Sommet de l'élevage 2021 : comment redonner du souffle au prix du lait ?
Sonia Reyne
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L'augmentation du prix des aliments, de l'énergie, des engrais et des services impacte significativement les trésoreries des fermes laitières et remet en question la pérennité du métier pour un grand nombre d'éleveurs.
DR/SR
Au Sommet de l'élevage, qui se tient cette semaine à Cournon-d'Auvergne, les producteurs de lait fondent beaucoup d'espoir sur les outils de la loi Egalim 2, afin de ne plus être les laissés-pour-compte du revenu de leur travail. Car face à la hausse du coûts des matières premières, qui flambent actuellement, le coût de production augmente en effet plus rapidement que celui du lait.
"Le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, a rassuré les éleveurs lors de sa visite au 30e Sommet de l'élevage à Clermont-Ferrand", apprécie Stéphane Joandel, président de la section régionale laitière d'Auvergne Rhône-Alpes.
Selon lui, le projet de loi "Egalim 2 protègera en effet la rémunération des agriculteurs, puisqu'il obligera les groupes à une réelle transparence sur le prix des matières premières. Il s'appliquera d'ailleurs aussi aux coopératives".
A ce titre, la non-négociabilité des prix des matières agricoles devrait en effet entrer en vigueur le 1er janvier 2022.
"Nous avions peur qu'au Sénat la loi ne soit détricotée, mais malgré des modifications à la marge, elle a été adoptée le 4 octobre dernier, à l'issue d'une commission mixte parlementaire, et le ministre s'est engagé à ce qu'elle soit appliquée. Nous allons pouvoir avancer vers une juste rémunération des éleveurs", explique Stéphane Joandel.
Et le temps presse car aujourd'hui, c'est en effet loin d'être le cas. Au point que les responsables syndicaux de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNLP) évaluent le revenu moyen des producteurs de lait à 12.500 euros annuels...
Le cours mondial du lait augmente, tiré par la Chine dont la consommation explose, sans que le revenu des producteurs français n'en bénéficient autant qu'on pourrait l'imaginer.
"Depuis le début de l'année, nous assistons à une flambée des charges. L'indice Ipampa (mesure les variations des prix d'achat supportés par les exploitations agricoles pour leurs intrants de production et leurs dépenses d'investissement) lait de vache a augmenté de +8,1 % sur un an quand le prix du lait n'a progressé que de +1,5 %", commente Elinor Roux, chargée de mission à la FRSEA Auvergne Rhône-Alpes.
"Du jamais vu depuis 2010, reprend-elle. Les éleveurs laitiers ont besoin de perspectives. Nous profitons du premier Salon Européen de l'Elevage pour faire le point sur la situation et faire des propositions. Ce qui est significatif, c'est le MILC (marge partielle calculée à partir d'un panier de produits -lait, veau, vache de réforme, indicateur de marge laitière adapté à la volatilité-), car justement, cette marge MILC a fortement chuté en janvier 2021 par rapport à janvier 2020."
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