Veolia a développé des stations mobiles d'urgence pour traiter différents types de pollutions : pesticides, métabolites, ou encore PFAS, comme ici à Corbas (Rhône).
Alors que ce dispositif a déjà été déployé dans des cas de pollutions aux pesticides ou aux métabolites, Veolia l’installe pour la première fois pour des PFAS, alors que la réglementation sur les « polluants éternels » s’appliquera en 2026.
Elles faisaient partie de l'un des « hotspots » un peu moins médiatisés de la pollution aux « PFAS », ces molécules chimiques pour certaines cancérogènes et qui seront interdites dans l'eau potable à partir de 2026 : 330 entreprises de Corbas, Saint-Priest et Vénissieux, au sud-est de Lyon (Rhône) consommaient, jusqu'en avril, une eau polluée aux perfluorés. Jusqu'à 300 nanogrammes par litre relevés en janvier pour la somme de 20 PFAS, soit trois fois plus que la future norme applicable.
Cette révélation, en 2023, a fait bondir l'association d'entreprises Asli-Zacm, qui utilise une eau forée à Corbas depuis 1967. Elle alimente aujourd'hui environ 200 propriétaires, dont des industriels grands consommateurs d'eau (Lustucru, la charcuterie Anselme, un abattoir jusqu'en 2023), à raison de 350 000 mètres cubes d'eau distribués chaque année, soit l'équivalent d'une ville de 5 000 habitants.
L'origine de la pollution n'est pour l'instant pas clairement identifiée. Mais la présence d'industries à proximité, ou encore de l'aéroclub de Lyon Corbas, dont la piste enherbée est située juste derrière le site, interroge les acteurs du dossier.
Diluer l'eau, installer des filtres...
Plusieurs solutions, plus ou moins coûteuses et à longue échéance, étaient sur la table de l'association d'industriels, qui délègue l'exploitation de sa station de pompage à Veolia : diluer l'eau à partir de celle du Grand Lyon, ou encore ajouter une microstation de traitement au charbon actif. La deuxième option a été retenue.
D'un coût de 180 000 euros, auxquels s'ajoutent 70 000 euros de frais d'exploitation supplémentaires par an (soit +39 centimes par m3), cette « station mobile » doit retenir les PFAS dans des filtres aux charbons actifs, qui seront changés régulièrement et traités par le producteur du charbon, en Angleterre.
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Pour l'heure, la fréquence du changement n'est pas connue. La difficulté réside dans l'évaluation de la vitesse d'accumulation des PFAS et des divers autres micropolluants (PFAS à chaînes courtes, comme le TFA, pesticides, perturbateurs endocriniens).