Dans son dernier rapport sur les finances locales, publié ce mardi, la Cour des Comptes évalue à 2,6 milliards d'euros en 2023 le déficit des collectivités locales, à l'échelle nationale. Parmi elles, ce sont les Départements qui vont être les plus impactés. Ceux-ci sont pris en tenaille entre d'une part une majoration de leurs dépenses, sociales tout particulièrement (aide sociale à l'enfance, double augmentation du point d'indice des agents, RSA etc) et d'autre part, un net retrait de leurs recettes lié directement à la chute des DMTO, les droits de mutation à titre onéreux. Ces taxes sont versées par les acquéreurs de biens immobiliers, dans le cadre des « frais de notaire » : elles représentent (sur la quasi-totalité des territoires à quelques très rares exceptions près) 5,81% de la valeur du bien. 4,5% reviennent au Département du lieu d'implantation du bien, 1,2% à la commune. Le reste (frais d'assiette) revenant à l'État.
Dans un contexte de très net ralentissement du marché immobilier, - empêtré dans la hausse des taux d'intérêt et la plus grande frilosité des banques-, le constat des Départements est mathématique. Et douloureusement implacable pour leurs finances. Moins de ventes = moins de DMTO dans leurs caisses. Une claque après deux années post covid, excellentes en matière d'immobilier et donc de DMTO.
Selon la FNAIM, la Fédération Nationale des Agents Immobiliers, l'année 2023 devrait se terminer avec « un record historique de baisse de ventes sur un an de -21% en France », conjugué à une baisse des prix. En Auvergne-Rhône-Alpes, à fin août 2023, le volume des ventes avait baissé de 14%. Toujours selon la FNAIM, à fin 2023, la baisse devrait se situer à -19% dans la région. Car la chute semble s'accélérer.