En Auvergne Rhône-Alpes aussi, le tissu forestier a été confronté cet été à des enjeux de taille : aux alertes orange liées à la canicule et à la sécheresse au sein de plusieurs départements (Isère, Rhône, Drôme, Ardèche, Savoie...) se sont ajoutées d'importants incendies qui ont mené à la destruction de plusieurs centaines d'hectares de forêt.
A l'heure où les acteurs de la filière bois en Nouvelle-Aquitaine sont déjà en train de plancher sur la récolte du bois calciné après les incendies qui ont ravagé plusieurs dizaines de milliers d'hectares, le défi est certes, moindre en Auvergne Rhône-Alpes en matière de volume, mais il pose cependant de nouveaux questionnements à une filière régionale de 2,5 millions d'hectares qui constate déjà les premiers effets du réchauffement climatique.
L'interprofessionnelle qui regroupe l'ensemble des acteurs publics et privés de la filière du bois, la Fibois Auvergne Rhône-Alpes, fait le calcul :
« On voit bien que dans des régions comme le Grand Est, mais aussi la Savoie ou l'Ain, des espèces comme l'épicéa sont atteintes par des insectes (scolites) qui font dépérrir le bois et brunir la forêt, sans oublier la sécheresse dans l'Allier, qui fait souffrir les espèces de chênes. Il s'agit d'une vraie inquiétude à long terme pour le milieu forestier », atteste sa déléguée générale, Marinette Feuillade, jointe par La Tribune.
"Nous avons déjà connu des incendies en Auvergne Rhône-Alpes, mais la nouveauté est qu'on en rencontre de plus en plus et surtout, qu'ils sont associés à une très forte sécheresse non seulement depuis cet été, mais aussi depuis le début du printemps, ce qui crée des facteurs de risques beaucoup plus forts", note Nicolas Traub, directeur-adjoint de l'antenne régionale du Centre National de la propriété forestière (CNPF).
Les effets de ce changement climatique se mesurent déjà de deux façons sur la récolte : "On observe, d'une part, que la production annuelle des espèces comme les sapins peut tomber de moitié lorsque le climat évolue, mais aussi des effets sur les plantations de nouveaux arbres, généralement réalisées au printemps, et où la sécheresse de cette année a conduit par exemple à ce que de jeunes plantations ne survivent pas et doivent donc être replantées dès l'an prochain", atteste Nicolas Traub.