Queyranne ne veut pas d'une loi "bric à brac"
Jean-Baptiste Labeur
Jean-Baptiste Labeur
« Je souhaite que ce ne soit pas une nouvelle occasion manquée ». Jean-Jack Queyranne semble un brin lassé d'attendre la réforme territoriale. Le Premier Ministre, Manuel Valls a promis dans son discours de politique générale, une France à 12 régions en 2017 et la suppression des départements en 2021.
Au-delà des redécoupages, le président de la région Rhône-Alpes, attend lui une remise à plat et de la clarté dans les compétences des différents échelons. Lundi, en marge d'une conférence de presse, Jean-Jack Queyranne a mis les choses au point :
Le président de Rhône-Alpes rejoint Manuel Valls sur la suppression des départements : « les départements c'est la France du 19e siècle. Il nous faut une carte du 21e siècle ». La région prendrait les fonctions structurantes ( transports, infrastructures, économie...) et laisserait aux intercommunalités la gestion de l'action sociale, dévolue actuellement aux conseils généraux.
« La montée des intercommunalités fait qu'elles deviennent un échelon de proximité. Des intercommunalités élues au suffrage universel sont appelées à prendre les fonctions des départements » justifie Queyranne, qui pense néanmoins que quelques départements peuvent avoir du sens, dans des zones rurales où l'intercommunalité n'est pas très présente.
Inspirées de rapports plus ou moins anciens, les propositions de redécoupage font en ce moment le bonheur des géographes et les cartes des nouvelles régions foisonnent sur le web. Rhône-Alpes et Auvergne seraient même déjà « fiancées » par Matignon.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

« Est-ce que Rhône-Alpes doit s'agrandir ? » interroge Jean-Jack Queyranne. « Nous sommes déjà une région de taille européenne, grande comme la Suisse. Si la question de la taille se pose pour d'autres régions ce n'est pas le cas pour Rhône-Alpes ». Jean-Jack Queyranne n'est donc pas convaincu par une fusion avec l'Auvergne, ouvrant sur un territoire très vaste courant d'Aurillac à Léman. Son homologue auvergnat, René Souchon penche plutôt pour une région "Massif Central" incluant le Limousin.
À lire également
« Pour Rhône-Alpes c'est moins une question de taille que de responsabilités et de moyens » rappelle encore Jean-Jack Queyranne, en soulignant que les partenaires de Rhône-Alpes comme la Catalogne ou la Lombardie, ont des budgets par habitant 10 à 12 fois supérieur.
Jean-Baptiste Labeur