PFAS dans l'eau potable : un nouveau traitement pour filtrer les polluants éternels
Emma Rodot
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Au sud de Lyon, des PFAS ont été identifiés dans l'eau potable captée sur le Rhône, à des taux deux fois supérieurs à la future norme européenne sur les PFAS (100 ng/l), qui s'appliquera en janvier 2026.
Située à l'aval de l'un des « hot spot » de la pollution aux perfluorés, au sud de Lyon et de la Vallée de la chimie, l'usine d'eau potable de Ternay a été équipée d'une nouvelle technologie de filtration des PFAS au charbon actif en continu. Les tarifs de l'eau devraient augmenter.
Les travaux d'adaptation à la pollution aux PFAS de l'usine d'eau potable de Ternay, située à une vingtaine de kilomètres au sud de Lyon, viennent de débuter. Cette station, qui alimente 170.000 habitants en eau potable, pour environ 6 millions de mètres cubes produits chaque année, est en effet en proie à la pollution aux perfluorés du Rhône, notamment depuis la Vallée de la chimie située juste en amont, à la sortie de Lyon.
« Nous sommes les victimes de ce qu'il se passe », confirme en effet René Martinez, vice-président du Syndical Rhône Sud. Depuis 2022 et la réalisation d'études de détection des PFAS, plusieurs dépassements de la future norme européenne (100 ng/l, appliquée en 2026) ont été observés dans les robinets. Cela, malgré la présence de filtres au charbon actif dans cette usine, lancée il y a moins de dix ans, en 2017.
L'usine d'eau potable de Ternay au sud de Lyon (Chasse-sur-Rhône). Pollution aux PFAS, filtres à charbon. Avril 2025. Financé à moitié par agence de l'eau. (Crédits : ER/La Tribune)
L'usine d'eau potable de Ternay, au sud de Lyon, alimente les robinets de 170.000 habitants.
Un traitement au charbon actif en continu
Depuis, une mesure a été mise en place avec, à l'été 2024, un premier raccordement avec la Métropole de Lyon, plus au nord, pour diluer l'eau polluée au sud. Désormais, une nouvelle brique s'ajoute : la construction d'une nouvelle unité de traitement des PFAS au charbon actif en continu, à l'intérieur de l'infrastructure existante.
« C'est la première fois qu'une collectivité passe un contrat pour la construction d'une unité de traitement de l'eau dédiée aux PFAS », relève Denis Tessier, directeur régional de Suez Eau. La technologie, développée par l'entreprise, a été brevetée en 2020 et est désormais appliquée pour la première fois aux PFAS (après avoir été utilisée pour d'autres types de pollutions, par exemple aux hydrocarbures).