EPISODE 4. Dans les Alpes du nord, la flambée des prix de l’immobilier, jusque là réservée à la Haute-Savoie, s’est étendue en Savoie, auparavant relativement épargnée. La pandémie a accéléré un phénomène déjà présent avant la crise, qui pose toutefois désormais la question de la densification urbaine à l’horizon 2030.Chaque année, quand la Fnaim Savoie Mont Blanc publie ses chiffres, il est de coutume de voir Annecy et la zone frontalière suisse trôner au sommet. Mais en ce début d'année 2021, le constat est flagrant : c'est bien le bassin de Chambéry qui pulvérise le classement de la hausse des prix de l'immobilier.
Une tendance de fond qui s'accélère
En 2020, le prix de vente médian des appartements au mètre carré a bondi de +22% à Chambéry. À côté, la hausse observée à Annecy (+6%) et dans la vallée de l'Arve (+10%) sembleraient presque modestes.
Certes, ce bond ne permet pas à Chambéry, avec ses 2.700 euros du mètre carré, de rejoindre le prix de vente médian annécien (4.500 euros), ni même d'Aix-les-Bains (3.080 euros). Mais cette flambée n'a rien d'anecdotique.
Les ventes de maisons confirment l'ampleur du phénomène.« En 2019, on pouvait trouver une maison classique de 120 mètres carrés en lotissement avec un petit terrain... Aujourd'hui, si l'acheteur ne met pas 400.000 euros sur la table, c'est introuvable », observe Caroline Pillet, référente de la Fnaim pour Chambéry.
Avant la pandémie, le marché local se tendait déjà. Le pouvoir d'achat immobilier des travailleurs frontaliers payés aux salaires suisses avait tant poussé le marché haut-savoyard à la hausse, qu'un flux d'acheteurs était apparu en direction de la Savoie.
À présent, les haut-savoyards font face à des prix de l'immobilier parmi les plus élevés de tout l'hexagone. Et pour les ménages ne bénéficiant pas de salaires suisses, le coût de l'immobilier est devenu insupportable quand il faut désormais débourser un demi-million d'euros pour mettre la main sur un T4 de 100 mètres carrés à Annecy.
Le marché chambérien entre dans la danse
La pandémie a ajouté un double effet à la hausse sur le marché chambérien, jusque là demeuré relativement à l'abri de tels tarifs. Comme ailleurs, il y a eu l'impact des confinements, qui ont poussé des ménages à chercher à se loger dans un espace plus important.
De nouveaux profils d'acquéreurs apparaissent, venus de grandes agglomérations proches, comme Grenoble et Lyon, et attirés par des prix encore bien en-dessous de ces villes.
À Chambéry, les professionnels de l'immobilier observent aussi une dynamique de la part d'investisseurs cherchant à diversifier leurs placements.