Le Sommet de l'élevage qui vient de se clôturer était aussi l'occasion, pour des acteurs de la souveraineté alimentaire nationale (comme l'interprofessionnel élevage et viande Intebev, l'organisation professionnelle de la nutrition animale Snia ou encore l'Institua français de l'élevage, Idèle) de revenir sur les conséquences de la guerre en Ukraine dans l'agriculture. Car si l'invasion russe en Ukraine a jeté de l'huile sur le feu suite à la pandémie, elle a aussi donné un coup de projecteur sur un système alimentaire français où une inflation plus faible que la moyenne de l'OCDE n'est pas...La guerre en Ukraine aura finalement eu un impact jugé "limité" sur le visitorat international du Sommet de l'élevage, reconnaît Benoît Delaloy, responsable International du Sommet. "Habituellement, nous avons très peu de visiteurs russes ou ukrainiens qui participent, une dizaine par pays. Nous avons conscience qu'il y aura un impact indirect pour nos visiteurs : coût du billet, zone aérienne impactée pour les visiteurs venant de loin, mais nous sommes sereins car même s'il y aura impact, il sera fortement limité".
En revanche, l'ombre du conflit qui secoue l'Europe planait cependant sur la rencontre. A l'inauguration du Sommet et pendant toute la journée du 4 octobre, Marc Fesneau, le ministre de l'Agriculture, a échangé avec les agriculteurs. La souveraineté alimentaire lui a servi d'argument d'appui tant pour parler de la sécheresse que de la hausse des coûts de production ou de la rémunération des éleveurs.
"La guerre en Ukraine impacte les tarifs de l'énergie", rappelait-il, arguant aussi que "l'on a beaucoup perdu en capacité de souveraineté. Sur la viande par exemple, et ça pose la question de la rémunération des agriculteurs."
La guerre en Ukraine impacte-elle l'élevage en France ?
"Les filières de ruminants subissent moins les conséquences du conflit ukrainien que d'autres filières sur le prix des grains, puisqu'elles ne sont pas directement dépendantes du marché des céréales russes et ukrainiennes", analyse Interbev, l'Association Nationale Interprofessionnelle du Bétail et des Viandes.
En France, 90% de l'alimentation des bovins est produite sur l'exploitation. Sur les 10% restant, il s'agit essentiellement d'aliments complets, colza, tournesol et protéagineux.
De façon plus conjoncturelle, la filière bovine est touchée, comme les autres secteurs économiques, par la hausse du coût des matières premières, exacerbée par les effets du conflit ukrainien.