Relance du secteur aéronautique : « le problème n’est pas le carnet de commandes » (David Perret, Eldec France)
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Post-crise, un vent de reprise souffle sur l'aéronautique, même si la filière régionale demeure perturbée par la crise de l'énergie.
Une filière qui pèse d'ailleurs tout particulièrement au sein du tissu de la région Auvergne Rhône-Alpes, première région industrielle française, où l'aéronautique dispose encore d'une place forte dans le Puy-de-Dôme (Issoire), mais aussi sur le bassin lyonnais, qui réunit le plus gros des 15.900 collaborateurs issus de la filière régionale.
« Nous n'avons pas la chance d'avoir de grand donneur d'ordres présent dans la région mais nous disposons d'un large tissu de PME et ETI, de rang 1 et surtout de rang 2 et 3 », affiche David Perret. Sa propre société, Eldec France, est par exemple spécialisée dans les capteurs de détection de proximité et les jaugeurs de carburant pour l'aéronautique. Filiale du groupe américain Crane, elle travaille déjà pour de grands comptes comme Airbus, ATR, Airbus Hélicoptères, Leonardo Hélicoptères, Pilatus en Suisse, Bombardier...
Et à l'image d'autres secteurs industriels, l'aéronautique fait face à une pénurie de main d'œuvre et cela, sur l'ensemble de ses métiers : « cela va des métiers du bureau d'études en R&D, en passant par les opérateurs de production, la qualité, les fonctions support ou informatique », énumère David Perret.
Une situation qu'il associe volontiers à un autre facteur :
« C'est un phénomène assez nouveau car jusqu'ici, l'aéronautique était plutôt vue comme un technologie de pointe qui attirait. Mais depuis quelques années, avec le bashing qui est fait autour de l'aéronautique, c'est un peu plus compliqué. Et cela, alors que l'on enregistre encore des taux de chômage atteigant 6,5% en région et 7% au niveau national : on ne peut pas vraiment parler de plein emploi », affiche David Perret, qui évoque un besoin d'accompagnement autour de dispositifs de retour à l'emploi au sein de la filière.
Autre facteur de tension sur ce marché : la pénurie de composants électroniques, qui comme dans le milieu automobile, ralentit encore les chaînes de production. « Sur le plan des composants, on fait aujourd'hui face à des augmentations de prix mais aussi à des phénomènes d'obsolescence programmée où tous les mois, de nouveaux composants deviennent obsolètes et ne sont pas renouvelés. Or, trouver des solutions de remplacement peut coûter très cher », glisse David Perret.
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Ainsi, malgré des contrats d'approvisionnements à long terme passés par des grands donneurs d'ordres comme Airbus pour tenter de sécuriser les approvisionnements de certains matériaux pour toute une filière, l'avionneur français a déjà été contraint de retarder son programme d'augmentation des capacités de production en raison d'un manque de moteurs notamment : « Quand il manque un seul composant des nomenclatures qui comprennent plusieurs millions nécessaires à la fabrication, aujourd'hui c'est un avion qui ne peut pas être livré », rappelle-t-il.
A l'heure où la décarbonation de tous les modes de transport est sur toutes les lèvres, et en particulier de l'aviation (qui représente jusqu'à 14,9% des émissions des transports et 6,4% du total des émissions de CO2 de la France, selon un rapport conjoint de la DGAC et du Ministère des Transports publié en 2020, ndlr), le patron des Aéroports de Paris (ADP) avait lui-même admis récemment la possibilité que le trafic puisse diminuer en l'attente de l'essor d'une industrie plus verte.
Avec, parmi les pistes étudiées aussi bien à l'échelle nationale que locale, des roadmaps technologiques qui incluent l'appel à des carburants dits plus durables, « qui sont aujourd'hui prêts à condition d'avoir du support », mais aussi « des modèles mixtes ou hybrides électriques et hydrogène sur un horizon plus lointain ».
Pour rappel, le groupe La Tribune et BFM Lyon s'unissent depuis la rentrée dernière pour vous proposer, à travers l'émission Lyon Business (tous les mardis à 17h45), l'interview d'un décideur de l'économie lyonnaise au cœur de l'actualité.
Une occasion de décrypter ensemble les enjeux des dossiers et tendances de l'économie locale, animée par Élodie Poyade pour BFM Lyon et Marie Lyan pour le bureau Auvergne Rhône-Alpes du journal La Tribune.
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Une émission à retrouver en direct et en replay sur la chaîne BFM Lyon, disponible sur le canal 30 de la TNT et sur les chaines 479 (box SFR), 315 (Bouygues) et 915 (Free), ainsi que sur le bureau Auvergne Rhône-Alpes de La Tribune.
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