Tandis que les voitures sont désormais limitées sur une partie de la Presqu’île de Lyon, Grenoble expérimente l’abaissement des tarifs de ses parcs de stationnements certains après-midi pour redynamiser le commerce du centre-ville. Dans les deux cas, les magasins souffrent de la conjoncture économique.
Alors qu'une dizaine d'associations de commerçants lyonnais ont vu leur recours débouté en juin dernier par le tribunal administratif, c'est au tour du jeune collectif des Défenseurs de Lyon de préparer une action en justice pour demander une indemnisation face aux travaux en ville. Leur requête : être compensé des pertes commerciales qu'ils attribuent aux travaux qui maillent la métropole de Lyon depuis deux ans. Mais aussi, aux politiques de limitation de la voiture en ville, qui freinerait selon eux la venue de clients extérieurs.
Dans la Capitale des Gaules, où le commerce est pourtant réputé « équilibré » et bien réparti sur le territoire, ville et métropole ont en effet engagé une vaste transformation de la ville : les réseaux de transport en commun sont reconfigurés, des quartiers sont peu à peu transformés pour être mieux adaptés au changement climatique.
La voiture est progressivement écartée du centre urbain, alors que 80% des déplacements vers la Presqu'île se faisaient déjà à pied, à vélo ou en transports en commun en 2015. Avec une dernière grande étape en date : l'instauration, le 21 juin dernier, d'une « Zone à trafic limité » (ZTL) sur la Presqu'île, afin de détourner les flux automobiles est-ouest vers d'autres axes, et ainsi contribuer à « apaiser » l'hyper centre-ville.
Des difficultés plus nuancées qu'il n'y paraît
Depuis la publication d'un questionnaire en ligne, le 15 mai dernier, le groupement d'associations, de fédérations et de résidents assure avoir recueilli 245 contributions de commerçants travaillant à l'échelle de toute la métropole. Leur objet : relever les difficultés commerciales (80% des répondants déclarent avoir subi des pertes de chiffre d'affaires supérieures à 15% en un an) en vue de bâtir un recours demandant une indemnisation.
Celles-ci restent pourtant rarissimes. Elles s'appuient sur un cadre légal, « le trouble commercial », souvent difficile à objectiver et à séparer d'autres facteurs structurels. Certaines ont eu lieu à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) dans le cadre de la requalification du passage du Pont-de-Sèvres, mais cela a été possible car la zone concernée était très limitée.
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