LA TRIBUNE - C'est un ressenti général : ce printemps a-t-il été particulièrement froid et pluvieux dans la région Auvergne Rhône-Alpes ?
Xavier Faïn, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et à l'Institut des Géosciences de l'Environnement (IGE), à Grenoble - En regardant les relevés des mesures des stations Météo France dans la région, sur le portail Meteo.data.gouv, nous pouvons nous appuyer sur des informations objectives. En termes de températures, même si nous avons l'impression qu'il n'a pas fait très chaud ces derniers temps, nous sommes quand même dans une période qui a été chaude. La période du mois de mars au mois de mai a même été, par exemple, la septième plus chaude enregistrée.
Si l'on regarde le nombre de jours de pluie au printemps, dans la région Auvergne Rhône-Alpes, on constate que nous sommes, depuis 1950, sur l'une des années record en termes de fréquence de pluie : il a plu exceptionnellement souvent. Nous le ressentions, mais il y a une réalité derrière cela.
LA TRIBUNE - Et qu'en est-il du volume de pluie ?
Le cumul des précipitations dans la région est intéressant. C'est assez contrasté. On constate des cumuls records dans l'ouest de la région : l'Ardèche, la Loire, la Haute-Loire, le Rhône. L'Ardèche, par exemple, a battu son record de nombre de millimètres d'eau tombés au printemps. Pour l'Est de la région, comme la Savoie et la Haute-Savoie, c'est moins marqué. En résumé, il a plu très souvent, de manière même exceptionnelle, ce printemps, mais les cumuls n'ont pas été extrêmes partout.