Wauquiez : un plan d'économies nébuleux
Marie-Annick Depagneux
Marie-Annick Depagneux
Laurent Wauquiez avait convié la presse, ce 3 mars, pour présenter les orientations budgétaires 2016, les premières de son mandat à la tête de la région Auvergne Rhône-Alpes.
D'entrée de jeu, l'élu a donné le ton, se livrant, une nouvelle fois, à une attaque en règle du précédent exécutif présidé par le socialiste Jean-Jack Queyranne, sans jamais citer qui que ce soit :
Il a rappelé avoir commandé un audit à E&Y, en brandissant la menace d'engager des poursuites si nécessaires.
Plus concrètement, Laurent Wauquiez a ainsi pointé sur la période 2005-2015 des dépenses de fonctionnement qui ont progressé de "900 millions d'euros quand les recettes, elles, n'ont augmenté que 790 millions d'euros". Dans le même temps, la dette a crû de "1,6 milliard" et les impôts "se sont alourdis de 400 millions".
Entouré de son directeur général et de son conseiller, il s'est dit déterminé à "marquer une rupture claire avec la politique du gaspillage" dès cette année. Il a ainsi annoncé "75 millions d'euros de baisse des dépenses" et "300 millions sur la mandature".
À la question de savoir sur quoi porteront les réductions, le numéro 2 du parti LR, a stigmatisé les "150 voitures de fonction" dont le nombre pourrait être ramené autour de "90 pour une économie de 300 000 euros".
Autres exemples dénoncés : "170 000 euros par an de frais de taxi pour Rhône-Alpes", "726 000 euros de déplacements à l'international", ou encore "780 000 euros pour les expositions au siège de Confluence organisées par des tiers" dans le cadre de prestations externalisées.
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Mais comment arrive t-il à 75 millions ? Aucun document n'a été présenté aux journalistes. Guère de précisions non plus sur les quatre milliards d'euros qu'il prévoit d'investir avec l'ambition de créer "70 000 emplois". Et la Région doit par ailleurs "revenir sur les routes".
Le patron de la Région va t-il supprimer des postes de contractuels ?
En attendant, et selon plusieurs témoignages, "des agents sont payés à ne rien faire et n'ont aucune consigne". Dans le même temps, "les collègues des lycées travaillent comme des malades à l'installation des portiques de sécurité et sur les bourses au mérite", reconnaît une fonctionnaire.
L'ambiance serait plutôt à l'inquiétude même si certains pensent que les choses vont maintenant se mettre en place. D'aucuns ont même attribué à Laurent Wauquiez le surnom de "Reine des neiges", ce personnage de Disney qui finira par libérer son peuple.
Ce dernier dénonce des invectives et des chiffres "balancés en l'air en interdisant toute contradiction sérieuse car nous ne disposons pas à ce stade des documents" qui étayeront le débat d'orientations budgétaires le 17 mars prochain.
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Pour ce qui est de la hausse des dépenses de fonctionnement, entre 2005 et 2015, elle est liée à "l'augmentation du nombre de TER, de contrats d'apprentissage de chômeurs en formation professionnelle ainsi que les nouvelles compétences transférées", justifie le conseiller régional socialiste. "Quant à la dette, l'important est la capacité de désendettement et elle est de six ans ; ce qui est raisonnable."
Marie-Annick Depagneux