MANGER AUTREMENT (2/5). Le Pays Mornantais, visité ce jeudi par le secrétaire d'Etat à la ruralité, Joël Giraud, veut structurer une filière « agri-agroalimentaire ». Cette petite communauté de communes, située dans la première couronne de la Métropole lyonnaise, s'inscrit ainsi dans la lignée des objectifs défendus par France Relance et son appel à projets concernant les Plans Alimentaires Territoriaux. Avec, à la clé, 100 millions d'euros investis, et la volonté de devenir le "grenier" des Lyonnais.Seuls 200 Plan alimentaires territoriaux (PAT) ont à ce jour été labellisés au niveau national. Et l'objectif de Renaud Pfeffer est clair : le maire de Mornant, président de la communauté de communes du Pays Mornantais (Copamo) et vice-président du Département du Rhône, veut fédérer et structurer une filière « agri-agroalimentaire » sur son territoire, dont 85% de la superficie est classée en zone agricole protégée.
Ce dernier compte déjà environ 300 exploitations agricoles, pour un bassin de vie de 30.000 habitants environ, et quelques locomotives telles la Sicoly (producteur et fournisseur de fruits/purée de fruits) ou encore Uniferme, présenté comme le premier point de vente collectif français d'agriculteurs avec ses 18 fermes.
Avec le coup d'envoi des travaux pour une extension de 24 hectares du parc d'activités d'intérêt régional les Platières, l'élu peut désormais passer à la vitesse supérieure.
Un fil rouge a été tricoté, en concertation avec lepromoteurEM2C et sa filiale d'aménagement Valoripolis : au-delà des parcelles qui seront disponibles pour accompagner le développement d'entreprises industrielles déjà présentes sur le territoire (tous secteurs confondus), cette extension sera spécialisée dans l'agroalimentaire et l'agriculture.
A terme, une trentaine d'entreprises devraient s'installer sur cette zone, moyennant la création de 800 emplois, "voire 1.500 à terme", espère le président de la Copamo.
"Nous avons vu pendant cette crise Covid combien les sujets d'alimentation étaient importants. Notre ambition est de porter une filière qui va du producteur au consommateur", insiste Renaud Pfeffer.
"Nos agriculteurs produisent, beaucoup ont d'ailleurs déjà transformé leur modèle, mais nous voulons leur offrir des débouchés et de nouveaux services qui permettront de valoriser leurs productions, en circuit court, jusqu'aux consommateurs".
100 millions d'euros vont être investis par EM2C sur ce projet. "Il y a des sujets de logistique, de transformation, de trading... En partenariat avec la communauté de communes, nous souhaitons structurer une filière forte à quelques encablures de Lyon", complète Yvan Patet, président d'EM2C.
Stéphanie Gallo Triouleyre