine expansion des indépendants, des créateurs et des entrepreneurs de startups, WeWork dispose de 834 établissements dans 126 villes et une quarantaine de pays. Une expansion impressionnante, mais qui peine à rassurer les potentiels investisseurs.

La licorne américaine -ces startups non cotées et valorisées plus d'un milliard de dollars- a annoncé la semaine dernière repousser son introduction "d'ici la fin de l'année", sans expliquer son choix. Les interrogations se multiplient sur la chute drastique de sa valorisation en quelques mois. Lors de sa dernière levée de fonds en janvier, la startup a été valorisée 47 milliards de dollars. Pourtant, début septembre, WeWork tablait elle-même sur une valorisation de 20 milliards de dollars, selon le Wall Street Journal et Bloomberg. À la mi-septembre, Reuters affirmait que la startup penchait plutôt pour une valorisation entre 10 à 12 milliards de dollars.

Si l'activité de WeWork ne cesse de s'étendre, la capacité de la pépite à générer des profits fait débat. En 2018, l'entreprise a enregistré une perte de 1,6 milliard de dollars pour un chiffre d'affaires de 1,82 milliard. En cause : la startup finance sa course contre la montre pour s'imposer à l'international, notamment en Asie, et propose une politique tarifaire flexible et agressive.

Adam Neumann, une personnalité controversée

Au-delà du business model, la personnalité controversée du Pdg Adam Neumann est aussi questionnée. Selon le New York Times, qui cite des personnes impliquées dans les discussions, certains gestionnaires de portefeuille ont indiqué ne pas vouloir miser leur argent sur l'entreprise en l'absence d'un dirigeant expérimenté. La semaine dernière, la presse américaine a également révélé le comportement parfois excessif d'Adam Neumann en faisant état d'une consommation régulière d'alcool et de drogues.

Pour tenter de rassurer les potentiels investisseurs, We Company a annoncé à la mi-septembre des mesures pour réduire l'influence du Pdg. S'il possède encore la majorité des droits de vote grâce à des parts au statut particulier, ses droits de vote ont été réduits de 20 à 10 voix par action, a rapporté le Wall Street Journal. La société a également supprimé une disposition selon laquelle son épouse, Rebekah Neumann -également cofondatrice de We Company- jouerait un rôle clé dans le choix du successeur d'Adam Neumann s'il décédait ou était handicapé de manière permanente au cours des dix prochaines années. Enfin, le groupe a également déclaré qu'Adam Neumann, qui avait précédemment dit ne pas vouloir vendre d'actions pendant un an après l'introduction en Bourse, ne vendrait pas plus de 10% de ses actions au cours des deuxième et troisième années suivant l'offre.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 24/09/2019 à 9:41 :
Désigner un loueur de bureaux une entreprise technologique, ça fait sourire. Cette entreprise est valorisée vingt fois plus qu'une entreprise immobilière alors qu'elle ne fait que des pertes. Non il n'y a pas de bulle avec toute ces entreprises pseudo technologiques (Uber, Lyft...) qui ne dégagent pas un centime de profit et qui sont valorisées des dizaines de milliards à la bourse de Nex York.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :