"Des épisodes de danger extrême comme celui-ci, nous n'en avions jamais connu jusqu'ici". Pour le lieutenant-colonel Alain Pradon, du SDIS (Service Départemental d'Incendie et de Secours) de la Drôme, l'heure est encore à la vigilance sur le secteur de Die (Drôme), sur les contreforts du massif du Vercors, où un feu de forêt qui s'est déclaré le 5 août dernier a déjà brulé 383 hectares. A peine considéré comme fixé, l'attention est encore forte sur ce secteur, où demeurent encore en surveillance une vingtaine de sapeurs-pompiers et une poignée de véhicules.
Car au plus fort de cet incendie, déclenché par un impact de foudre et qui aura duré au total neuf jours, ce sont 250 pompiers, associés à des moyens terrestres mais aussi aériens (hélicoptères bombardiers d'eau, Canadairs et Dash) et des équipes extra-départementales qui sont venues en renfort des effectifs sur place pour lutter contre cet incendie hors-norme, allant même jusqu'à nécessiter des captages en eau au lac voisin du Monteynard (Isère).
Un départ de feu particulièrement complexe à maîtriser, puisqu'il s'est déclenché sur une barre rocheuse difficile d'accès, avec des pentes à fort dénivelé (allant jusqu'à 30%), et souvent exemptes de chemins d'accès. "Compte-tenu des difficultés d'accès, ce feu a également connu une propagation atypique, puisqu'il a pris une forme conique plutôt que de suivre un axe établi, ce qui nous a forcé à adapter notre stratégie et à trouver des moyens d'acheminer de l'eau parfois longs. La sécheresse nous a aussi conduit à devoir diversifier nos approvisionnement en eau", reconnaît Alain Pradon.