Après quatre vagues d'appels d'offres jugées plutôt laborieuses par les organisations professionnelles, le Comité d'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques a confirmé à La Tribune que 100% des 200 marchés afférant à la sécurité privée avaient (enfin) trouvé preneurs cette fin avril. Pour un budget total de 320 millions d'euros.
De quoi lever les inquiétudes exprimées ces dernières semaines ? Inquiétudes allant jusqu'à l'évocation d'une intervention de militaires et forces de l'ordre nationales pour suppléer aux éventuelles défaillances des entreprises de sécurité privée.
« Non », répond sans détour Pierre Brajeux, le président de la Fédération française de la Sécurité Privée. Pour lui, en synthèse, tout n'est pas encore perdu mais rien n'est gagné non plus...
« Attribuer les marchés, c'est un premier pas positif, c'est vrai car il n'était déjà pas certain que ce point soit rempli, tant l'organisation de ces appels d'offres a été peu efficace. En revanche, cela ne veut pas dire que les entreprises de sécurité privée seront finalement en mesure d'assurer leurs engagements. 100% de marchés attribués ne signifie pas 100% d'agents recrutés. La pénurie de candidats se fait cruellement ressentir. Nous sommes dans la dernière ligne droite, c'est maintenant qu'il faut donner un dernier coup d'épaule pour passer le cap en communicant de manière massive ».
Selon les chiffres fournis par le comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques d'été (COJOP) Paris 2024, un besoin quotidien de 17.000 à 22.000 agents a été évalué pour assurer la sécurité des épreuves.
Les syndicats professionnels (FFSP, Groupement des Entreprises de Sécurité et l'Union Française des Acteurs de compétence en sécurité) ont faire leurs comptes : il manquerait, à date, 8.000 agents de sécurité par jour. Besoin auquel il faudra ajouter, précise Pierre Brajeux, un nombre non négligeable d'agents supplémentaires réclamés par des clients hors sites olympiques, mais en lien avec l'augmentation prévisible de la fréquentation touristique dans les environs : pour la surveillance des transports, des commerces, des hôtels etc.
Une vigilance extrême est donc de mise. Les JO 2024 s'inscrivent en effet dans un contexte déjà très tendu pour le secteur.
Selon la Fédération française de la Sécurité Privée, il manquerait en effet, hors JO, 20.000 agents de sécurité environ en France pour que les entreprises puissent fonctionner en vitesse de croisière. Les 20.000 agents supplémentaires nécessaires, chaque jour, pour les JO viennent ainsi challenger fortement le monde de la sécurité privée qui emploie actuellement environ 180.000 agents.