Le rapport de la Cour des Comptes sur l'adaptation au changement climatique des stations de ski promettait déjà de faire du bruit : il n'aura fallu qu'une heure aux trois principaux acteurs de la montagne française pour contre-attaquer. Selon eux, l'institution de la rue Cambon est restée « sourde » aux réalités du terrain.
Ils sont trois poids lourds de l'industrie de montagne (l'Association nationale des élus de montagne (ANEM), l'Association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM) et Domaines skiables de France (DSF), et comme souvent, ils font front commun face aux enjeux de leur industrie.
Le document fleuve de 147 pages, présenté comme un support au « débat mais aussi aux politiques publiques », est accablant : il juge ainsi que le modèle des stations de ski françaises, hérité des années 1960 et 1970, s'essouffle et ne serait plus à la hauteur des enjeux climatiques. Ou encore que« la mobilisation de ressources financières importantes en faveur de la production de neige est au contraire susceptible d'entretenir un sentier de dépendance au ski, ne laissant que peu de place à l'invention d'alternatives ».
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Il instaure également l'idée d'une « conditionnalité écologique » des aides publiques versées aux stations de ski, ainsi que celle d'une taxe basée sur les remontées mécaniques des stations, afin de financer un fonds d'adaptation climatique.
Pour les trois organismes représentant les professionnels du secteur*, le premier sentiment est avant tout une profonde « déception » partagée à la lecture de ce document très attendu. Car, à deux reprises, ils avaient été consultés par les magistrats, « qui n'ont pas tenu compte des arguments que chacun présentait », remarque Pascale Boyer, députée Renaissance des Hautes-Alpes et présidente de l'association nationale des élus de montagne, rassemblant 3.500 communes et intercommunalités.