La parenthèse est bel et bien terminée. Plutôt préservées ces trois dernières années grâce au « quoi qu'il en coûte » et aux mesures de soutien de l'Etat, la situation se tend pour bon nombre d'entreprises puydômoises. Les défaillances, qui avaient chuté à des niveaux historiquement bas durant la crise sanitaire, repartent à la hausse. Et même, elles explosent, puisqu'elles ont presque doublé en un an, au prorata des huit premiers mois de l'année.
Selon Yves Quinty, président du tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, les difficultés s'accumulent. La hausse des coûts des matières premières et de l'énergie, cumulée à celle des salaires, sans oublier la remontée des taux d'intérêt, réduisent les marges des entreprises. Et pour ne rien arranger à leur trésorerie, certaines sociétés doivent aussi rembourser les prêts garantis par l'Etat (PGE), accordés pendant la crise Covid. Résultat, dans le département, les procédures collectives touchent particulièrement les petites structures, les TPE (très petites entreprises) et les PME (petites et moyennes entreprises), à l'image de ce qui se passe au niveau national. Et certains secteurs sont particulièrement concernés : le commerce, la construction et l'hébergement/restauration.
« Il y a aussi un effet rattrapage...», analyse le président du tribunal de commerce qui est conscient que ces trois dernières années étaient un peu particulières. Parmi les procédures, il y a des entreprises dites « zombies », celles qui n'ont survécu que grâce aux aides publiques déployées pendant la pandémie et qui ont ainsi bénéficié d'un sursis.