La montagne deviendra-t-elle le nouveau sujet d'achoppement sur le terrain de la crise sanitaire ? Alors qu'une concertation venait d'être engagée avec les élus locaux et les professionnels des stations, le président de la république Emmanuel Macron a tranché net hier soir. Au risque de revenir sur une partie des discussions entamées par son Premier Ministre, Jean Castex.
Affirmant que des « décisions seront finalisées très prochainement », Emmanuel Macron a annoncé hier qu'il lui semblait « toutefois impossible d'envisager une ouverture pour les fêtes, et bien préférable de privilégier une réouverture courant janvier dans de bonnes conditions ». Et d'ajouter : « Nous nous coordonnerons sur ce point avec nos voisins européens ».
Au lendemain de cette annonce, les lignes téléphoniques se sont mises à chauffer dans les massifs de la région, et notamment dans les Alpes, où les acteurs de la montagne s'estiment sonnés, voire même trahis par une telle annonce. Pour Alexandre Maulin, le président de Domaines Skiables de France (DSF) qui fédère 412 opérateurs de domaines skiables, cette annonce résonne « comme une grande douche froide ».
Il ajoute : « Nous avions aussi tous compris qu'il ne fallait pas compter sur la clientèle étrangère et se fixer un objectif raisonnable vers le 19 décembre, ce qui nous laissait un laps de temps ».
S'estimant elle aussi « sous le choc » d'une telle annonce, Chantal Carlioz, présidente de l'agence Isère Attractivité, estime elle-même par voie de communiqué que « la situation est grave ». Et ajoute : « Dans cette période dramatique, je sais qu'on ne négocie pas avec la crise sanitaire... mais néanmoins nous étions en discussions. Nous préparions avec l'ensemble des acteurs de la montagne l'ouverture des stations, et attendions la validation en cours du protocole sanitaire d'ouverture ». Elle aussi rappelle l'engagement de Jean Castex à communiquer une décision « en décembre ». « Aussi, c'est la stupéfaction et le désarroi dans nos rangs devant cette incohérence ».