Après Paris, c'est la mairie de Lyon qui s'est récemment opposée à l'implantation d'un dark store et celle de Villeurbanne, qui a refusé l'ouverture de la seconde plus grande dark kitchen de France. Toutes deux défendent une certaine vision de la ville et du commerce comme d'autres villes, qui ont été en quelques mois plus nombreuses à s'opposer publiquement à la prolifération ces commerces "fantômes", aux conditions salariales contestées. Avec, comme principal appui juridique, des leviers administratifs liés à l'urbanisme, comme à Lyon et Villeurbanne, même si les villes espèrent une...Dans quelques grandes villes françaises, les mairies commencent à s'opposer aux dark stores, ces supermarchés de l'ombre, sans clients, d'où partent des livreurs à vélo pour apporter leurs courses aux domiciles des particuliers, et tout ça, en un minimum de temps.
En décembre dernier, Camille Augey, adjointe au commerce, à l'économie durable et locale s'était positionnée en conseil municipal contre l'implantation d'un dark store, place de l'Europe, dans le 6e arrondissement de Lyon. Le même mois, à Paris, Emmanuel Grégoire, adjoint d'Anne Hidalgo à l'urbanisme, prenait aussi position contre les dark stores via une tribune dans le JDD.
La ville de Lyon compte actuellement sixdark stores, "mais ça évolue très vite", souligne Camille Augey.
Lyon pointe quatre problématiques
"En conseil municipal, trois arrondissements posent une question à chaque fois, recontextualise Camille Augey pour La Tribune. La question du maire du sixième était pouvons nous compter sur les élus pour réguler l'implantation des dark stores ? Une implantation était en effet prévue sur une place piétonne, ce qui a interpellé les riverains. C'était l'occasion de répondre et de prendre position."
L'adjointe au commerce se positionne donc contre, en revendique pour cela quatre raisons. D'abord, le sujet des conditions de travail : "les salariés sont certes en CDI [pour le cas de celle qui a été refusée, mais cela varie selon les entreprises, ndrl], mais la promesse de livraison en 10 minutes, avec une cadence élevée est source de stress, le travail est déshumanisé et il faut compter l'usure professionnelle, la pression du temps qui prône à prendre des risques de sécurité routière", affirme l'élue.
Elle pointe aussi la question de la concurrence au commerce de proximité, dans un contexte de crise sanitaire. "Les commerces participent aussi à l'animation du quartier. Je ne souhaite pas voir de rues dévolues à la logistique urbaine et pas à la déambulation", poursuit l'adjointe. Sur le "partage de l'espace public", il est aussi question des vélos, qui font beaucoup de rotations, voire attendent parfois en masse devant les entrepôts.