Immobilier : clap de fin pour le promoteur Alila et son fondateur Hervé Legros
Anne Taffin
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Hervé Legros, fondateur du promoteur immobilier Alila, dont l'image a été écornée par des affaires de harcèlement moral et d'abus de biens sociaux.
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Le promoteur, spécialisé dans le logement social et intermédiaire, a confirmé vendredi son placement en liquidation judiciaire. Une annonce qui acte la chute de son fondateur Hervé Legros qui aimait se présenter comme un « self made man » de l’immobilier. Mais sa mise en examen en février pour des chefs de harcèlement moral, travail dissimulé, faux et usage de faux, abus de biens sociaux, avait déjà fissuré son image.
Une image ternie et surtout à l'opposé de celle du « self-made-man » engagé que l'entrepreneur a toujours cultivée, rappelant volontiers qu'il lui a suffi de huit mois pour lancer une, puis deux agences immobilières. Et cela, avec pour seul diplôme un CAP de plomberie, soulignait-il toujours.
En tant que promoteur quasi exclusivement tourné vers le logement social, il a tenté de bâtir sa propre légende, en se définissant lui-même comme « un Robin des bois des temps modernes ». Connu pour son franc-parler et ses prises de position, il n'a eu de cesse d'appeler à une loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain) « inversée » et à un « un grand plan Marshall dulogement ».
Mais sa légende, déjà émaillée depuis plus d'un an par les précédentes révélations, se fissure définitivement avec l'annonce de la faillite de Alila et de son placement en liquidation judiciaire ce 25 octobre.
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Une liquidation judiciaire attendue
Fondé en 2004, le groupe immobilier lyonnais Alila s'était rapidement spécialisé (en 2007) dans le logement social et intermédiaire. Et jusqu'en 2021, la croissance continue de l'entreprise nourrissait cette image d'entrepreneur à succès construite par son fondateur.
À l'époque, l'entreprise subissait un léger fléchissement qu'Hervé Legros expliquait par le renoncement à quelques opérations « jugées trop coûteuses ». Rien qui n'impactait cependant son chiffre d'affaires massivement, assurait-il. Celui-ci s'établissait alors à 733 millions d'euros (soit - 2,79 % par rapport à 2020) avec un résultat net qui atteignait encore, selon lui, « plusieurs dizaines de millions d'euros ».