LA TRIBUNE - Vous travaillez depuis plus de deux ans sur cette étude qui a été publiée il y a quelques semaines dans la revue scientifique Nature Climate Change. Vous avez étudié les scénarii à venir, en matière d'enneigement, de plus de 2.000 stations de ski européennes, dans 28 pays, de la Turquie à l'Islande en passant par les Balkans, la Scandinavie, les Carpates, les Alpes etc. Quelles sont les conclusions ? Devrons-nous faire une croix sur le ski ?
Hugues François - En partant du scenario le plus probable désormais, c'est-à-dire un réchauffement planétaire de plus deux degrés qui devrait être atteint à horizon 2050, il apparaît que 53% des stations européennes seront exposées à un risque qualifié de « très élevé » de manque de neige, sans production de neige. Avec une hausse de + 3 degrés, cette proportion passerait à 75% environ et à 98% dans l'hypothèse d'une hausse de quatre degrés.
Les situations sont très variables selon l'implantation géographique. Plus spécifiquement, dans les Alpes françaises, la proportion est de 31% des stations présentant un très haut risque de faible enneigement avec une hypothèse de + 2 degrés. Dans les Pyrénées, ce sont 89% des stations qui seraient exposées à un très haut niveau de risque de faible enneigement et 80% dans les moyennes montagnes Franco-Suisse (Massif-Central, Vosges et Jura).